Mission et jeunes églises
Pages 490 à 493
Citer cet article
https://doi.org/10.3917/nrt.323.0490
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Abba J.-B C., Special Pastoral Formation for Youths in Africa in the 21st Century, Frankfurt, Peter Lang, 2009, 15x21, 375 p., 64 €. ISBN 978-3-631-58434-7
1L’A. est un prêtre nigérian, à la fois agent pastoral, théologien et philosophe, qui s’interroge sur la formation pastorale dont a besoin la jeunesse africaine au 21ème siècle. S’il s’agit de créer ensemble, Église et État, les moyens nécessaires à l’éducation de la jeunesse par la transmission des valeurs morales et sociales, il est important d’éclairer les chemins à parcourir pour atteindre ce but. L’A. se concentre sur les problèmes auxquels sont exposés les jeunes dans la société et dans l’Église. Il est convaincu que les jeunes ont avant tout besoin de formation, d’enthousiasme, d’encouragement. Si on veut réaliser une véritable formation pastorale des jeunes en Afrique, et particulièrement au Nigeria, il faudra disposer de conseillers et de formateurs réellement motivés. — S. Decloux sj
Awazi Mbambi Kungua B., Le Dieu Crucifié en Afrique, coll. Églises d’Afrique, Paris, L’Harmattan, 2008, 24x16, 330 p., 31 €. ISBN 978-2-296-05864-4
2Depuis la publication de l’ouvrage Les chemins de la christologie africaine (1986, 2001) et celui de Kä Mana, Christ d’Afrique. Enjeux éthiques de la foi africaine en Jésus-Christ (1994), les recherches christologiques en contexte africain connaissent, selon l’A., une longue période de latence, de somnolence et d’indigence épistémologiques. Devant cette lacune, en s’appuyant sur certains théologiens africains de la libération, sur les théologies politiques de J. Moltmann et de J.-B. Metz ainsi que la mystique juive de la Merkabah, l’A. veut combler ce vide en nous proposant, à travers une démarche phénoménologique et herméneutique, les bases d’une christologie négro-africaine de la libération holistique. L’A. part d’un questionnement fondamental : « À quelles conditions le Christ peut-il constituer le socle à partir duquel la reconstruction et la libération holistique de l’Afrique pourraient se faire ? ». Autant l’A. est incisif dans ses questions, autant il nous laisse sur notre faim dans ses réponses. Néanmoins, à partir de l’identité trinitaire et pascale du Dieu de Jésus-Christ, lui-même compatissant aux souffrances de son Fils et des hommes, l’A. montre qu’il revient à la christologie négro-africaine de promouvoir les grandes gestes de solidarité, de compassion, de miséricorde, d’entraide et de partage en faveur des marginalisés de l’histoire. Une telle perspective théologique a pour projet ambitieux de produire des sujets libres et responsables face à leur destin historique et politique. — A. Ramazani
Delpard R., La persécution des chrétiens aujourd’hui dans le monde, Neuilly-sur-Seine, éd. Michel Lafon, 2009, 23x15, 286 p., 22,65 €. ISBN 978-2-7499-0987-5
3L’A., qui se déclare athée, veut alerter l’opinion occidentale sur le danger que représente aujourd’hui la persécution des chrétiens dans une cinquantaine de pays (Corée du Nord, Arabie Saoudite, Iran ...). Il s’est risqué à en visiter vingt et présente ici les informations, fatalement parcellaires, qu’il a pu glaner auprès d’interlocuteurs et d’interprètes, nécessairement anonymes. La première partie de l’ouvrage, plus générale, traite des violences (viol comme arme de guerre et comme sanction pénale, enlèvement comme arme de dissuasion ...) et des ‘transgressions’ qui les provoquent (prosélytisme, conversion). La deuxième partie, plus concrète, se penche sur le sort des chrétiens dans une douzaine de pays : victimes d’extorsions de fonds dans les Territoires Palestiniens ; considérés comme agents de l’occupant, et massivement contraints à l’émigration, en Irak ... L’A. considère positivement les conversions en Kabylie, pays autrefois chrétien. Épaulés par diverses chaînes de radio et de télévision, les missionnaires évangéliques y ont investi un terrain laissé en jachère, ce qui leur vaut le double label d’envahisseurs américains et d’usurpateurs d’un territoire historiquement catholique. L’A. exprime ici son désaccord avec la position peu prosélyte des Duval, Tessier, Delorme. L’ouvrage est complété par diverses annexes : la situation des chrétiens dans les nouveaux États membres de l’Union Européenne ; les associations venant en aide aux chrétiens (v.g. Portes Ouvertes fondée par Frère André, le « contrebandier de bibles ») ; une longue liste (35 pages) de chrétiens emprisonnés. — P.-G.D.
