Quand les Chibanis déménagent
Pages 187 à 193
Citer cet article
- ALEXIS-VARINI, Colette
- et ALEXIS-VARINI, Colette,
- Alexis-Varini, Colette.
- et al.
- Alexis-Varini, C.
- et Alexis-Varini, C.
https://doi.org/10.4000/13yh6
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- Alexis-Varini, C.
- et Alexis-Varini, C.
- Alexis-Varini, Colette.
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- ALEXIS-VARINI, Colette
- et ALEXIS-VARINI, Colette,
https://doi.org/10.4000/13yh6
Notes
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[2]
Extrait d’une interview publié sur le site d’Adoma. Url : https://www.adoma.cdc-habitat.fr/adoma/L-entreprise/Dossiers-thematiques/La-maitrise-d-ouvrage/Maitrise-d-ouvrage/p-357-La-nouvell.e-residence-sociale-Hector-Berlioz-a-Bobigny-racontee-par-son-concepteur-Paul-Chemetov.htm
- [3]
« Habiter un lieu, est-ce se l’approprier ? Qu’est-ce que s’approprier un lieu ? À partir de quand un lieu devient vraiment vôtre ? Est-ce quand on a mis à tremper ses trois paires de chaussettes dans une bassine de matière plastique ? Est-ce quand on s’est fait réchauffer des spaghettis au-dessus d’un camping gaz ? Est-ce quand on a utilisé tous les cintres dépareillés de la penderie ? Est-ce quand on a punaisé une vieille carte postale ? Est-ce quand on a éprouvé les affres de l’attente, ou les exaltations de la passion, ou les tourments de la rage de dent ? Est-ce quand on a tendu les fenêtres de rideaux à sa convenance, et repeint ou posé du papier peint ? »
Georges Perec, Espèce d’espaces, Paris, Galilée, 1974
3 Le 15 mai 2024, une exposition photographique, Déménager du foyer, s’installait au Musée Sauvage d’Argenteuil. Cette exposition, pas banale, documentait le déménagement des résidents d’un foyer Adoma de la ville d’Argenteuil dans leur nouvelle résidence sociale construite à côté des anciens bâtiments : les images de la démolition du vieux foyer et le chantier de la nouvelle résidence, les alignements des boîtes aux lettres, les vélos, les cartons de déménagement croisent les portraits des habitants du foyer, pour la plupart des « Chibanis », qui vont passer d’un espace de 7 à 18 m2. Entre les photos sont reproduits les témoignages, et des textes parlant d’espaces, d’objets familiers. À travers cette exposition, il s’agissait de montrer la vie (et le changement de vie) au quotidien de ces anciens travailleurs immigrés arrivés en France dans les années 1950, dont certains ont passé près de 50 ans en foyer. L’exposition est proposée par la compagnie du Théâtre du Néon.
Habiter en foyer
4 La plupart des résidents rencontrés habitent depuis plus de 40 ans en foyer. Arrivés du Maghreb (Algérie, Maroc) ou d’Afrique subsaharienne pour travailler en France, ils ont été, au départ, logés en bidonville ou en hôtel social, puis ont connu les foyers Sonacotra. Ces derniers hébergeaient les jeunes travailleurs immigrés d’Afrique du Nord à partir des années 1950. Habitant de toutes petites chambres, ils partageaient cuisine et salles de douches et toilettes collectives.
5 Dans les années 1950, des millions d’immigrés sont venus travailler en France pour aider à la reconstruction du pays. Ils ont été embauchés dans le bâtiment, l’industrie automobile et les complexes industriels. La pénurie de logements était criante. Ils ont été jetés dans des caves, des taudis, des bidonvilles. 200 000 Algériens vivent en France au début de la guerre d’Algérie. En 1962, ils sont 350 000, 700 000 en 1975. À cette époque, l’État encadre leur arrivée. La Sonacotra (Société nationale de construction pour les travailleurs algériens) est chargée de construire les foyers. À partir de 1966, la Direction de la population et des migrations coordonne cette politique. La résorption des bidonvilles prendra plus de 10 ans ; ils auront quasiment disparu dans les années 1970. Les hommes seuls ont été relogés dans les foyers et la majorité des familles dans des cités de transit, plus rarement dans des HLM. Arrivés tout jeunes, ces hommes seuls y vivent encore à l’âge de 75-80 ans.
