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Article de revue

Femmes et memoria liturgique dans la péninsule Ibérique (Xe-XIIIe siècle)

Une approche à partir des Beatus

Pages 119 à 135

Citer cet article


  • Bosseman, G.
(2021). Femmes et memoria liturgique dans la péninsule Ibérique (Xe-XIIIe siècle) Une approche à partir des Beatus. Médiévales, 80(1), 119-135. https://doi.org/10.4000/medievales.11478.

  • Bosseman, Gaelle.
« Femmes et memoria liturgique dans la péninsule Ibérique (Xe-XIIIe siècle) : Une approche à partir des Beatus ». Médiévales, 2021/1 n° 80, 2021. p.119-135. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-medievales-2021-1-page-119?lang=fr.

  • BOSSEMAN, Gaelle,
2021. Femmes et memoria liturgique dans la péninsule Ibérique (Xe-XIIIe siècle) Une approche à partir des Beatus. Médiévales, 2021/1 n° 80, p.119-135. DOI : 10.4000/medievales.11478. URL : https://shs.cairn.info/revue-medievales-2021-1-page-119?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/medievales.11478


Notes

  • [1]
    T. Martin, J. Williams, « Women’s Spaces—Real and Imagined—in the Illustrated Beatus Commentaries », Arenal, 25/2 (2018), p. 357-396.
  • [2]
    Girona, Biblioteca Catedral, 7 (León, Tábara [?], achevé le 6 juillet 1975).
  • [3]
    Lisboa, Arquivo Nacional da Torre do Tombo, Casa forte 160 (Lorvão 43) (São Mamede de Lorvão, 1189) ; New York, Pierpont Morgan Library, 429 (Burgos, v. 1220) [Beatus de las Huelgas] ; Paris, BnF, n.a.l. 2290 ; New York, Getty Center (1 f.°) (Burgos, v. 1220) [Beatus d’Arroyo]. Le fragment de Mexico (Archivo General de la Nación, Illustr. 4852, 2 f.°) fut copié en Castille dans la première moitié du xiiie s. et envoyé depuis le monastère cistercien de Medina de Rioseco (Valladolid) à Mexico en 1559. Son texte le rapproche du Beatus d’Arroyo. Sur ces manuscrits, voir les notices de J. W. Williams, The Illustrated Beatus. A Corpus of the Illustrations of the Commentary on the Apocalypse, Londres, 1994, 5 vol. ; Id., Visions of the End in Medieval Spain, Amsterdam, 2016.
  • [4]
    D. Raizman, « Prayer, Patronage and Piety at Las Huelgas : New Observations on the Later Morgan Beatus (M. 429) », dans T. Martin, J. A. Harris éd., Church, State, Vellum and Stone : Essays on Medieval Spain in Honor of John Williams, Leyde, 2005, p. 235-274.
  • [5]
    La formule est de F. Gallon, Moines aux extrémités de la terre. Fonctions et représentations du monachisme dans la péninsule Ibérique du haut Moyen Âge (viiie-xie siècle), thèse de doctorat en histoire, dir. P. Henriet, Université de Bordeaux Montaigne, 2014, p. 384. La bibliographie des Beatus étant trop importante pour être listée de manière exhaustive ici, nous renvoyons tout particulièrement aux travaux de J. Williams cités dans les notes de cet article. Sur les fonctions du texte et des images, voir J. Fontaine, « Fuentes y tradiciones paleocristianas en el método espiritual de Beato », dans Actas del Simposio para el estudio de los códices del « Comentario al Apocalipsis » de Beato de Liébana, Madrid, 1978, vol. I, p. 75-103 ; P. Henriet, Hispania Sacra. Le discours des clercs et la construction d'une identité chrétienne en Péninsule ibérique occidentale (viiie-xiie siècles), mémoire inédit d’Habilitation à diriger des recherches, Université de Versailles-Saint-Quentin, 2003, p. 39-47 ; R. Gryson, « Introduction », dans Beatus de Liébana, Tractatus de Apocalipsin, Turnhout, 2012, vol. I, p. cxlii-cxlviii.
  • [6]
    Voir la liste des manuscrits et fragments dans R. Gryson, « Introduction », Beatus de Liébana, Tractatus de Apocalipsin, p. xiv-xvi ; J. Williams, Visions of the End…, p. 26 et 67-148.
  • [7]
    P. K. Klein, « Im Spannungsfeld von Endzeitängsten. Konflikten mit dem Islam und liturgischer Praxis : Die Erneuerung der Beatus-Illustration im 10. Jahrhundert », dans I. Käflein, J. Staebel, M. Untermann éd., Im Schnittpunkt der Kulturen. Architektur und ihre Ausstattung auf der Iberischen Halbinsel im 6.-10/11. Jahrhundert. Cruce de Culturas. Arquitectura y su decoración en la Península Ibérica del siglo vi al x/xi, Madrid/Francfort, 2016, p. 11–48 ; Id., « Circulation, Popularity, and Function of Illustrated Apocalypses from Late Antiquity to High Medieval Europe », dans A. Miguélez Cavero, F. Villaseñor Sebastián éd., Medieval Europe in Motion : La circulación de manuscritos iluminados en la Península Ibérica  : segunda edición del Congreso Internacional «  Medieval Europe in Motion  », Lisboa, 2015, Madrid, 2018, p. 201-214.
