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‪Compétence artistique, réception et démocratisation‪

Pages 69 à 80

Citer cet article


  • Coavoux, S.
(2012). ‪Compétence artistique, réception et démocratisation‪ Marges, 15(2), 69-80. https://doi.org/10.4000/marges.355.

  • Coavoux, Samuel.
« ‪Compétence artistique, réception et démocratisation‪ ». Marges, 2012/2 n° 15, 2012. p.69-80. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-marges-2012-2-page-69?lang=fr.

  • COAVOUX, Samuel,
2012. ‪Compétence artistique, réception et démocratisation‪ Marges, 2012/2 n° 15, p.69-80. DOI : 10.4000/marges.355. URL : https://shs.cairn.info/revue-marges-2012-2-page-69?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/marges.355


Notes

  • [2]
    C’est ce que confirme la lecture de la bibliographie compilée par Sylvie Octobre, largement composée de littérature grise produite pour des institutions publiques. Sylvie Octobre, « Bibliographie. Pratiques culturelles et publics de la culture », dans Olivier Donnat et Sylvie Octobre (sld), Les Publics des équipements culturels. Méthodes et résultats d’enquêtes, Paris, Ministère de la Culture et de la Communication, 2001, p. 214-252.
  • [3]
    Pierre Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979.
  • [4]
    Olivier Donnat, Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique. Enquête 2008, Paris, La Découverte, 2009.
  • [5]
    ibid., p. 187.
  • [6]
    « Ne sont jamais exclus ici que ceux qui s’excluent » (Pierre Bourdieu et Alain Darbel, L’Amour de l’art. Les musées d’art européens et leur public, Paris, Minuit, 1966, p. 69).
  • [7]
    Frédéric Poulard, Conservateurs de musées et politiques culturelles. L’impulsion territoriale, Paris, La documentation française, 2010.
  • [8]
    Claude Fourteau, « La gratuité au bois dormant… Cinq ans de gratuité du dimanche au Louvre », dans Olivier Donnat et Sylvie Octobre (sld), op. cit., p. 147-168.
  • [9]
    Voir Nathalie Heinich, « Des chercheurs aux décideurs : une interaction problématique », dans Claude Fourteau (sld), Les institutions culturelles au plus près du public, Paris, Musée du Louvre, La Documentation Française, 2002, p. 158-159.
  • [10]
    Olivier Donnat, « La Stratification sociale des pratiques culturelles et son évolution. 1973-1997 », Revue Française de Sociologie, 40, n°  1, 1999, p. 114.
  • [11]
    Pierre Mercklé et Sylvie Octobre, « La stratification sociale des pratiques numériques des adolescents », Reset, n°  1, 2012.
  • [12]
    Michel Gollac et Francis Kramarz, « L’informatique comme pratique et comme croyance », Actes de la recherche en sciences sociales, n°  134, 2000, p. 4-21.
  • [13]
    Laurence Le Douarin, « Hommes, femmes et micro-ordinateur : une idéologie des compétences », Réseaux, n°  123, 2004, p. 149-174.
  • [14]
    ‪Eszter Hargittai, « Second-Level Digital Divide : Differences in People’s Online Skills », ‪‪First Monday‪‪,‪‪ vol. ‪‪7, n°  4, 2002.‪
  • [15]
    Richard A. Peterson, « Le Passage à des goûts omnivores : notions, faits et perspectives », Sociologie et sociétés, vol. 36, n°  1, 2004, p. 145-164 ; John Fiske, « The Cultural Economy of Fandom », dans Lisa Lewis (sld), The Adoring Audience. Fan Culture and Popular Media, Londres, Routledge, 1992, p. 30-49 ; Bernard Lahire, La Culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi, Paris, La Découverte, 2004.
  • [16]
    Samuel Coavoux, « L’Espace social des pratiques de World of Warcraft », dans Hovig Ter Minassian et Samuel Rufat (sld), Les Jeux vidéo comme objet de recherche, Paris, Questions Théoriques, 2010, p. 253-280.
  • [17]
    Jean Caune, La Démocratisation culturelle. Une médiation à bout de souffle, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 2006, p. 15.
