La Méditerranée entre passage, mouvement, installation et enfermement
Pages 51 à 52
Citer cet article
- WIHTOL DE WENDEN, Catherine,
- Wihtol de Wenden, Catherine.
- Wihtol de Wenden, C.
https://doi.org/10.3917/migra.120.0051
Citer cet article
- Wihtol de Wenden, C.
- Wihtol de Wenden, Catherine.
- WIHTOL DE WENDEN, Catherine,
https://doi.org/10.3917/migra.120.0051
Notes
-
[*]
Politologue, chercheuse au CNRS, Centre d’études et de recherches internationales (CERI)-Sciences-Po.
-
[1]
BRAUDEL, Fernand, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris : Éd. Armand Colin, 1982 (5e édition), 2 volumes, 587 p. et 627 p.
-
[2]
Voir à ce sujet, dans ce même numéro, l’éditorial de Vincent Geisser, page 3.
1 Ce dossier est, pour l’essentiel, le fruit d’une sélection de textes présentés à l’intercongrès du groupe de recherche sur les migrations de l’Association internationale de Sociologie (Research Group 31), qui s’est tenu à Aix-en-Provence en juin 2008. Le thème central de cette rencontre, « la Méditerranée et ses migrations », permettait de développer plusieurs sujets sensibles avec un autre regard que celui que l’on a souvent en France, centré sur le face-à-face franco-maghrébin. La Méditerranée est en effet un espace de mobilité tant dans l’actualité récente qu’à long terme. C’est aussi l’une des premières lignes de fracture du monde. L’intensité des flux qu’on y trouve lui a déjà valu la définition d’« espace mouvement » par Fernand Braudel [1].
2 Parmi les 25 communications présentées, une première série était centrée sur les spécificités de l’espace migratoire méditerranéen : les conséquences de la coopération renforcée dans le contrôle des frontières sur les itinéraires des migrations subsahariennes dans les pays du Maghreb, les nouvelles zones de transit et les migrations du Moyen-Orient en Turquie, un pays qui peine à se construire comme pays d’immigration (transmigration). Pour des raisons diverses, certaines d’entre elles n’ont pas pu figurer dans le présent dossier. Ont également été abordés les nouvelles tendances des migrations, les nouveaux profils des migrants et les “niches” professionnelles, ethniques et identitaires dans lesquelles ils s’insèrent une fois installés et qui ont fait l’objet de comparaisons avec l’inclusion des Mexicains aux États-Unis (Thomas Macias).
3 Les configurations migratoires, comme les “couples migratoires”, faits d’une « construction métaphorique » postcoloniale chez les jeunes issus de l’immigration algérienne (Pavel Sitek) et de l’invention d’un devenir collectif minoritaire chez les enfants de harkis en France (Giulia Fabbiano) ou, à l’inverse, les « quasi-diasporas » entretenant dans plusieurs pays d’accueil de la Méditerranée des formes de transnationalisme marquées par la fluidité (Maurizio Ambrosini) mais aussi par des processus d’identification à la culture nationale comme l’adoption officielle d’une fête juive marocaine en Israël (Rachel Sharaby) ont été analysées. Il en résulte un accroissement des formes de double participation et de double nationalité des migrants, faites d’influences réciproques entre pays d’accueil et d’origine, sans intégration, mais dans le transnationalisme comme chez les Albanais en Grèce (Despina Papadopoulou).
4 Un autre thème central pour l’espace euro-méditerranéen est son rapport avec la mondialisation, le lien entre les migrations et le développement, le rôle des migrations pour améliorer le bien-être national par les transferts de fonds, l’option retour et l’option diaspora pour transformer la fuite de cerveaux (brain drain) en acquisition de compétences (brain gain) comme au Maroc (Jamal Bouoiyour).
5 À l’heure du lancement du Pacte européen pour l’immigration et l’asile par la présidence française de l’Union européenne — dominé par la solidarité entre pays européens pour l’accueil, le contrôle des frontières, la lutte contre l’immigration clandestine, les politiques d’asile — et de la progressive mise à l’écart du thème de l’immigration de l’Union pour la Méditerranée [2], il nous a semblé particulièrement utile de rendre compte, à partir de travaux de terrain, des évolutions survenues, marquées par l’activisme des migrants dans la construction d’une transversalité des liens dans l’ensemble de la région.