  • [8]
    Seule une Apocalypse a été copiée en dehors d’une bible complète dans l’espace étudié – Escorial, Real Biblioteca del Monasterio, M.III.3 (ixe-xe s., León) – elle y sert d’introduction aux traités moraux de Martin de Braga. Dans cet exemple, il est douteux qu’au vu de sa place minoritaire dans le recueil, l’Apocalypse ait servi à désigner l’ensemble du manuscrit. L’importante diffusion du Commentaire, sa transmission anonyme et non sous le nom de son auteur au Moyen Âge rendent probable l’identification de l’Apocalypsin à un Beatus bien qu’elle ne puisse être assurée. Cette identification a d’abord été proposée par C. Sánchez-Albornoz, « El Reino Astur-Leones (722-1037). Sociedad, Economia, Cultura y Vida », dans J. M. Jover Zamora, Historia de España, t. VII, vol. 1, Madrid, 1991 [3e éd.], p. 643 ; elle est généralement reprise dans les études, voir M. C. Díaz y Díaz, Códices visigóticos en la monarquía leonesa, León, 1982, n° 45, p. 167 et 193.
  • [9]
    P. J. Geary, Phantoms of Remembrance. Memory and Oblivion at the End of the First Millennium, Princeton, 1994 ; sur la memoria, voir M. Borgolte, « Memoria. Bilan intermédiaire d’un projet de recherche sur le Moyen Âge », dans J.-C. Schmitt, O. Oexle éd., Les Tendances actuelles de l’histoire du Moyen Âge en France et en Allemagne, Actes des colloques de Sèvres 1997 et Göttingen 1998 organisés par le Centre national de la recherche scientifique et le Max-Planck-Institut für Geschichte, Paris, 2003, p. 53-69. Pour les monastères ibériques : F. Gallon, Moines aux extrémités de la terre…, p. 285-292. On notera toutefois, avec F. Gallon, que « l’essor de la memoria funéraire tel que les historiens l’ont saisi dans les monastères du monde franc ne s’étend pas, dans des proportions même de loin comparables, aux royaumes chrétiens d’Hispanie » (F. Gallon, « Pro requie defunctorum. Réflexions comparatistes sur la mémoire des morts dans les monastères hispaniques du haut Moyen Âge », Memini, 18 (2014), [en ligne : http://memini.revues.org/723, consulté le 5 décembre 2015, §15]).
  • [10]
    P. Corbet, Les Saints Ottoniens. Sainteté dynastique, sainteté royale et sainteté féminine autour de l’an Mil, Sigmaringen, 1986 ; G. Althoff, « Causa scribendi und Darstellungsabsicht : die Lebensbeschreibungen der Königin Mathilde und andere Beispiele », dans M. Borgolte, H. Spilling éd., Litterae medii aevi. Festschrift für Johanne Autenrieth zu ihrem 65. Geburtstag, Sigmaringen, 1988, p. 117-133 ; C. La Rocca, « La reine d’Italie et ses relations avec les monastères dans le royaume d’Italie », dans R. Le Jan éd., La Royauté et les élites dans l’Europe carolingienne : début ixe siècle aux environs de 920, Lille, 1988, p. 269-284 ; P. J. Geary, Phantoms of Remembrance…, p. 48-80 ; R. Le Jan, Famille et pouvoir dans le monde franc (viie-xe siècles). Essai d’anthropologie sociale, Paris, 1995, p. 54-57 ; M. Lauwers, La Mémoire des ancêtres, le souci des morts. Morts, rites et société au Moyen Âge, diocèse de Liège, xie-xiiie siècles, Paris, 1997, p. 425-459 ; R. Le Jan, Femmes, pouvoir et société dans le haut Moyen Âge, Paris, 2001 ; E. Santinelli, Des Femmes Éplorées. Les veuves dans la société aristocratique du haut Moyen Âge, Villeneuve d’Ascq, 2003 ; V. Garver, Women and Aristocratic Culture in the Carolingian World, Ithaca/Londres, 2009. Enfin, pour la péninsule Ibérique, voir L. K. Pick, Her Father’s Daughter. Gender, Power and Religion in the Early Spanish Kingdoms, Ithaca/Londres, 2017, p. 169-226, dont nous ne suivons pas toutes les propositions.
  • [11]
    Recension des publications dans J. A. García de Cortázar, J. A. Munita Loinaz, L. J. Fortún éd., Codiphis : catálogo de colecciones diplomáticas hispano-lusas de época medieval, Santander, 1999 ; L. J. Fortún Pérez de Ciriza, « La edición de fuentes documentales para el estudio de la Edad Media hispana », dans J. A. Munita Loinaz et J. R. Díaz de Durana Ortiz de Urbina éd., XXV años de historiografía hispana (1980-2004) : historia medieval, moderna y de América, Bilbao, 2007, p. 15-53. Bilan et bibliographie dans l’introduction au colloque : H. Sirantoine, J. Escalona Monge éd., Chartes et cartulaires comme instruments de pouvoir. Espagne et Occident chrétien (viiie-xiie siècles), Toulouse/[Madrid], p. 9-23.
  • [12]