6 Dans un extrait d’une interview publiée sur le site d’Adoma [1], l’architecte Paul Chemotov, artisan de la construction d’un foyer Adoma à Bobigny il y a une dizaine d’années, parlait ainsi des résidents : « Quand je rencontre les résidents, ils ne réalisent pas toujours la prochaine mutation de leurs conditions de logement, cela peut traduire la peur de perdre leurs repères : leur chambre de 5 m2 était certes toute petite mais avec le temps elle leur “appartenait” [2]. »
7 Le projet de l’exposition s’est développé principalement à partir du Foyer de la Butte Blanche d’Argenteuil. Ce dernier abrite depuis plusieurs décennies pas loin de 400 résidents. Situé à la frontière de Bezons, il est desservi par une ligne de bus, le 9, qui va de la gare d’Argenteuil à Sartrouville. Le quartier est composé d’une succession de pavillons, peu de commerces ; la seule boulangerie est à 1 kilomètre. Quand on arrive au foyer, il y a deux bâtiments : dans le plus grand se trouvent, au rez-de-chaussée, les bureaux de la direction territoriale d’Adoma-Val d’Oise, et au-dessus, plus de 300 chambres. À chaque étage, un long couloir dessert de minuscules chambres de 7 m2. En 2018, le bâtiment est dégradé, en surpopulation, souvent squatté. Les habitants d’origine y vivent dans l’insécurité.
Le Théâtre du Néon
8 Le Théâtre du Néon est formé d’un binôme réunissant Colette Alexis et Sylvie Jobert. À côté de ses créations de spectacles et de ses lectures, il est engagé depuis plusieurs années dans un quartier d’Argenteuil, le Val Notre-Dame. La compagnie a à cœur de se tenir aux côtés des publics éloignés de la culture dans ce quartier excentré de la ville. Des actions dans les écoles et les collèges, aux ateliers d’expression orale avec les femmes non francophones et les ateliers lectures pour les parents, il travaille de concert avec les associations du quartier. Son partenaire principal est la maison de quartier et son équipe, qui l’accueille dans ses locaux et le soutient dans ses projets.
9 La compagnie est présente dans le foyer Adoma de la Butte Blanche depuis 2018. Au cours de réunions territoriales, elle y a rencontré d’autres acteurs de terrain, parmi lesquels la responsable insertion du foyer, Saliha Harraz, qui recherchait des partenaires culturels sur le quartier. Elle lui a fait découvrir l’existence de ce foyer qui abrite un très grand nombre de résidents, particulièrement les Chibanis. Ensemble, elles réfléchissent à un projet qui leur serait destiné, un projet qui mette en avant leur parcours de travail depuis leur arrivée en France et qui les fasse connaître dans leur quartier. Travail au corps voit le jour pour questionner la mémoire du travail dans ce quartier des Champioux qui a accueilli plusieurs usines comme Dunlop ou Dassault. La compagnie propose un projet intergénérationnel au cours duquel les résidents du foyer racontent leurs vies de travail depuis leur arrivée en France. Dans un premier temps, leurs récits sont enregistrés et retranscrits, puis ils sont repris par les habitants au sein d’un atelier d’écriture où ces derniers racontent leur relation au travail. Les élèves de 4e du collège voisin Jean-Jacques Rousseau s’emparent des récits au cours d’un atelier théâtre où ils reprennent, dans une forme chorégraphiée, les gestes des travailleurs. Tout au long de ce projet, la compagnie propose des lectures théâtralisées qui sont présentées à la maison de quartier : Extrait de L’Établi de Robert Linhardt, projection du documentaire La Reprise de Hervé le Roux, À la ligne de Joseph Ponthus. C’est à cette période que la maison de quartier met en place le Chibabar tous les mardis après-midi, pour accueillir les Chibanis du quartier autour d’un café et toutes sortes d’activités. Ce groupe s’ouvrira peu à peu à d’autres habitants et deviendra un vrai lieu d’échanges. En décembre 2019, une représentation théâtrale réunissant les 3 groupes restitue ces ateliers. La publication en tirage limité de Travail au corps de Colette Alexis Varini rend compte de cette action, financée par la Drac Île-de-France, la politique de la ville et la Ligue de l’enseignement.
