Article de revue

Sursaut antiféministe dans les salons parisiens

Pages 88 à 100

Citer cet article


  • Rosende, M.,
  • Perrin, C.,
  • Roux, P.
  • et Gillioz, L.
(2003). Sursaut antiféministe dans les salons parisiens. Nouvelles Questions Féministes, . 22(3), 88-100. https://doi.org/10.3917/nqf.223.0088.

  • Rosende, Magdalena.,
  • et al.
« Sursaut antiféministe dans les salons parisiens ». Nouvelles Questions Féministes, 2003/3 Vol. 22, 2003. p.88-100. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2003-3-page-88?lang=fr.

  • ROSENDE, Magdalena,
  • PERRIN, Céline,
  • ROUX, Patricia
  • et GILLIOZ, Lucienne,
2003. Sursaut antiféministe dans les salons parisiens. Nouvelles Questions Féministes, 2003/3 Vol. 22, p.88-100. DOI : 10.3917/nqf.223.0088. URL : https://shs.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2003-3-page-88?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/nqf.223.0088


Notes

  • [1]
    Élisabeth Badinter est non seulement l’épouse de Robert Badinter, avocat, ancien ministre de la Justice et sénateur, mais aussi fille et héritière du fondateur de Publicis Groupe SA, quatrième groupe mondial de communication. Hervé Le Bras est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques et directeur du Laboratoire de démographie historique (CNRS-EHESS), laboratoire dans lequel Marcela Iacub est chargée de recherche.
  • [2]
    Pour reprendre le titre de l’ouvrage de Mona Ozouf : Les mots des femmes. Essai sur la singularité française (1995). Avec cet essai, l’autrice a ouvert une porte à la comparaison entre les « modèles » français et américain, suggérant que les hommes et les femmes, en France, entretiennent des relations sans agressivité, reposant davantage sur la séduction et l’échange que sur l’affrontement.
  • [3]
    Il s’agit de l’enquête Enveff, que l’équipe de recherche vient de publier à la Documentation française (Jaspard et al., 2003).
  • [4]
    Petit extrait de l’appel au congrès : « … Aujourd’hui combien d’hommes innocents sont en prison à cause de plaintes mensongères et de juges partiaux (plusieurs études démontrent que 40 % des plaintes seraient fausses) ? Combien d’enfants sont privés de leur père, dressés contre lui et pris en otages, perdant un repère essentiel, et sont fragilisés dans leur capacité à faire face à la vie ? Combien d’hommes dépouillés de leur argent et pire, de leur dignité, par des femmes parfois organisées en bandes dans ce but ? Et qui demandera sur les plateaux de télévision du respect au public féminin qui hue régulièrement les hommes ?… » Face à une telle aubaine, la presse suisse, grâce à des journaux comme Le Temps, Le Matin et Dimanche.ch, ne s’est pas privée de nous inonder de ces « paroles d’hommes ».
  • [5]
    Nouvelles Questions Féministes a d’ailleurs sorti un numéro sur ce thème l’année dernière (N° 21/3, 2002 : « Les répertoires du masculin »), et un autre en 1998, avec la revue Recherches Féministes (N° 19/2-3-4 : « Ils changent, disent-ils »), mais ce n’est pas ce genre de publications que la presse populaire privilégie.
  • [6]
    Citons pêle-mêle les résistances et attaques diverses contre le droit à l’avortement et à la contraception, les campagnes vantant les mérites de l’abstinence ou les moyens de « guérir » l’homosexualité, la persistance des discriminations salariales en dépit des législations sur l’égalité professionnelle, le diktat de l’esthétique, ou, en Suisse, le refus d’introduire une assurance maternité.
  • [7]
    Voir notamment le chapitre de Bard consacré aux antiféminismes de la deuxième vague (1999 : 301-328).
  • [8]
    Voir Judith Ezekiel (1996). Christine Delphy (1993) a fait par ailleurs une analyse très pertinente de la misogynie de l’intelligentsia française pendant l’affaire Hill-Thomas, article où elle épinglait déjà Élisabeth Badinter.
  • [9]
    Badinter recourt d’ailleurs à la même logique de pointage en ce qui concerne les associations : elle s’attaque nommément à plusieurs reprises au Collectif féministe contre le viol, notamment pour mettre en avant la non-légitimité des chiffres qu’il avance. Mais ne s’agit-il pas de manière sous-jacente d’entamer la crédibilité de l’ensemble des associations qui prétendraient être d’utilité publique dans le domaine ?
  • [10]
    Se référer à l’article de Patrizia Romito dans ce numéro.
  • [11]
    Selon l’enquête Enveff, 24,2 % des femmes en France ont été confrontées dans l’année écoulée à des violences psychologiques exercées par leur conjoint, 2,5 % à des violences physiques, et 0,9 % à des violences sexuelles (Jaspard et al., 2003 : 61).
Français

Cet article se veut une réponse aux écrits de Élisabeth Badinter, Marcela Iacub et Hervé Le Bras qui ont récemment monopolisé la rubrique société des médias francophones. Leurs attaques contre la première enquête sur les violences faites aux femmes, ainsi que contre la posture victimiste qui en sous-tendrait la démarche, incriminent le féminisme dans son ensemble. Révélant une vision apolitique et essentialisante de la violence et de la sexualité qui conduit à légitimer les inégalités, leurs propos sont animés par un antiféminisme relativement subtil, d’autant plus dangereux qu’il conforte « scientifiquement » le sens commun.


English

The Antifeminist Excesses of Contemporary Parisian salons

This article takes up the recent writings of Élisabeth Badinter, Marcela Iacub and Hervé Le Bras which have monopolized the « society » page in the French-speaking media. Their criticism of the first large-scale survey of violence against women and of what they label the underlying victimist position of this study is an attack against feminism as a whole. The relatively subtle form of misogynie in their position is based on an apolitical and essentialist vision of violence and sexuality which tends to legitimate inequalities and is particularly dangerous as it « scientifically » reinforces taken-for-granted ideas.


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Date de mise en ligne : 24/07/2015

https://doi.org/10.3917/nqf.223.0088

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