    On conserve 1 326 documents de la cathédrale et des monastères léonais et 1 169 pour le monastère de Sahagún de 775 à la fin du règne d’Alphonse VI de Castille-León (1109), Colección documental del archivo de la Catedral de León (775-1230), éd. E. Sáez, C. Sáez, J. M. Ruiz Asencio, 5 t., León, 1987-1990 ; Colección Diplomática del Monasterio de Sahagún, éd. J. M. Mínguez, León et al., 1976-1988. Sur l’hétérogénéité de la distribution spatio-temporelle des actes ibériques, voir F. Gallon, Moines aux extrémités de la terre…, p. 54-57. Le corpus léonais offre par son ampleur une certaine diversité en termes de négoces juridiques, de types de donateurs et donatrices, et de donataires.
  • [13]
    Colección documental, actes n° 27 (912), donation de García Ier et Mummadona ; n° 38 (916), n° 41 (917), n° 51 (920), donations d’Ordoño et Elvira ; n° 90 (931), donation de Stephanus et Fackina ; n° 101 (934), donation de Ramire II et Urraca ; n° 203 (948), donation d’Aiza et Argentea, etc. ; pour les veuves, voir infra note 19.
  • [14]
    P. Corbet, « Pro anima senioris sui. La pastorale ottonienne du veuvage », dans M. Parisse éd., Veuves et veuvage dans le haut Moyen Âge, Paris, 1993, p. 233-253 ; E. Santinelli, « Les femmes et la mémoire : le rôle des comtesses dans la Francie occidentale du xie siècle », dans F. Bougard, C. La Rocca, R. Le Jan éd., Sauver son âme et se perpétuer. Transmission du patrimoine et mémoire au haut Moyen Âge, Rome, 2005, p. 459-484 (p. 462).
  • [15]
    W. Davies, « Buying with Masses : “Donation” pro remedio animae in Tenth-Century Galicia and Castile-León », dans F. Bougard, C. La Rocca, R. Le Jan éd., Sauver son âme…, p. 401-416.
  • [16]
    Voir les exemples évoqués ibid., p. 408-409.
  • [17]
    Nous avons considéré les donations pro anima dès lors qu’elles mentionnaient un membre de la parentèle, parent, frère ou sœur, oncle ou tante, grands-parents. À titre indicatif, nous avons dénombré, pour la cathédrale, 24 donations réalisées par un ou plusieurs couples et 9 par un frère et une sœur (ou plusieurs) ; et respectivement 29 et 5 pour Sahagún. Les fratries masculines ont été incluses parmi les donations masculines et inversement pour les fratries féminines.
  • [18]
    Pour la cathédrale, sur 46 donations masculines, on dénombre 20 donateurs ecclésiastiques, 3 rois et un comte ; sur 39 donations féminines, 5 religieuses, 11 comtesses ou dominae. Pour Sahagún, sur 38 donations masculines, on compte 8 donateurs ecclésiastiques et 5 donations du roi Alphonse VI ; sur 34 féminines, 6 ou 7 comtesses, infantes ou domina et 8 actes de religieuses.
  • [19]
    Colección documental, acte n° 734 (1014) ; pour les veuves : n° 302 (956), n° 306 (958), n° 492 (983), n° 528 (989), n° 894 (1031), n° 971 (1038), n° 1003 (1042), n° 1166 (1069), n° 1191 (1073), n° 1213 (1079), n° 1253 (1091), n° 1298 (1093-1098 ?).
  • [20]
    Colección diplomática, acte n° 190 (961), n° 212 (963), n° 308 (980), n° 339 (988), n° 348 (994), n° 430 (1032), n° 452 (1038), n° 501 (1047), n° 504 (1047), n° 625 (1063), n° 664 (1067), n° 806 (1083), n° 815 (1084), n° 935 (1095), n° 956 (1095), n° 982 (1096), n° 1061 (1100), n° 1166 (1109) ; pour les veufs : n° 96 (945), n° 330 et 331 (986), n° 911, 912, 914 (1093), n° 1045 (1100).
  • [21]
    Les donations à Santiago de León n° 42 (917) et n° 180 (944) des abbés Inquilani et Cyprien, et n° 412 (970) de l’abbesse Felicia emploient le même formulaire. On retrouve un formulaire plus élaboré, employé indifféremment pour un donateur ou une donatrice, dans les actes autour de l’an mil : Colección documental, n° 538 (990) ; n° 545 (990) ; n° 617 (1002) ; n° 621 (1002) ; n° 698 (1011), etc.
  • [22]
    22 donations féminines (Colección documental, n° 236, 302, 306, 397, 492, 528, 803, 894, 971, 991, 992, 993, 1003, 1010, 1074, 1087, 1144, 1166, 1195, 1213, 1271, 1298) précisent les noms du mari, des parents ou des enfants défunts pour quatre donations masculines (n° 554, 600, 734, 939). Pour Sahagún, l’écart est plus réduit : 24 sur 34 et 15 sur 38.
  • [23]
    W. Davies, « Buying with Masses… », p. 416.
  • [24]
