Brison S., L’imagination théologico-politique de l’Église. Vers une ecclésiologie narrative avec William T. Cavanaugh, coll. Cogitatio fidei, Paris, Cerf, 2020, 14x21, 352 p., 30,00 €. ISBN 978-2-204-13840-6
Pages 161d à 164d
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/nrt.431.0161d
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https://doi.org/10.3917/nrt.431.0161d
Cette recherche doctorale propose une lecture stimulante et convaincante de la pensée de William Cavanaugh. Deux convictions principales animent l’exposé qui en est donné. Premièrement, l’œuvre de Cavanaugh gagne à être comprise non pas comme une théologie politique mais, plus fondamentalement, comme une ecclésiologie eucharistique ; les développements « politiques » découlent de cette ecclésiologie, dont l’inspiration augustinienne est notable. Trois éléments sont mis en valeur : l’eucharistie produit un imaginaire non-violent et fait de l’Église un corps de résistance face aux mythes de la modernité ; l’eucharistie instaure une communauté qui transcende l’espace et le temps ; l’eucharistie invite à redéfinir le « temporel » par rapport au « spirituel », dans une perspective plus historique que spatiale : le « temporel » est le temps entre les deux venues du Christ.
Deuxièmement, quant à sa méthode, Cavanaugh fait un recours fréquent à la notion d’imagination, sans pourtant la définir. Il s’agit, comme le montre l’A., d’une faculté réflexive permettant de comprendre le monde en ce qu’il a d’inaccessible aux théories sociales, mais aussi de produire un autre monde possible. Notons que l’imagination est narrative : elle s’appuie sur des récits. Ainsi, le récit eucharistique ne transforme pas le monde en tant que réalité extérieure, mais change le rapport au monde : de telle sorte que le chrétien l’éprouve et le vive « à la manière du Christ » (p. 172).
L’A. procède en deux temps…