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Article de revue

Ressources naturelles et géographie : le cas de Barthélemy l'Anglais

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Citer cet article


  • Bouloux, N.
(2007). Ressources naturelles et géographie : le cas de Barthélemy l'Anglais. Médiévales, 53(2), 2-2. https://doi.org/10.4000/medievales.3193.

  • Bouloux, Nathalie.
« Ressources naturelles et géographie : le cas de Barthélemy l'Anglais ». Médiévales, 2007/2 n° 53, 2007. p.2-2. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-medievales-2007-2-page-2?lang=fr.

  • BOULOUX, Nathalie,
2007. Ressources naturelles et géographie : le cas de Barthélemy l'Anglais. Médiévales, 2007/2 n° 53, p.2-2. DOI : 10.4000/medievales.3193. URL : https://shs.cairn.info/revue-medievales-2007-2-page-2?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/medievales.3193


Notes

  • [1]
      T. Grégory, « La nouvelle idée de nature et de savoir scientifique au xiie siècle » dans J. E. Murdoch et E. Dudley Sylla éd., The Cultural context of Medieval learning, Boston, 1975, p. 193-212.
  • [2]
      Dans le De viis maris, découvert et édité par P. Gautier Dalché, on lit : « Et prope illos est quedam insula qui dicitur Lunpri (...) Est notandum quod in illis tribus montibus ardentibus inuenitur copia sulphuris et copia de alun albo et rubeo. Et in eo sunt balnea naturaliter calida et homines habitant ad pedem montis », Du Yorkshire à l’Inde. Une « géographie » urbaine et maritime de la fin du xiie siècle (Roger de Howden), Genève, 2005, p. 212. Il s’agit de l’alun des îles Vulcano, mentionné dans les sources commerciales. D’autres mentions de « ressources naturelles », considérées souvent en tant que denrées commerciales, sont signalées. Voir les remarques de l’éditeur, p. 128-129.
  • [3]
      Traduction et commentaire par L. Battaglia Ricci, dans O. Redon, Les langues de l’Italie médiévale, Turnhout, 2002, p. 159-163. On pourrait multiplier les exemples.
  • [4]
      D. Birkholz, The King’s Two Maps. Cartography and Culture in Thirteenth-Century England, Londres, 2004, p. 123-134. L’auteur y date la carte de la fin du xiiie siècle alors qu’elle est traditionnellement datée de peu avant 1360.
  • [5]
      Parmi lesquelles : P. Michaud-Quantin, « Les petites encyclopédies », dans La pensée encyclopédique au Moyen Âge, Neufchatel, 1966, p. 109-113 ; M. Seymour éd., Bartholomaeus Anglicus and his Encyclopedia, Londres, 1992 ; H. Meyer, Die Enßyklopädie des Bartholomäus Anglicus. Untersuchungen zur Überlieferungs-und Rezeptionsgeschichte von « De Proprietatibus rerum », Munich, 2000. On ne dispose actuellement que de l’édition de 1601 (Bartholomaei Anglici de genuinis rerum coelestium, terrestrium et inferarum Proprietatibus. Libri XVIIII, Francfort : Wolfgang Richter, 1601 (réimpr., Francfort, 1696). Une édition complète est actuellement en cours, par une équipe coordonnée par Baudouin Van den Abeele et Heinz Meyer, présentée dans B. Van den Abeele et H. Meyer éd., Bartholomaeus Anglicus, De proprietatibus rerum. Texte latin et réception vernaculaire, Turnhout, 2005.
  • [6]
      Je reprends ici des données bien connues. Après 1250, les données ne sont plus sûres, cf. B. Van den Abeele, H. Meyer et B. Ribémont, « Éditer l’encyclopédie de Barthélemy l’Anglais : vers une édition bilingue du De proprietatibus rerum », Cahiers de Recherches Médiévales (xiiie-xve s.), 6, 1999, p. 7-18.
  • [7]
      Les trois premiers livres sont consacrés aux êtres immatériels, Dieu (L. 1), les anges (L. 2), l’âme humaine (L. 3), puis les livres 4 à 7 traitent du corps de l’homme. À partir du livre 8 s’ouvre l’étude de l’univers et des astres (L. 8), du temps (L. 9), puis suivent les parties consacrées aux quatre éléments, présentation de la théorie aristotélicienne et étude de l’élément feu (L. 10), phénomènes de l’air et temps qu’il fait (L. 11), les animaux qui vivent dans l’air (L. 12), l’eau et les poissons (L. 13), l’élément terre (L. 14), les régions de la terre (L. 15), les pierres et les métaux (L. 16), les végétaux (L. 17), les animaux (L. 18). Le livre 19 traite des « accidents » connus à travers les couleurs, odeurs, et saveurs.
  • [8]
      Sur la réception de l’ouvrage, voir H. Meyer, op. cit. (n. 1).
  • [9]
      Une traduction en anglo-normand a été réalisée très tôt, entre 1260 et 1275 et vient d’être récemment éditée : Barthélemy l’Anglais, Le livre des régions, A. Brent Pitts éd., Londres, 2006.
  • [10]
     Voir à ce sujet l’article fondamental de L. Sturlese, « Florilegi ed enciclopedie in Germania nella prima metà del Duecento. Gli scritti di Arnoldo di Sassonia e di Bartolomeo l’Inglese e la diffusione della scienza araba e aristotelica nella cultura tedesca », Giornale critico della filosofia italiana, 69, 1990, en particulier p. 310-316. H. Meyer a également remarqué que 25 % des animaux, environ 30 % des plantes et plus de 50 % des pierres et des minéraux ne se trouvent pas dans la Bible, H. Meyer, « Die Zielsetzung des Bartholomaus Anglicus in “De proprietatibus rerum” », B. K. Wollmann éd., Geistliche Aspekte mittelalterlicher Naturlehre, Wiesbaden, 1993, p. 91.
  • [11]
     On notera à ce propos que l’interprétation allégorique et morale des données encyclopédiques est fournie dans un système d’annotations marginales, dont une partie est de Barthélemy l’Anglais lui-même (voir H. Meyer, Die Enzylopädie, op. cit., p. 281-295). Elles sont absentes de l’édition de Francfort de 1601.
  • [12]