    « Conatus quidem dulcissimus mihi pignus Nunnus dum adolescentie ad annos efectus esset aductus fefre grauissima correptus ad diem usque extremo est deductus. Postmodum tamen spiritum trahens a multis patefecit per quos misericordia mihi innouabit ut pars hereditatis sue pro illius anime remedium fecissem secundum uoluntati mee extitisset arbitrium. Nec non et auctoritas legum censuerunt ut de predia filii defuncti qui superstites soboles non relinquerent parentibus eorum possidenda laxarent. Vt ibi eius corpusculum umatum quiescit in uestra hinc datur intelligi ad seruiendum terrena illius subici causa, Vimaranis monumenta historica a saeculo nono post Christum usque ad vicesimum » : Guimarães, 1908, doc. 9, p. 7-8.
  • [25]
    V. Garver, Women and Aristocratic Culture…, p. 68-69.
  • [26]
    Ces éléments ne sont pas propres aux donations féminines, on les retrouve dans certaines donations de clercs, voir par exemple : Colección documental, actes n° 545 (990) et n° 554 (992).
  • [27]
    Après une longue invocation christologique : « Hoc est priuilegium quod facio ego Urraka, Fredenandi regis et Santie reginę filia […] ideoque perpendens animo meo illum ultimum diem tui examinis in quo uenturus es iudicare uiuos et mortuos manifestus et terribilis, pre timore iudicii tui conturbata, quantulamcumque partem de hereditate uel substancia mea sequestro tibi offerenda, ne in conspecto tuo appaream uacua, non quod a me habeam hęc tibi tribuenda, sed quod a te acceperim tibi offerenda. Suscipe iam, Deus pie, qui inmensus es in minimis, suscipe a me parua et hec tibi fac placabilia, ut cum ante te fuero presentata michi regni tui reddas gaudia inmensa » : acte 71, J. M. Ruiz Asencio, I. Ruiz Albi, Colección documental del monasterio de San Pedro de Eslonza, vol. 1, (912-1300), León, 2007, p. 183-184.
  • [28]
    Le récit fusionne l’histoire de deux personnages historiques, le roi de Galice Sanche Ordoñez (m. 928), qui fut l’époux de la reine Gotha, et le roi de León, Sanche le Gros (m. 966), qui fut effectivement assassiné au moyen d’une pomme empoisonnée provenant d’un comte rebelle galicien nommé Gundisaluus : voir Visiones del más allá en Galicia durante la Alta Edad Media, éd. M. C. Díaz y Díaz, Saint-Jacques-de-Compostelle, 1985, p. 75-79. Voir plus généralement M. Lauwers, La Mémoire des ancêtres…, p. 437-441 ; sur les veuves et ce récit, J. M. Andrade Cernadas, « Asilos monásticos  : vejez y mundo cenobítico en el Noroeste hispánico entre los siglos ix al xi », dans B. Arizafa Bolumburu, D. Mariño Veiras, C. Diéz Herrera éd., Mundos medievales. Espacios, sociedades y poder. Homenaje al Profesor José Ángel García de Cortázar y Ruiz de Aguirre, Santander, 2012, p. 312-324.
  • [29]
    Visiones del más allá…, p. 85-93.
  • [30]
    J. Delumeau éd., La Religion de ma mère. Les femmes et la transmission de la foi, Paris, 1992 ; M. Lauwers, La Mémoire des ancêtres…, p. 436-442 ; P. J. Geary, Phantoms of Remembrance…, p. 62-64.
  • [31]
    « donamus […] propter remissionem sceleribus nostris in memoria uel in remuneratione tio nostro domno Cesani » (Colección documental, t. III, acte n° 592 [8 février 1000]).
  • [32]
    E. et C. Sáez, Colección diplomática del monasterio de Celanova (842-1230), 3 vol., Alcalá de Henares, 1996-2006 (vol. I, p. 131-132), acte n° 57, 938 (passage cité et traduit dans F. Gallon, Moines aux extrémités de la terre…, p. 279-280).
  • [33]
    É. Palazzo, « Le livre dans les trésors du Moyen Âge. Contribution à l’histoire de la Memoria médiévale », Annales. Histoire, Sciences sociales, 52/1 (1997), p. 93-118.
  • [34]
    O. K. Werckmeister, « The First Romanesque Beatus Manuscripts and the Liturgy of Death », Actas del Simposio, 2 (1978), p. 167-192 (p. 180-187) ; P. Henriet, Hispania Sacra…, p. 43-46.
  • [35]
    O. Werckmeister, « The First Romanesque Beatus… », p. 171.
  • [36]
    P. Henriet, Hispania Sacra…, p. 44-45.
  • [37]
    C. J. Bishko, « Liturgical Intercession at Cluny for the King-Emperors of León », Studia monastica, 3 (1961), p. 53-76, repris dans Id., Spanish and Portuguese Monastic History, 600-1300, 1984, p. 53-76. Sur l’influence clunisienne, voir : P. Henriet, « La politique monastique de Ferdinand Ier », El monacato en los reinos de León y Castilla (siglos vii-xiii) : X Congreso de Estudios Medievales [León, del 26 al 29 de diciembre de 2005], Avila, 2007, p. 101-124 ; Id., « Cluny and Spain before Alfonso VI : Remarks and Propositions », Journal of Medieval Iberian Studies, 9/2 (2017), p. 206-219 ; Id., « Les ajouts clunisiens du Liber canticorum et horarum (1059) : un “aggiornamento” effectué du vivant de la reine Sancha (entre 1059 et 1067) », dans F. J. Hernández, M. del R. Sánchez Ameijeiras, E. Falque Rey éd., Medieval Studies in Honour of Peter Linehan, Florence, 2018, p. 3-20. Enfin, sur l’évolution des commémorations funéraires au contact des traditions nord-pyrénéennes, voir F. Gallon, « Pro requie defunctorum… », §14-15.