Kaobo Sumaïdi É., Christologie africaine (1956-2000). Histoire et enjeux, Églises d’Afrique, Paris, L’Harmattan, 2008, 24x16, 421 p., 41 €. ISBN 978-2-296-0534-5
4L’ouvrage se veut une enquête historique opérée sur les différents textes des pasteurs et des théologiens africains sur la confession de foi en la personne de Jésus-Christ. S’appuyant sur des recherches portant sur les paradigmes théologiques de la culture (théologie de l’inculturation), de la pauvreté (théologie de la libération), de la race (théologie noire) et de la responsabilité (théologie de la reconstruction), l’A. conclut que les Africains se sont élevés à la conscience historique de l’universalité du salut en Jésus-Christ adressé à toute l’humanité. Néanmoins, selon lui, même si les théologies africaines veulent se démarquer des théologies occidentales, elles ont du mal à s’éloigner, dans leur discours christologique, du message biblique et de la Tradition chrétienne. En réunissant des textes christologiques qui expriment la foi de pasteurs et théologiens africains, l’A. fait connaître le christianisme africain à partir de la confession de foi des Africains eux-mêmes en la personne de Jésus-Christ. Dans le sillage du pasteur Kä Mana, il arrive à montrer que le christianisme est déjà ancré dans la matrice des sociétés africaines, devenu une affaire interne à l’Afrique. — A. Ramazani
Kibwenge El-Esu F., Les enfantssorciers en Afrique. Perspectives théologiques, coll. Églises d’Afrique, Paris, L’Harmattan, 2008, 22x14, 231, 21.50 €. ISBN 978-2-296-05444-8
5Prêtre et professeur de théologie à l’université Saint-Paul d’Ottawa, l’A. nous livre un ouvrage courageux et pertinent quant à l’avenir immédiat de la foi chrétienne en Afrique postcoloniale. À partir du cas du Congo, il veut répondre à la question de la signification profonde de l’omniprésence de la sorcellerie dans les sociétés africaines en identifiant les enjeux théologiques, sociaux et pastoraux charriés par ce fléau terrible. La recrudescence de la sorcellerie au Congo et l’augmentation des accusations des enfants comme « sorciers » constituent deux faits incontestables qui révèlent la profondeur de la désintégration de la société congolaise. L’érosion de l’État postcolonial décadent ne fait qu’exacerber les peurs ancestrales de la sorcellerie et des pratiques cultuelles d’évasion de la misère chronique. L’accusation des enfants comme « sorciers » révèle la déliquescence de la famille congolaise, censée être la base de l’ecclésiologie en Afrique. Profitant de l’éclipse de l’État et de l’effritement de solidarités familiales traditionnelles, les Églises du réveil exploitent habilement la crédulité et les peurs des Congolais et apportent de facto une caution religieuse aux croyances pathologiques et ineptes de la sorcellerie. La réticence, le formalisme, le sacramentalisme et l’intellectualisme de la catéchèse de l’Église catholique n’ont fait qu’accélérer l’hémorragie des paroisses au profit des Églises du réveil. Compte tenu de la gravité de la crise protéiforme qui gangrène la société congolaise, la théologie et la pastorale de l’Église catholique doivent affronter énergiquement ce fléau de la sorcellerie en promouvant une praxis sociale de la libération holistique et une évangélisation des profondeurs de l’âme congolaise qui a besoin d’expérimenter le Christ pascal, Pantocrator et Cosmocrator. L’A. nous livre un ouvrage prophétique qui aborde frontalement la question redoutable de la sorcellerie qui décidera à court terme de l’échec ou de l’incarnation effective de l’Évangile du Dieu Crucifié et Ressuscité en Afrique. Le Dieu que les Africains attendent est un Dieu qui les libère définitivement de toutes les peurs ancestrales et paralysantes. — B.É. Awazi Mbambi Kungua