  • [18]
    Stuart Hall, « CodageDécodage », Réseaux, 12, n°  68, 1994, p. 27-39.
  • [19]
    Martin Barker, « On Being Ambitious for Audience Research », dans Isabelle Charpentier (sld), Comment sont reçues les œuvres. Actualités des recherches en sociologie de la réception et des publics, Paris, Creaphis, 2006, p. 27-42.
  • [20]
    Richard Hoggart, La Culture du pauvre. Essai sur le style de vie des classes populaires en Angleterre, Paris, Minuit, 1970 ; Ien Ang, Watching Dallas. ‪Soap Opera and the Melodramatic Imagination‪‪, trad. Della Couling, Londres, New York, Methuen, 1985.‪
  • [21]
    Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, Paris, Gallimard, 1972 ; Michel de Certeau, L’Invention du quotidien. 1. Arts de faire, Paris, Gallimard, 1990.
  • [22]
    Cf. par exemple Isabelle Charpentier, op. cit. ; Brigitte Le Grignou, Du côté du public. Usages et réception de la télévision, Paris, Economica, 2003.
  • [23]
    La musique classique et l’opéra d’une part (Antoine Hennion, La Passion musicale. Une sociologie de la médiation, Paris, Métailié, 1993 ; Emmanuel Pedler, Entendre l’opéra. Une sociologie du théâtre lyrique, Paris, L’Harmattan, 2003), le jazz d’autre part (Wenceslas Lizé, « La Réception de la musique comme activité collective. Enquête ethnographique auprès des jazzophiles de premier rang », dans Anthony Pecqueux et Olivier Roueff (sld), Écologie sociale de l’oreille. Enquêtes sur l’expérience musicale, Paris, Éditions de l’EHESS, 2009, p. 49-83).
  • [24]
    Jean-Claude Passeron, « L’usage faible des images », dans Le Raisonnement sociologique. Un espace non-popperien de l’argumentation, Paris, Albin Michel, 2006, p. 399-442.
  • [25]
    Antoine Hennion, « Réflexivités. L’activité de l’amateur », Réseaux, vol. 153, n°  1, 2009, p. 55-78.
  • [26]
    Jean-Claude Passeron et Emmanuel Pedler, Le Temps donné aux tableaux, Marseille, IMREC, 1991 ; Jean-Claude Passeron et Emmanuel Pedler, « Le temps donné au regard. Enquête sur la réception de la peinture », Protée, vol. 27, n°  2, 1999, p. 93-116.
  • [27]
    Roger Chartier, « Du livre au lire », dans Roger Chartier (sld), Pratiques de la lecture, Marseille, Rivage, 1985.
  • [28]
    Wenceslas Lizé, op. cit. Cette critique peut être prolongée, comme le fait Dominique Boullier, par une invitation à décentrer le regard du sociologue de la réception du seul instant de la confrontation au produit culturel. La réception de la télévision ne se fait pas uniquement devant la télévision, mais aussi dans les conversations qu’elle provoque. Dominique Boullier, « La fabrique de l’opinion publique dans les conversations télé », Réseaux, n°  126, 2004, p. 57-87.
  • [29]
    Jean-Claude Passeron et Claude Grignon, Le Savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Gallimard, Le Seuil, 1989.
  • [30]
    Voir David Bloor et François Briatte, « Entretien avec David Bloor », Tracés, n°  12, 2007, p. 215-228.
  • [31]
    Pour une synthèse sur les mécanismes d’attribution de la confiance, voir Steven Shapin, A Social History of Truth. ‪Civility and Science in Seventeenth Century England‪‪, Chicago, University of Chicago Press, 1994, notamment chap. 1.‪
  • [32]
    Pour une approche qui ne tombe pas sous le coup de cette critique, voir Annie Collovald et Erik Neveu, Lire le noir : enquête sur les lecteurs de récits policiers, Paris, Bibliothèque Publique d’Information – Centre Pompidou, 2004.
  • [33]
    On pense ici à Pierre Bourdieu, « Disposition esthétique et compétence artistique », Les Temps Modernes, vol. 27, n°  295, 1971, p. 1345-1378 ; Pierre Bourdieu, « Éléments d’une théorie sociologique de la perception artistique », Revue internationale des sciences sociales, vol. XX, n°  4, 1968, p. 639-664.