  • [38]
    D’après l’Historia silense, une chronique anonyme de la deuxième décennie du xiie s. : R. Walker, « Images of Royal and Aristocratic Burial in Northern Spain, c. 950-c. 1250 », dans E. van Houts éd., Medieval Memories. Men, Women, and the Past in Europe, 700-1300, Londres, 2001, p. 150-172 (p. 151-152). Cette commande s’intégrerait dans une stratégie de la reine pour légitimer la position de Ferdinand comme roi de León, uniquement acquise par son mariage : voir T. Martin, Queen as King. Politics and Architectural Propaganda in Twelfth-Century Spain, Leyde/Boston, 2006, p. 31, 38-39, 51, 60 (idée avancée par S. Caldwell, Queen Sancha's "persuasion". A regenerated León symbolized in San Isidoro's Pantheon and its treasures, Binghamton, 2001) ; voir aussi H. Sirantoine, Imperator Hispaniae. Les idéologies impériales dans le royaume de León (ixe-xiie siècles), Madrid, 2012, p. 150-153.
  • [39]
    Le manuscrit comporte, comme plusieurs autres Beatus de la recension posthume, les mentions de kapitulum et de respons sous forme abrégée sur les passages correspondants à Ap 1, 1-6, puis 1, 8-13, indiquant le texte biblique par un « K » et l’exégèse par « Rs », Madrid, Biblioteca Nacional, 14-2, f. 40v-43r, 44v.
  • [40]
    Ibid., f. 18r-19v. La présence de capitulation dans les bibles avait une fonction liturgique ; ici le texte est divisé en 34 chapitres à la différence du Commentaire, où le texte biblique est découpé en 68 storiae.
  • [41]
    G. Martínez Díez, F. Rodríguez éd., La colección canónica hispana. V. Segunda parte. Concilios hispanos, Madrid, 1992, p. 205-206 ; A. Ivorra, Liturgia hispano-mozárabe, Barcelone, 2017, p. 179-208.
  • [42]
    Escorial, Real Biblioteca del Monasterio, &.I.3.
  • [43]
    Le rôle de commanditaire de Sancha est attesté par le colophon (M. Férotin, « Deux manuscrits wisigothiques de la bibliothèque de Ferdinand Ier, roi de Castille et de León », Bibliothèque de l’École des chartes, 62 (1901), p. 374-387 : p. 376) et une enluminure qui met en scène la commande de la reine (f. 3v). Voir T. Martin, Queen as King…, p. 58-59.
  • [44]
    Salamanca, Biblioteca Universitaria, ms. 2668.
  • [45]
    R. Walker, « Images… », p. 151.
  • [46]
    Santiago de Compostela, Biblioteca Universitaria, Res. 1, f. 207v ; transcription M. Férotin, « Deux manuscrits… », p. 382-383.
  • [47]
    E. Santinelli notait que, chez les comtesses de Francie occidentale, la préservation de la memoria se concentre sur l’époux et la famille de ce dernier ; les femmes ne se soucient de nouveau de leur propre parenté qu’une fois veuves. E. Santinelli, « Les femmes et la mémoire… », p. 467-468.
  • [48]
    Il est possible que cette commande s’intègre dans une stratégie de légitimation de Ferdinand comme roi léonais (voir n. 38). Néanmoins, le caractère funéraire de Saint-Isidore et celui, pénitentiel, du livre invitent à notre sens à placer cette dimension politique au second plan. Par ailleurs, ces commandes sont relativement tardives dans le règne de Ferdinand, leur fonction légitimatrice aurait été plus à propos après 1037.
  • [49]
    Leurs corps ont été déplacés à une date incertaine, soit lors de la construction, soit a posteriori : R. Walker, « Images… », p. 159.
  • [50]
    P. J. Geary, Phantoms of Remembrance…, p. 60-70 ; sur la présence de moines clunisiens dans l’entourage de Sancha, voir P. Henriet, « Les ajouts clunisiens… » ; sur l’influence de Cluny et la memoria, voir L. K. Pick, Her Father’s Daughter…, p. 181-185 et 223-226.
  • [51]
    Si le rôle d’Urraca dans la commémoration liturgique de sa famille est sans équivoque, il n’est pas exclusif : les donations de son frère Alphonse VI témoignent de la même préoccupation : L. Pick, Her Father’s Daughter…, p. 182-183.
  • [52]
