La place des enfants dans les violences conjugales. Le travail social à l’épreuve de l’accompagnement des femmes victimes de violences et leurs enfants
- Par Auréline Cardoso
Pages 45 à 60
Citer cet article
- CARDOSO, Auréline,
- Cardoso, Auréline.
- Cardoso, A.
https://doi.org/10.3917/nqf.441.0045
Citer cet article
- Cardoso, A.
- Cardoso, Auréline.
- CARDOSO, Auréline,
https://doi.org/10.3917/nqf.441.0045
Notes
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[1]
Bien que la loi soit non genrée et envisage autant le cas des femmes victimes de violences conjugales que celui d’éventuels hommes victimes, nous faisons le choix, en accord avec les coordinatrices du numéro, de ne pas féminiser les termes désignant les auteurs de violences, de façon à rendre compte de la réalité statistique de ce phénomène.
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[2]
Loi n° 2024-233 du 18 mars 2024 visant à mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales, publié le 19 mars 2024.
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[3]
« Inceste : des expertes indépendantes mandatées par l’ONU appellent la France à agir de toute urgence », Le Monde, 19 janvier 2024. Voir aussi le rapport de Reem Alsalem, rapporteuse spéciale des Nations Unies. En ligne : [https://fvfl-vfdf.ca/fr/Webinaires/Webinaire_rapport-special-des-nations.html].
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[4]
Barbezat Eugénie, « Priscilla Majani, condamnée pour avoir arraché sa fille à un père incestueux, enfin libérée », L’Humanité, 21 décembre 2023. En ligne : [https://www.humanite.fr/societe/ciivise/priscilla-majani-condamnee-pour-avoir-arrache-sa-fille-a-un-pere-incestueux-enfin-liberee].
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[5]
On parle d’enfants co-victimes plutôt que d’enfants exposé-e-s aux violences ou d’enfants témoins, afin de souligner le fait qu’ils et elles sont victimes des violences conjugales au même titre que leur mère.
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[6]
Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants.
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[7]
Loi n° 2000-305 du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale, article 373-2.
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[8]
L’auteure remercie les membres du comité de rédaction de Nouvelles Questions Féministes pour leurs précieuses remarques ainsi que Sophie Rétif et les membres du Centre d’étude de l’emploi et du travail pour la discussion d’une première version.
- [9]
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[10]
Notre traduction.
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[11]
Ces attentes genrées se nourrissent d’une réalité tangible en même temps qu’elles participent à la construire puisque les mères consacrent effectivement plus de temps aux enfants que les hommes, les politiques familiales et de l’emploi contribuant à renforcer cette inégale répartition du travail parental (Letablier, 2009).
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[12]
Propos entendus à maintes reprises au sein des deux associations féministes enquêtées.
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[13]
Là encore, il s’agit de propos entendus à plusieurs reprises lors de l’enquête au sein des associations féministes.
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[14]
Martin Stéphanie, « La notion de contrôle coercitif fait son chemin dans les dossiers de violences conjugales », Le Devoir, 11 mai 2024. En ligne : [https://www.ledevoir.com/societe/justice/812713/violence-conjugale-notion-controle-coercitif-fait-chemin-dossiers-violence-conjugale?].
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[15]
Gaior Camille, « Quand la justice devient « complice » involontaire de violence conjugale », Ici Radio Canada, 7 mai 2024. En ligne : [https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2070520/quebec-violence-judiciaire-femmes-conjugal].
Comment la prise en charge sociale et institutionnelle des mères victimes de violences conjugales et de leur(s) enfant(s) opère-t-elle en France ? À partir d’une enquête qualitative auprès de travailleuses sociales (assistantes sociales, psychologues, éducatrices spécialisées), de professionnelles féministes et, dans une moindre mesure, de professionnel·le·s de la justice (avocates, magistrat), cet article met en lumière la « double peine » que subissent les mères victimes, en raison de la justice familiale qui occulte les violences conjugales et leur impact sur les enfants, ce qui profite finalement aux pères. Si les travailleuses sociales sont de mieux en mieux formées aux spécificités de l’accompagnement des mères victimes, leur travail quotidien reste largement contraint par le droit de la famille, que l’on peut qualifier de patriarcal.
Children in situations of domestic violence. Social work confronts the difficulties of helping women victims of domestic violence and their children
How are mothers who are victims of domestic violence, and their children, cared for socially and institutionally ? Based on a qualitative survey of social professionals (social workers, psychologists, specialized educators), feminist professionals and, to a lesser extent, legal professionals (lawyers, judges, prosecutors), this article highlights the “double penalty” suffered by victimized mothers, due to a family justice system that conceals domestic violence and its impact on children, ultimately benefiting fathers who know how to play the institutional game. While social workers are becoming better trained in the specificities of supporting victimized mothers, their day-to-day work remains largely constrained by what can best be described as patriarchal law.
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Date de mise en ligne : 30/06/2025
https://doi.org/10.3917/nqf.441.0045