Quel bilan du Green Deal européen ?
- Par Mathilde Dupré
- et Wojtek Kalinowski
Pages 130 à 138
Citer cet article
- DUPRÉ, Mathilde
- et KALINOWSKI, Wojtek,
- Dupré, Mathilde.
- et al.
- Dupré, M.
- et Kalinowski, W.
https://doi.org/10.3917/mouv.120.0130
Citer cet article
- Dupré, M.
- et Kalinowski, W.
- Dupré, Mathilde.
- et al.
- DUPRÉ, Mathilde
- et KALINOWSKI, Wojtek,
https://doi.org/10.3917/mouv.120.0130
Notes
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[1]
Terme utilisé par Edgar Morin et Anne-Brigitte Kern dans leur essai Terre-Patrie (Paris, Seuil) publié en 1993 pour pointer une « intersolidarité complexe des problèmes, antagonismes, crises », qu’elles soient « de santé, de démographie, d’environnement, de mode de vie, de civilisation, de développement » puis repris par de nombreux·ses auteur·rices, notamment depuis le début des années 2020.
-
[2]
Rapport d’Enrico Letta, « Bien plus qu’un marché », présenté à la réunion extraordinaire du Conseil européen des 17 et 18 avril 2024.
-
[3]
Rapport de Mario Draghi, « Le futur de la compétitivité européenne. Une stratégie de compétitivité pour l’Europe », présenté le 9 septembre 2024.
-
[4]
Commission européenne, « The European Green Deal », 2020, COM (2019) 640 final, p. 2.
- [5]
-
[6]
Voir l’article de Pierre-Marie Aubert, « “De la ferme à la table” : raisons de l’échec et comment rebondir », L’Économie politique, n° 101, février 2024, p. 73-82.
-
[7]
Philippe Lamberts, Laurence Tubiana, Davide Panzeri, Elinor Odeberg, Pawel Wiejski et Marion Guénard, « Quel avenir pour le pacte vert ? », L’Économie politique, n° 103, juillet 2024, p. 72-90.
-
[8]
Nous l’avons pointé dès mars 2020, dans une note de l’Institut Veblen : Layla Hallak, Mathilde Dupré et Wojtek Kalinowski, « Réussir le “Green Deal” : un programme social-écologique pour sortir l’Europe de la crise ».
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[9]
La réforme des traités n’est pas non plus un sujet tabou, comme en témoigne le lancement de la procédure par le Parlement européen. Ce dernier a approuvé des propositions de réforme des traités le 22 novembre 2023, demandant au Conseil de l’UE de soumettre les propositions au Conseil européen afin que les chef·fes d’État ou de gouvernement mettent en place une Convention qui devra se pencher sur la révision. Voir : https://www.euractiv.fr/section/institutions/news/traites-de-lue-le-parlement-europeen-adopte-ses-propositions-de-reforme-a-une-faible-majorite/.
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[10]
« Bundesbank Chief Calls for Softer Debt Brake to Increase Investment », Financial Times, 4 décembre 2024.
L’Union européenne s’impose depuis longtemps comme un échelon clé dans la prise de décision sur tous les sujets décisifs pour l’avenir de nos sociétés. Et la tendance s’est encore renforcée ces dernières années, dans le contexte de « polycrises » et d’incertitude profonde sur le plan économique et géopolitique. Une approche européenne coordonnée apparaît ainsi la plus pertinente pour peser davantage dans les négociations internationales sur l’environnement et les droits humains, et imposer des règles ambitieuses d’accès à notre immense marché commun de 450 millions de consommateur·rices au niveau de vie élevé.
C’est donc sans surprise au niveau communautaire que se déroulent de plus en plus de batailles politiques pour la transition écologique. Dans plusieurs domaines tels que la pollution de l’air ou la protection de la biodiversité, ce sont aussi les instances européennes qui rappellent à l’ordre les gouvernements nationaux qui, à l’instar des gouvernements successifs en France, tardent à agir réellement contre ces problèmes.
Le pacte vert européen, projet phare du premier mandat d’Ursula von der Leyen (2019-2024), devait être un formidable accélérateur de l’action environnementale européenne. Il représente en effet une avancée par rapport aux initiatives précédentes de la commission Jean-Claude Juncker (2014-2019), tant au niveau de l’ambition des objectifs que dans la recherche de cohérence et dans l’étendue des politiques déployées. Cependant, à l’instar des plans d’action antérieurs, il souffrait dès le début d’un diagnostic partiel ou tronqué de la crise écologique, de moyens d’action trop faibles, et, surtout, d’une prise en compte très insuffisante des enjeux sociaux…