     On peut en juger en lisant la notice sur le bois, éditée dans B. Van den Abeele et H. Meyer, dans Bartholomaeus Anglicus, op. cit. (n. 1), p. 27-28.
  • [13]
     Voir B. Prévot, « Terre et eau dans le Liber de proprietatibus rerum : des éléments pour quelle géographie ? », dans Bartholomaeus Anglicus..., op. cit., p. 185-202. Ce constat n’est pas contradictoire avec ce qui est dit supra sur la présence d’éléments du réel non mentionnés dans la Bible. Il faut plutôt le voir comme un caractère de ces deux livres, moins ouverts sur les données extérieures à la Bible. Ce n’est pas le cas, comme nous le verrons, dans le livre 15.
  • [14]
     « Corpus autem infimum et extremum est ipsa terra respectu coeli. De cuius proprietatibus communibus aliqua sunt huic opusculo inserenda, et hoc quo ad eius substantiam, qualitatem et contentum siue ornatum. Continet autem in se interius pro ornatu omnia meteorica et mineralia sicut lapides et metalla ; exterius vero sensibilia, sicut bestias et iumenta et vegetabilia, ut herbas, plantulas et arbusta », éd. cit., p. 588. Dans le chapitre 1 consacré à l’élément terre, Barthélemy emploie l’expression de « mater omnium », ibid. XIV, ca 1, p. 589.
  • [15]
     « Item montes sunt metallorum nobilium contentiui. A profundis enim montium venis metalla nobilia extrahuntur. Item montes sunt fructuum et aromatum productiui, propter puritatem enim aeris in summitatibus, montium dominantis, puriores fructus et dulciores in montibus nascuntur, quam in vallibus, licet pauciores », ibid., L. XIV, chap. 2, p. 594-595. Plus loin, Barthélemy insiste à nouveau sur la fertilité des montagnes par opposition aux vallées. Voir sur la conception de la montagne dans la géographie du Moyen Âge, P. Gautier Dalché, « La montagne dans la description “géographique” au Moyen Âge » dans Cl. Thomasset et D. James-Raoul éd., La montagne dans le texte médiéval. Entre mythe et réalité, Paris, 2000, p. 99-121, en particulier sur le traitement de la montagne par Barthélemy, p. 109-110.
  • [16]
     Par ex. : « Item ex humorum abundantia carices et gramina in vallibus maxime nutriuntur, salices et aliae infructuosae arbores in vallibus plus quam in montibus crescere dignoscuntur » (éd. cit., p. 618).
  • [17]
     « In locis autem mineralibus ubi effodiuntur lapides et metalla potissime sunt speluncae quae quidem ratione extractionis lapidem seu metallorum remanent vacuae », ibid., p. 622.
  • [18]
     En particulier M. Ester Herrera, « La historia del “Diamante” desde Plinio a Bartolomé el Inglés », p. 143-163 avec édition des passages des auteurs étudiés, dans Comprendre et maîtriser la nature au Moyen Âge. Mélanges d’histoire des sciences offerts à Guy Beaujouan, Genève, 1994, p. 139-153.
  • [19]
     Une femme qui porte un diamant se réconcilie plus facilement avec son mari ; si un homme veut tester la fidélité de sa femme, il met la pierre sous la tête de celle-ci lorsqu’elle dort : si elle est fidèle, elle l’embrasse dans son sommeil, dans le cas contraire, elle tombe du lit. La pierre, portée à la main gauche protège contre les ennemis, la folie, les querelles, les incubes, les fantômes, les mauvais rêves et le poison (éd. cit., L. 17, chap. 9, p. 723).
  • [20]
     Par exemple P. Michaud-Quantin, art. cit., p. 111-112.
  • [21]
    Cf. M. Seymour et alii éd., Bartholomaeus Anglicus and his Encyclopedia, Londres, 1992, p. 159.
  • [22]
    Id., p. 158.
  • [23]
     Notamment les régions d’Europe : De Franconia, de Francia, de Flandria, de Livonia, de Noruegia, de Hollanda, etc.
  • [24]
    De proprietatibus rerum éd. cit., De Flandria, L. 15, chap. 58, p. 654.
  • [25]
     Ainsi : « Dedan regio est in Aethiopia in occidentali plaga ut dicit Isidorus lib. 9 abundans in elephantibus et ebore et lignis ebeninis, ut dicit glo. Super Ezch. 17 », éd. cit., L. 15, chap. 49, p. 647.
  • [26]
     « Hispaniam etiam in multis commendat Plinius et maxime de metallis. Dicit enim : quod ferre tota abundat auro et argento, aere, ferro et stanno, et plumbo, tam albo quam nigro » (éd. cit., p.  665).
  • [27]
     Ainsi à propos de l’Italie : « Gignit gemmas, scilicet ligurium, gagatem, margaritas et corallum », éd. cit., p. 664, qui est une reprise d’Isidore, Étym., L. XIV, iv, 19.
  • [28]
     « Lapides et lapidicinas habet nobiles, et ad construenda aedificia singulares et potissime Parisiorum solum, quia in gypso siue vitro ab inculis vulgariter dicto plastro praexcellit. Nam terra est vitrea et perspicua virtute minerali in lapidem transmutata, qui lapis exustus et cum aqua temperatus, conuertitur in coementum : unde fiunt patietes et aedificia, testudines et multiplicia pauimenta et huiusmodi. Coementum positum in opere et plasmatum siue tritum, ad modum lapidis, iterum induratur et cum multas habeat Francia nobiles et famosas ciuitates, Parisiae inter omnes merito obtinent principatum » (éd. cit., L. 15, chap. 576, p. 653).
  • [29]
     « Est autem terra plana et frugifera in multis locis, multas habens arbores, non tamen multas sylvas, gaudet quibusdam locis palustribus in quibus effodiuntur glebe, quae syluarum supplent defectum, quo ad ignium incrementum, nam ex his calidis et siccis solet ignis fieri magis efficax, quam ex lignis, sed inutilior et vilior quo ad cinerem, gravior quo ad revolentiam et odorem » (ibid.., L. 15, chap. 59, p. 654).
  • [30]
     A. Grandsen, « Realistic observation in twelfth century England », Speculum, 1972, p. 29-51.
  • [31]
     E. Meyer éd., Alberti Magni De Vegetabilibus libri VII. Historiae naturalis pars XVII, Berlin, 1867, notamment les L. II et IV.
Français