Marie Première missionnaire, tome II, coll. Société française d’études mariales, Paris, Médiaspaul, 2008, 22x15, 240 p., 30 €. ISBN 978-2-7122-1057-1
6La 64e session des Études mariales de la SFEM, tenue à La Roche-du-Theil en 2007 a poursuivi le thème commencé à Lisieux en 2006 : Marie dans l’évangélisation. De nouveau, É. Cothenet débute en exposant les orientations missionnaires de la 1ère lettre de Pierre, laquelle ne parle pas directement de Marie, mais de la mission dans l’Église naissante. La pastorale des instituts missionnaires s’inscrit dans cette perspective. Ainsi voyons-nous défiler les missions étrangères de Paris (J.-B. Itçaïna), les missions des Montfortains (O. Maire), les Marianistes en Afrique (R. Witwicki), les Oblats de Marie Immaculée (M. Courvoisier), la spiritualité missionnaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur (D. Auguië), les Franciscaines missionnaires de Marie (G. Éguillon), les missions dans les congrégations féminines se référant à une typologie (B. Waché), la vie et la mission de Pauline-Marie Jaricot (G. Marguin), puis la vie de Ch. de Foucauld à Nazareth à l’école de Marie (M. Bouvier). Pour terminer, une vision anthropologique africaine s’interroge sur l’élaboration d’une théologie mariale (P. Diarra) et les conclusions font le point sur les sessions de 2006 et 2007. Le Président de la SFEM, Jean Longère, assurait la présentation qui constituait déjà une suggestive synthèse de ce volume que ne manqueront pas de consulter les congrégations missionnaires qui mettent Marie au cœur de leur vie et de leur action. En plus d’une information substantielle, les responsables y trouveront appui, réconfort, et pistes de réflexion pour la pratique. — J.R.
Rostkowski M.A., La cooperazione dei laici all’attività missionaria della Chiesa nell’insegnamento di Giovanni Paolo II, coll. Studia i Materialy Misjologiczne 11, Roma/ Warszawa, Pont. Univ. Urbaniana, 2007, 24x17, 332 p., ISBN 978-83-86271-89-4
7Missionnaire des Oblats de Marie Immaculée, l’A. a conquis avec ce travail le doctorat en missiologie à la Grégorienne en 2007. Dans son encyclique Redemptoris missio (1990), Jean-Paul II rappelait que, par leur baptême, tous les chrétiens doivent coopérer à l’activité missionnaire de l’Église selon leurs capacités. Après avoir décrit les fondements théologiques et ecclésiologiques de la vocation missionnaire des laïcs, l’A. présente le développement historique de cette question avant Jean-Paul II et sous son pontificat, puis les différentes formes que peut prendre cette coopération des laïcs.
8Vatican II a été le premier concile à parler du rôle des laïcs dans l’Église tout en sachant que des théologiens comme Congar avaient préparé ce progrès. Selon Jean-Paul II, les laïcs sont appelés à la sainteté pour sanctifier le monde de l’intérieur, à « l’apostolat de la prière » et à l’évangélisation de leur profession, de la culture, de la science, de la politique et la famille. Si le Pape fait l’éloge du volontariat au service des missions pour aider les plus pauvres, il prévient toutefois que nous n’avons pas à exporter nos théologies et nos modèles culturels. La mission est avant tout une annonce de la Bonne Nouvelle et une transformation de la société par les valeurs évangéliques. Enfin, il signale quatre domaines assez nouveaux pour l’évangélisation — le tourisme international, les émigrés, la globalisation de l’économie et celle des communications — où le témoignage et le contact personnels jouent le plus grand rôle.
9La bibliographie présente dans leur ordre chronologique les 464 textes de Jean-Paul II et ceux des papes depuis Grégoire XVI en 1835 sur les missions et les laïcs dans les missions, ainsi qu’une sélection de livres sur ces sujets. — B. Clarot sj