L’exposition
10 À l’issue de cette action, des liens se sont noués et il s’est avéré difficile pour la compagnie de quitter ce public. Pendant trois ans, avec l’aide de Saliha Harraz et de Fatima Gourti, responsables d’Adoma, Colette Alexis a rencontré les résidents au foyer, parfois en tête-à-tête, parfois en groupe. Une longue et régulière présence dans le lieu lui a permis de gagner leur confiance. Les obstacles de la langue ont été surmontés, parfois avec l’aide d’une interprète. Désormais, « on fait partie de la famille ». Fin 2020, Saliha Harraz informe le Théâtre du Néon du projet de construction de la nouvelle résidence sociale juste à côté du foyer. Ce dernier sera démoli sur une période de 2 ans et la plupart des résidents seront relogés dans les nouveaux bâtiments. Le projet Déménager du foyer est monté à l’initiative de la compagnie. Il se développera en 3 étapes avec l’objectif de donner de la visibilité aux Chibanis, dans leur quartier et dans leur ville.
11 Dans un premier temps, des rencontres sont organisées avec les résidents autour de la question : « Comment vivent-ils ce déménagement ? » Il s’agit d’explorer leurs motivations et leurs attentes vis-à-vis de leur prochain cadre de vie, ce qu’ils en savent et ce qu’ils imaginent, identifier les éventuels freins au changement.
12 Déménager n’est jamais simple, même si on quitte une toute petite chambre. Passer d’un foyer aux structures collectives à un studio autonome demande une bonne dose d’adaptation, c’est ce que les résidents expriment avant leur entrée dans les nouveaux espaces :
« Depuis que j’ai emménagé dans mon nouveau studio, j’ai retrouvé ma fierté, je suis fier de mon logement, je peux inviter ma famille, mes amis. Je n’ai plus honte de ma petite chambre. Les gens me voient autrement. »
« On perd sur des plans, on gagne sur d’autres. Surtout pour les enfants. Il y a des choses qui changent en moins bien, d’autres en mieux. Je ne regrette pas d’être venu ici. Surtout pour la propreté, l’état des chambres. »
« Mes enfants ne savaient pas que j’habitais dans un foyer, même ma mère ne le savait pas. Aujourd’hui je peux les inviter. Là-bas je ne pouvais pas. Ici, c’est propre. Comme dans n’importe quel immeuble. »
« Habiter 6 m2 pendant plus de 30 ans, c’est penser 6 m2, c’est aimer 6 m2, c’est vivre 6 m2. Passer à 18 m2, c’est agrandir son espace. »
« Dans le nouveau foyer, personnellement je suis heureux, je me plains pas. Ici, on vit vraiment comme des êtres humains. Bon, il y en a qui se plaignent parce qu’ils se retrouvent seuls. Ils ne rencontrent pas les gens comme ils faisaient avant. Mais moi, rencontrer les gens, ça me dit rien du tout, que je vois les gens ou que je ne les vois pas, ça ne me dérange pas du tout. J’ai dit à mes voisins que s’ils ont besoin, qu’ils viennent sonner à ma porte. Ils sont plus âgés que moi, ne savent pas lire et écrire, ils ont des papiers à remplir ou à se faire traduire, je leur ai dit qu’ils viennent quand ils veulent, il n’y a pas de problème. Mais discuter pour discuter, non. »
18 À partir de ces entretiens enregistrés et retranscrits, une installation photographique et sonore documentée par des photographies prises pendant toute la durée du chantier est proposée avec la scénographe Carolina E. Santo. Cette dernière collabore depuis 15 ans avec le théâtre du Néon aussi bien sur les spectacles que sur les publications, les ateliers et les expositions. À l’occasion de Déménager du foyer, présenté à trois occasions (dans la résidence de la Butte Blanche, à la maison de quartier du Val Notre-Dame et dans la salle des charpentes du Musée Sauvage à Argenteuil), le choix s’est porté sur une cinquantaine de photographies exposées avec des textes écrits par Colette Alexis et des extraits d’entretiens. La scénographie entend déployer le travail de proximité réalisé par le