Fanny Chiarello, L’éternité n’est pas si longue, L’Olivier, 2010, 295 p., 19 €.
- Par Paul Renard
Pages 257x à 275x
Citer cet article
- RENARD, Paul,
- Renard, Paul.
- Renard, P.
https://doi.org/10.3917/nord.059.0257x
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1 Fanny Chiarello, née à Béthune en 1974 et vivant actuellement à Lille, a publié de 2000 à 2008, des romans, des nouvelles et des poèmes, dans de petites maisons d’édition : Page à Page à Lille et les Éditions Carnets du Dessert de Lune à Bruxelles. Ces œuvres eurent peu de retentissement dans la presse nationale française, malgré la parution de quatre d’entre elles dans la collection Pocket. Or voici qu’elle publie un roman aux éditions parisiennes de L’Olivier et que ce roman reçoit un accueil favorable : article louangeur de Josyane Savigneau dans « Le Monde des livres » du 8/10/2010 et participation de Fanny Chiarello aux Rencontres du « Monde des livres », les 9 et 10 octobre de la même année : elle y participa au débat « Quand les romanciers créent des univers imaginaires pour mieux respecter le réel ».
2 Dans L’Éternité n’est pas si longue, Fanny Chiarello imagine qu’une épidémie de variole décime l’humanité. La narratrice Nora décrit avec humour et terreur la progression du fléau ; elle raconte aussi sa vie privée : rupture avec Pauline, son amante, puis vie, à l’écart de la ville, en communauté avec des amies et avec son cousin ; Nora se réfugie parfois dans l’écriture de son journal ou invente des fictions pour mieux supporter la terrible réalité. Laissons la parole à Fanny Chiarello, qui définit ainsi son projet : « Mon but était de faire une fiction intimiste dans une époque de fin du monde où un groupe d’amis se posent [sic] des questions qu’ils évitent de se poser quand tout se passe bien. C’est une métaphore de toutes les menaces qui pèsent sur nos sociétés » (Le Monde, 12/10/2010). Le « but », ainsi défini, est largement atteint, car de nombreuses questions métaphysiques sont posées sans aucune lourdeur. Dans La Voix du Nord du 19/7/2010, Fanny Chiarello avoue que les responsables éditoriaux de L’Olivier lui ont fait réécrire plusieurs fois L’éternité n’est pas si longue ; on comprend alors que ce roman est plus maîtrisé que les romans précédents, Si encore l’amour durait, je dis pas, Tu vas me faire mourir, mon lapin et Push the push button, même s’il reste parfois des métaphores surprenantes.
3 Paul Renard