    J. Williams, « León: The Iconography of the Capital », dans T. N. Bisson éd., Cultures of Power. Lordship, Status, and Process in Twelfth-Century Europe, Philadelphie, 1995, p. 231-258 ; R. Walker, « The Wall Paintings in the Panteón de los reyes at León : A Cycle of Intercession », The Art Bulletin, 82/2 (2000), p. 200–225 ; Ead., « Images… ». Sur la datation des différentes parties du panthéon, voir T. Martin, Queen as King…, p. 81-83. Pour cette dernière, si le portique et la structure est sont de l’infante (m. 1101, p. 62-95), les fresques auraient été commandées par la reine Urraca (1109-1126), sa nièce et fille d’Alphonse VI (p. 135-152). Ces fresques sont généralement datées autour de 1100 par les historiens de l’art. Pour T. Martin, certains choix iconographiques reflèteraient toutefois une stratégie de légitimation de la reine Urraca, ce qui permettrait de dater leur réalisation comme postérieure à 1109. Peu convaincue par l’argumentation qui ne repose que sur l’interprétation du programme iconographique (la représentation de saint Georges, d’Éloi de Noyon et de Grégoire le Grand), nous privilégions pour notre part la datation sous l’infante  Urraca proposée par J. Williams et R. Walker sur la base de comparaisons stylistiques (travaux cités ci-dessus). Nous ne suivons pas non plus l’idée de T. Martin, selon laquelle la fonction funéraire et liturgique du panthéon serait largement postérieure au xiie s., voir discussion dans : R. Walker, « Martin, Therese. Queen and King: Politics and Architectural Propaganda in Twelfth-Century Spain. The Medieval and Early Modern Iberian World. Leyde and Boston: Brill, 2006. Pp. viii, 398. ISBN : 90-04-15297-0, ISBN-13 : 978-90-04-15297-7. », The Medieval Review, 2007, [en ligne : http://hdl.handle.net/2027/spo.baj9928.0705.029].
  • [53]
    J. Williams, « León… », p. 254.
  • [54]
    Discussion des raisons de cette nouvelle floraison et de son lien avec les cisterciens dans : P. K. Klein, « La fonction et la popularité des Beatus, ou Umberto Eco et les risques du dilettantisme historique », dans M. Grau, O. Poisson éd., Études Roussillonnaises offertes à Pierre Ponsich. Mélanges d’archéologie, d’histoire et d’histoire de l’art du Roussillon et de la Cerdagne, Perpignan, 1987, p. 313-327 ; Id., « Im Spannungsfeld… ».
  • [55]
    On ne sait rien du lieu d’utilisation du Beatus dit de Navarre (Paris, BnF, n.a.l. 1366), ni des Beatus de Manchester (John Rylands Library, lat. 8) et de Cardeña (Madrid, Museo Arqueológico Nacional, 2 ; New York, Metropolitan Museum of Art (15 f°) ; Madrid, Coll. Francisco de Zalbálburu), bien que leur proximité avec le Beatus d’Arroyo ait laissé envisager qu’ils aient également fait partie du mouvement de copie à destination des établissements cisterciens.
  • [56]
    Poblet est fondé en 1151 ; San Clemente, fondé en 1100, est rattaché à Citeaux en 1175 ; Alcobaça, fondé en 1148, voit sa construction débuter en 1178 ; Arroyo est fondé en 1181 ; Las Huelgas en 1187 ; aucune fondation n’est réalisée jusqu’en 1210-1220 où six nouveaux monastères sont érigés. Seul Lorvão, monastère bénédictin masculin est rattaché à Cîteaux en 1206 et devient féminin à cette occasion.
  • [57]
    P. Martínez Sopena, « Fundaciones monásticas y nobleza en los reinos de Castilla y León en la época románica », dans J. A. García de Cortázar éd., Monasterios románicos y producción artística, Santa María la Real, 2003, p. 35-62 ; G. Baury, Les Religieuses de Castille. Patronage aristocratique et ordre cistercien (xiie-xiiisiècles), Rennes, 2012.
  • [58]
    G. Baury, Les Religieuses de Castille…, p. 77-79.
  • [59]
    Ibid. Sur les bibliothèques et scriptoria cisterciens, voir A. Suárez González, « Cistercian Scriptoria in the Twelfth and Thirteenth Centuries: A Starting Point », dans J. D’Emilioı éd., Culture and Society in Medieval Galicia: A Cultural Crossroads at the Edge of Europe, Leyde, 2015, p. 765-811.
  • [60]
    Lisboa, Biblioteca Nacional, Alcobaça 232 (xiie s.), cité dans A. Miguélez Cavero, M. João Melo, M. A. Miranda, R. Castro, C. Casanova, « Beatus Manuscripts Under the Microscope: the Alcobaça Beatus and the Iberian Cistercian Tradition Revisited », Journal of Medieval Iberian Studies, 8/2 (2016), p. 217-251 (p. 241).
  • [61]
    D’après le témoignage d’Ambrosio de Morales, Viage de Ambrosio de Morales por orden del Rey Phelipe II a los Reynos de León, y Galicia, y Principado de Asturias. Para reconocer las Reliquias de Santos, Sepulcros Reales, y Libros manuscritos de las Cathedrales y Monasterios, Madrid, 1765, p. 41 et 170, cité ibid.
  • [62]
    G. Baury évoque cette hypothèse pour les fragments d’un manuscrit en prégothique contenant des passages d’Ap 11-12 : G. Baury, « Une bibliothèque médiévale de moniales cisterciennes en Castille. Cañas et les membra disjecta de son missel », Cîteaux : Commentarii cistercienses, 61/2-4 (2010), p. 141-183 (p. 149-150).