  • [34]
    Pierre Bourdieu, « Éléments d’une théorie sociologique de la perception artistique », op. cit., p. 639.
  • [35]
    ibid., p. 649.
  • [36]
    Michael Baxandall, L’Œil du quattrocento, Paris, Gallimard, 1985.
  • [37]
    Pierre Bourdieu et Yvette Delsaut, « Pour une sociologie de la perception », Actes de la recherche en sciences sociales, 40, n°  1, 1981, p. 3-9.
  • [38]
    Pierre Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, op. cit.
  • [39]
    Pierre Bourdieu, « Éléments d’une théorie sociologique de la perception artistique », op. cit., p. 647.
  • [40]
    ibid., souligné dans l’original.
  • [41]
    Philippe Coulangeon attire d’ailleurs l’attention sur le fait que ce lien est équivoque : il peut être interprété comme un lien de causalité (l’éducation accroît la compétence artistique) ou comme un lien de co-occurrence (niveau de diplôme et compétence artistique sont des effets d’une même cause, le capital culturel familial), et l’auteur montre d’ailleurs que ces deux explications se complètent. Philippe Coulangeon, « Quel est le rôle de l’école dans la démocratisation de l’accès aux équipements culturels ? », dans Olivier Donnat et Paul Tolila (sld), Le(s) Public(s) de la culture, Paris, Presses de Sciences Po, 2003, p. 245-265.
  • [42]
    Cf. en particulier Bernard Lahire, L’Homme pluriel : les ressorts de l’action, Paris, Nathan, 1998.
  • [43]
    Pierre Bourdieu, « Éléments d’une théorie sociologique de la perception artistique », op. cit., p. 642.
  • [44]
    Jean-Claude Passeron et Emmanuel Pedler, « Le temps donné au regard. Enquête sur la réception de la peinture », op. cit.
  • [45]
    Ludwig Wittgenstein, Leçons et conversations sur l’esthétique, la psychologie et la croyance religieuse, Paris, Gallimard, 1992.
  • [46]
    Georg Simmel, Rembrandt, Paris, Circé, 1994, p. 7.
  • [47]
    Dominique Schnapper, « Le Musée et l’école », Revue française de sociologie, vol. 15, n°  1, 1974, p. 113-126.
  • [48]
    Anne Lambert, La Réception de la peinture dans les classes supérieures. Enquête sociologique, Mémoire de master 1, Université Lumière – Lyon II, 2004.
  • [49]
    Terme que l’on emprunte à Daniel Gaxie, « Cognitions, auto-habilitation et pouvoirs des “citoyens” », Revue française de sciences politiques, vol. 57, n° 6, 2007, p. 737-757.
Français

Cet article soutient que nulle approche de la démocratisation artistique n’est possible sans une théorie de la réception, dans la mesure où les inégalités culturelles sont présentes autant dans les modalités du rapport à l’œuvre que dans la fréquence de la participation culturelle. Cependant, dans la mesure où elles privilégient l’interprétation et ignorent les effets de légitimité, les approches traditionnelles de la réception s’avèrent d’une efficacité limitée pour penser la démocratisation. Le modèle de la compétence artistique proposé par Pierre Bourdieu permet paradoxalement de dépasser ces limites, à condition d’être amendé.


English

Artistic Competence, Reception and Democratization

‪I argue that no approach of a democratization of art is possible without a theory of reception, since cultural inequalities are not only inscribed in differences in participation in the arts, but also in the various relations to art. However, since they emphasize interpretation over appropriation and ignore legitimacy issues, the traditional perspectives on reception soon reach their limits in thinking democratization. The artistic skill model Pierre Bourdieu proposed seems quite paradoxically able, if amended, to better contribute to our views on democratization. ‪


Date de mise en ligne : 01/02/2016

https://doi.org/10.4000/marges.355

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