théâtre du Néon et son engagement afin de sensibiliser le public aux questions sociales, en utilisant des matériaux très simples (feuilles A4, système d’accroche sans cadre). Cette proximité avec le matériau rend les personnes et les objets photographiés plus proches des visiteurs, comme s’ils leur parlaient directement à l’oreille. Nous avons également fait le choix de présenter quelques objets réels issus de ces photos : les sandales, la bouilloire, une boîte aux lettres, une radio. À travers les images présentées, on tente de donner à voir les personnes, les lieux, les objets en s’éloignant du misérabilisme, en cherchant à mettre en avant humanité et dignité. En décembre 2022, l’exposition est présentée dans la nouvelle résidence au cours de laquelle les comédiennes de la compagnie lisent les témoignages des nouveaux habitants.
19 Dans un second temps, à l’automne 2023, elle est installée à la maison de quartier du Val Notre-Dame, accompagnée d’un montage vidéo composé d’extraits de documentaires historiques retraçant le parcours des travailleurs immigrés (archives Adoma, du Musée national de l’immigration, ciné archives du Parti communiste français [3]). Installée dans le hall de la maison de quartier, l’exposition est vue par de nombreux habitants qui viennent pour leurs démarches administratives ou autres activités de l’établissement. Un atelier théâtre sur le thème « Nos maisons, du bidonville au foyer, les parcours de nos grands-pères » se met en place avec les élèves d’une classe de CM2 de l’école élémentaire Jean-Jacques Rousseau située dans le quartier. Les enfants rencontrent les Chibanis à plusieurs reprises et une présentation théâtrale de l’atelier a lieu en avril 2024.
20 La dernière étape de ce projet a été partagée avec les habitants du centre-ville, du 16 mai au 3 juin 2024, au Musée Sauvage, lieu animé par plusieurs associations de la ville. Le Musée Sauvage est un ancien hôpital-hospice situé près de la gare d’Argenteuil. C’est au premier étage du bâtiment, dans la salle des Charpentes, que l’exposition est présentée. Une belle salle spacieuse, lumineuse, avec son alignement de fenêtres sous un plafond en poutres apparentes. L’exposition est accompagnée d’une lecture théâtralisée, enrichie de nouveaux témoignages des habitants du foyer des Remparts, près de la gare d’Argenteuil. Elle croisera les voix des résidents avec des mots de poètes et écrivains tels que Georges Perec et son ouvrage Espèces d’espaces (Galilée, 1974).
21 Proposer cette installation dans un lieu où sont organisés des concerts, où le public est plutôt jeune, et peut-être éloigné de cette thématique de l’histoire des vieux immigrés, représentait une gageure. Lors de l’inauguration et lors des journées portes ouvertes du Musée Sauvage, le représentant du foyer des Remparts a croisé des habitués du musée, qui ont découvert ces réalités. Des visites ont permis de faire découvrir l’exposition à des jeunes d’associations comme Jeunactio, la Ligue de l’enseignement, l’ATMF, associations de la ville que nous côtoyons au cours de nos activités, très impliquées dans l’aide aux Chibanis qui ont des médiateurs dans plusieurs foyers Adoma. Différents événements ont ponctué l’exposition, dont la projection d’un film (D’une pierre deux coups de Fejria Deliba). Sur les murs, les portraits de Demba, Mohamed, Ahmed, Slimane sont exposés : ils regardent par la fenêtre de leur nouveau studio. Au loin, on peut voir les tours de la Défense. Mohamed est photographié dans son nouveau logement où il accueille ses hôtes avec du thé et des pâtisseries. La scénographe a choisi de mettre en valeur les objets déménagés par les Chibanis. Ils sont présentés sur des socles, ajoutant une réalité plus concrète à l’installation dans leur nouveau logement. Les objets parlent de leurs vies : la radio, la bouilloire, les sandales.