Les ressources naturelles (métaux, pierres précieuses, produits du sol...) sont le plus souvent signalées ponctuellement dans les textes géographiques comme des singularités d’une région. À cet égard, le livre 15 du De proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais (vers 1240) qui décrit précisémement l’usage du plâtre à Paris ou de la tourbe en Flandres paraît original. Le De proprietatibus rerum, encyclopédie à visée pédagogique et utilitaire, repose sur un savoir fondamentalement livresque, sans souci d’actualisation des données. Le livre 15, consacré à la géographie, tranche par l’intérêt pour le détail concret dans la description des régions, sans pour autant transformer les méthodes de la géographie du xiiie siècle. Parmi les éléments qui permettent de décrire un lieu, les ressources naturelles, mentionnées à partir de la lecture de textes ou décrites avec précision constituent un recours plus fréquent.

  • géographie
  • ressources naturelles
  • Barthélemy l’Anglais
  • encyclopédie

Mots-clés éditeurs : Barthélemy l'Anglais, encyclopédie, géographie, ressources naturelles


English

Natural resources (metals, precious stones, products from the ground...) are most often punctually mentioned in geographical texts as peculiarities of one particular area. In that respect, book 15 of De proprietatibus rerum by Bartholomew the Englishman (around 1240), which precisely describes the use of plaster in Paris or of peat in Flanders, is original. De proprietatibus rerum, an encyclopaedia with an educational and utilitarian aim, is based on a fundamentally bookish knowledge, unconcerned about updating data. Book 15, which deals with geography, contrasts by the many concrete details it gives when describing different areas, although it doesn’t change the methods of thirteenth-century geography. Among the elements used to describe a place, natural resources are more often mentioned, either after text reading or precisely described.

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  • natural resources
  • Bartholomew the Englishman
  • encyclopedia

Mots-clés éditeurs : Bartholomew the Englishman, encyclopedia, geography, natural resources


Date de mise en ligne : 01/11/2010

https://doi.org/10.4000/medievales.3193

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