  • [63]
    Le fragment de Mexico pourrait être le Beatus vu par Ambrosio de Morales à la Espina au xvie s. d’après J. Williams, « Imaginería apocalíptica en el románico tardío español », Actas del Simposio internacional sobre O Portico de Gloria e a Arte de seu tempo, Saint-Jacques-de-Compostelle, 1991, p. 371-374.
  • [64]
    P. M. Catédra, « Lectura femenina en el claustro (España, siglos xiv-xvi) », dans Des femmes et des livres. France et Espagne, xive-xviie siècle. Actes de la journée d’étude organisée par l’École nationale des chartes et l’École normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud (Paris, 30 avril 1998), Paris, 1999, p. 7-53.
  • [65]
    G. Baury, « Singuli in singulis libris legentes. Exégèse et lectio divina dans les cloîtres cisterciens ibériques, xiie-xve siècle », Mélanges de la Casa de Velázquez, 49/1 (2019), p. 85-106 (p. 90-91, 94-95).
  • [66]
    Il pourrait avoir été copié à San Clemente de Tolède : voir J. Williams, Visions of the End…, p. 135.
  • [67]
    Le Beatus d’Arroyo pourrait avoir été offert à l’occasion du mariage de Ferdinand III et Béatrice de Souabe, J. Williams, Visions of the End…, p. 140-141 ; le Beatus de Las Huelgas serait une commande de la reine Bérengère de Castille : D. Raizman, « Prayer, Patronage and Piety… ».
  • [68]
    Salamanca, Biblioteca de la Universidad, 2632, f. 193r : il s’agit d’une note inédite d’orientation ascético-pénitentielle composée d’extraits (dont Jérôme, Epistula XXII). Sur le manuscrit, voir O. Lilao Franca et C. Castrillo González éd., Catálogo de manuscritos de la Biblioteca Universitaria de Salamanca, Salamanque, 1997, vol. II, p. 997-999 ; Lisboa, Biblioteca Nacional, Alcobaça 232, f.°215-216 : ce Commentaire de Bérengaud du xiie siècle conservé à Alcobaça contient des extraits du Libellus responsionum de Grégoire leıGrand et des textes pénitentiels [http://id.bnportugal.gov.pt/bib/catbnp/1857882].
  • [69]
    Deux notes marginales en castillan marquent où commencer et poursuivre la lecture à matines et au réfectoire dans le Beatus de Lorvão sur Ap 1, 10-20 (f.°12, 17) ; dans le Beatus de las Huelgas, une glose du xviie s. indique une lecture au réfectoire. Dans le Beatus d’Alcobaça, deux notes en latin du xive s. font référence à la lecture du manuscrit pendant la liturgie des heures (ad horas, a diuino seruitio) : transcription A. Miguélez Cavero, M. João Melo, M. A. Miranda, R. Castro, C. Casanova, « Beatus manuscripts… », p. 242.
  • [70]
    D’après l’inventaire de 1331, l’abbaye détenait dans la bibliothèque du réfectoire « un libro que dizen Apocalipsi » et « el libro de Joachín » : P. M. Catédra, « Lectura femenina… », § 21.
  • [71]
    A. Ivorra, Liturgia hispano-mozárabe…, p. 182, 207.
  • [72]
    M. Lauwers, La Mémoire des ancêtres…, p. 426, 430-431. Voir aussi E. Jordan, « Gender Concerns : Monks, Nuns, and Patronage of the Cistercian Order in Thirteenth-Century Flanders and Hainaut », Speculum, 87 (2012), p. 62-95.
  • [73]
    G. Baury, Les Religieuses de Castille, p. 75-84.
  • [74]
    Ibid., p. 75-79. Les comtesses de Hainaut, Jeanne et Marguerite, privilégient également les cisterciennes lorsqu’il s’agit de faire leur salut et celui de leurs proches : E. L. Jordan, Women, Power, and Religious Patronage in the Middle Ages, New York, 2006, p. 91-92, 100-102.
  • [75]
    « Quesumus dne ut in uita sua piissima illa dna largissima deo et hominibus a presentibus tribulacionibus saluetur. Et a futuris eripiatur. Et in die magni iudicii audire mereatur. Veni filia dilecta mea sede a dexteram dei patris cum scis et electis et orate pro animabus predecessorum suorum. […] Et pro defunctis dicatur. Oratio. Deus cui proprium est misereri semper et parcere propricia re animabus famulorum famularumque tuarum et omnia eorum peccata dimitte : ut mortis uinculis absolute transire mereantur ad uitam » (New York, Pierpont Morgan Library, 429, f. 184, colophon édité et traduit par E. Buchanan, cité dans D. Raizman, « Prayer, Patronage and Piety… », p. 242-243).
  • [76]
    Ces livres conservés dans le trésor et utilisés avec parcimonie dans la liturgie relèvent de fait d’une « fonction mémoriale », opposée à la fonction « utilitaire » des livres utilisés pour le culte, selon É. Palazzo, « Le livre… », p. 116-117.
Français