22 En conclusion, l’exposition est la trace qu’il reste de ces rencontres. Le déménagement a eu lieu il y a 3 ans. Les résidents ont témoigné à différents moments de ce processus. La vie va et vient. Elle s’ancre peu à peu dans la nouvelle résidence. Les anciens croisent maintenant des familles, des femmes seules avec leurs enfants. Leur environnement change. Le grand foyer a été démoli durant l’été 2024. Il y aura davantage de verdure, peut-être aussi des bancs pour s’asseoir et discuter. Cette génération de Chibanis s’en va peu à peu. Il est urgent de transmettre leur histoire et de témoigner de leur vie aujourd’hui.
23 Pour continuer son travail de conservation des traces des Chibanis, le Théâtre du Néon travaille à la réalisation d’un roman graphique avec le dessinateur Moussa Dazi.
Les objets
L’ancien foyer : les vêtements accrochés
Les vêtements sont accrochés derrière la porte de la petite chambre de Demba. Ils témoignent de l’exiguïté du lieu, sans placard, avec une seule étagère placée en hauteur où il a rangé ses sacs et ses valises. Il y a ses djellabas, une écharpe écossaise aux couleurs vives, un pull-over et un jeans à la mode aux pièces de couleurs, portés sans doute par son neveu. Dans la nouvelle résidence, tout cela n’est plus visible. Les vêtements sont maintenant rangés dans le placard, protégés du regard des visiteurs, ce qui permet enfin un peu d’intimité.
La bouilloire
La machine à laver
La radio (et la télévision)
Les boîtes aux lettres
Les plaques électriques
Les sandales
Les vélos
Les volets
Une rencontre
Il est le président du comité des résidents du foyer des Remparts, le premier que je rencontre et qui exerce cette fonction dans les foyers d’Argenteuil. Il habite le foyer des Remparts d’Argenteuil depuis 1974. Il a connu le foyer Sonacotra, puis le passage à Adoma. Il a été de toutes les luttes, pour limiter la hausse des loyers, pour améliorer les conditions de vie dans le foyer.
Monsieur Draoui ne lâche pas. Il raconte les repas organisés par le comité pour les Chibanis, avant, les concerts, les parties de cartes. Les changements : le vieillissement des résidents, les nouveaux qui viennent d’ailleurs. La cohabitation pas toujours facile, les différences d’habitude.
« Il faudrait sensibiliser ce monde-là à la vie en collectivité ! » Depuis la période de la Covid, les résidents sont plus que jamais isolés dans leurs chambres. Avec des squatteurs de plus en plus présents. Ils se sentent en grande insécurité. Le foyer se situe dans un une zone sensible, il hérite de tous les problèmes. Monsieur Draoui est pris entre le découragement et l’envie d’aider ses voisins du foyer. Mais c’est difficile de mobiliser aujourd’hui : beaucoup disent : « Je ne veux pas consacrer mon temps à aider les autres. » L’individualisme a pris le pas.
Mais Monsieur Draoui ne lâche pas, entre ses appels à la police et aux responsables du foyer.
« Notre rôle c’est d’avancer avec Adoma, ce n’est pas de se heurter. »
Il veut donner une bonne image des résidents et du foyer, pour qu’ils gardent leur dignité.
Théâtre du Néon
Contact : theatreduneon@gmail.com
Mots-clés éditeurs : résidence, migrations, chibanis, personnes âgées
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Date de mise en ligne : 13/06/2025
https://doi.org/10.4000/13yh6