Brezis D., Littérature talmudique et débat secret avec le christianisme, postf. D. Jaffé, coll. Judaïsme ancien et christianisme primitif, Paris, Cerf, 2021, 15x24, 446 p., 35,00 €. ISBN 978-2-204-13494-1
Pages 507c à 509c
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/nrt.443.0507c
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En francophonie, David Brezis est plutôt connu par ses travaux sur Kierkegaard et par sa lecture provocante de Levinas. Mais l’homme a eu plusieurs vies. Avant sa période philosophique, il s’est d’abord spécialisé en mathématiques. Ensuite, après plusieurs années consacrées au philosophe chrétien et au penseur juif, il s’est intéressé, dans une troisième phase, à la littérature rabbinique, publiant deux livres sur le sujet, tous deux rédigés en hébreu. Le livre recensé ici est la traduction, par l’A. lui-même, de son second ouvrage publié en 2018. Il vient ajouter une pièce originale au dossier controversé de l’histoire de la séparation entre judaïsme(s) et christianisme(s), le fameux « parting of the ways » déjà évoqué par A. Cohen en 1954, puis popularisé par des auteurs comme J. Dunn (1991) et contesté par d’autres comme A.Y. Reed. S’il est hors de question de résumer ici les sept chapitres de fines et souvent roboratives analyses de Brezis, il est au moins possible d’en rappeler brièvement les principales composantes. À partir du moment où, contrairement au paradigme ancien, on accepte l’idée que judaïsme et christianisme ne se sont pas construits de façon autonome l’un par rapport à l’autre, il reste à expliquer leur processus de formation et la nature de leurs relations : dialogue plus ou moins polémique, rapport de rivalité mimétique, appartenance à un même continuum, hybridation des identités respectives à l’intérieur d’un espace symbolique et conceptuel commun, cadre herméneutique et structures homologues, gémellité constitutive des deux croyances, etc…