Les manuscrits enluminés du Commentaire sur l’Apocalypse de Beatus de Liébana (fin du viiie siècle) constituent un incontournable des bibliothèques monastiques de la péninsule Ibérique au Moyen Âge central. À l’origine destinés à la méditation des moines, les Beatus se sont vraisemblablement enrichis à partir du xie siècle d’une fonction funéraire et liturgique (Otto Werckmeister). Majoritairement anonymes, et sans indices certains sur les monastères dans lesquels ils ont été utilisés, ils ont été inconsciemment rattachés à des milieux masculins. Therese Martin et John Williams ont néanmoins récemment rappelé que les indices du rôle et de la place des femmes dans la commande et l’usage des Beatus existent. Le rôle particulier des femmes dans la préservation de la memoria liturgique au Moyen Âge étant bien connu, cet article s’efforce de préciser les liens entre les fonctions liturgiques et funéraires de certains Beatus et le rôle des femmes dans la préservation de la memoria.

  • femmes
  • Apocalypse
  • liturgie
  • Beatus de Liébana
  • memoria

Mots-clés éditeurs : Apocalypse, Beatus de Liébana, femmes, liturgie, memoria


English

Women and LiturgicalMemoria in Medieval Iberia (tenth-thirteenth century). An Approach from the Beatus

The illuminated manuscripts of the Commentary on the Apocalypse by Beatus of Liébana (late eighth century) are one of the essential books of the monastic libraries of the Iberian Peninsula in the central Middle Ages. Originally intended for monastic meditation, the Beatus were probably enriched from the eleventh century with a funeral and liturgical function (Otto Werckmeister). Mostly anonymous, without certain clues as to the monasteries in which they were used, they were nonetheless unconsciously attached to male circles. Therese Martin and John Williams, however, recently recalled that there are evidences of the role and place of women in the commissioning and use of the Beatus. The particular role of women in the preservation of the liturgical memoria in the Middle Ages is well known; this article therefore intends to precise the links between the funeral and liturgical function of some Beatus and the role of women in the preservation of the memoria.

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  • Apocalypse
  • Beatus de Liébana
  • memoria

Mots-clés éditeurs : Apocalypse, Beatus de Liébana, liturgy, memoria, women


Date de mise en ligne : 08/11/2021

https://doi.org/10.4000/medievales.11478

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