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Article de revue

Douzième Congrès européen pour la catéchèse, Rome, 7-10 mai 2012

Pages 335 à 339

Citer cet article


  • Van den Bossche, S.
(2012). Douzième Congrès européen pour la catéchèse, Rome, 7-10 mai 2012. Lumen Vitae, LXVII(3), 335-339. https://doi.org/10.3917/lv.673.0335.

  • Van den Bossche, Stijn.
« Douzième Congrès européen pour la catéchèse, Rome, 7-10 mai 2012 ». Lumen Vitae, 2012/3 Volume LXVII, 2012. p.335-339. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-lumen-vitae-2012-3-page-335?lang=fr.

  • VAN DEN BOSSCHE, Stijn,
2012. Douzième Congrès européen pour la catéchèse, Rome, 7-10 mai 2012. Lumen Vitae, 2012/3 Volume LXVII, p.335-339. DOI : 10.3917/lv.673.0335. URL : https://shs.cairn.info/revue-lumen-vitae-2012-3-page-335?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lv.673.0335


Notes

  • [1]
    Pour raisons économiques, les prochaines rencontres se tiendront tous les cinq ans.

De quoi s’agit-il ?

1Du 7 au 10 mai 2012 a eu lieu à Rome le 12e Congrès européen pour la catéchèse. Il s’agit d’un congrès jusqu’ici trisannuel [1], organisé par la section « catéchèse » du Conseil des Conférences d’Évêques d’Europe (CCEE). À ce congrès participent en premier lieu les évêques européens qui sont dans leurs conférences respectives responsables pour la catéchèse : en 2012, 27 conférences d’évêques de l’Europe occidentale et orientale étaient représentées.

2Sont aussi invités quelques experts selon le thème choisi, et les collaborateurs nationaux ou régionaux pour la catéchèse des évêques, dont moi-même pour la Belgique néerlandophone. Ce sont ces collaborateurs qui préparent un programme, selon un thème sélectionné en rencontre plénière de la CCEE.

3Il s’agit donc d’un congrès à caractère plutôt ecclésial qu’académique. Il fonctionne comme lieu d’information, mais aussi de rencontre et d’échange entre évêques. Mais ce genre d’événement fonctionne aussi comme un lieu où les évêques et leurs collaborateurs pour la catéchèse – qui, entre eux, se rencontrent plus régulièrement – échangent plus largement et peuvent mieux se communiquer souhaits, difficultés, espérances et peines que chacun rencontre dans son travail : les évêques en gérant l’ensemble de toute la pastorale et y intégrant la catéchèse, les collaborateurs en promouvant la catéchèse et l’initiation dans la vie pastorale de l’église.

Le thème

4Le thème s’inscrivait cette fois-ci dans la dynamique de l’église universelle en ce moment : en pleine préparation du Synode sur « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », de l’année de la foi, du 50e anniversaire du Concile de Vatican II, et célébrant le 20e anniversaire du Catéchisme de l’Église Catholique. Dans cette multiple perspective, les évêques européens avaient sélectionné comme thème l’initiation pour ainsi dire traditionnelle des enfants et des jeunes, après le baptême de nourrissons, avec comme étapes importantes les sacrements de la première communion et de la confirmation. Tout ceci avait été formulé dans un titre qui faisait un paragraphe en lui-même : « L’initiation chrétienne dans la perspective de la nouvelle évangélisation – avec une attention spécifique pour les enfants et les jeunes de 7 à 16 ans ».

5Après plusieurs réflexions dans des congrès précédents sur des nouvelles situations pastorales pour la catéchèse, comme par exemple la première annonce et le catéchuménat, l’accent semblait donc replacé cette fois-ci sur le parcours plus traditionnel qui intègre l’initiation à la foi dans l’éducation de l’enfant et du jeune. Mais en amont de ce congrès et dans les conclusions de celui-ci, il est apparu bien clairement que le parcours traditionnel a lui aussi grandement besoin de … renouveau. Il s’agit justement de réorienter ce parcours selon l’approche de la nouvelle évangélisation.

6Nous voulons informer le lecteur que tous les textes des interventions sont ou seront à consulter sur le site du CCEE, dans la section de catéchèse (www.CCEE.ch). Ici donc, nous présentons toutes les interventions de façon résumée.

Le monde des enfants et des jeunes

7Le discours d’ouverture était prononcé par Mgr Nichols, archevêque de Westminster et président de la commission catéchèse – école – université de la CCEE. Il a rappelé le contexte ambiant en confirmant la parole d’Hugo Grotius : désormais, les jeunes vivent etsi Deus non daretur. Et : « C’est l’Europe qui a peut-être le plus besoin de la Nouvelle Évangelisation ».

8Son avertissement a été étayé par un rapport présenté par le père Luc Mellet, directeur national de la catéchèse en France. Le service national pour la catéchèse à Paris avait coordonné une modeste enquête menée par les responsables nationaux dans onze pays. Elle avait été établie sur base d’interviews auprès de 4 000 jeunes. L’enquête recherchait ce qui les avait aidé ou non sur le chemin de la foi. Voici quelques résultats présentés par L. Mellet.

  • L’importance continue de la famille est frappante, mais non seulement dans le contexte de la famille nucléaire. Il s’agit de support par les parents, mais on notera en outre que l’attitude des frères et des sœurs joue également un rôle. Les grands-parents et d’autres membres de famille ont une influence importante, avec clairement en tête les grand-mères. Le contenu de la foi est moins transmis que l’attitude et la pratique de la foi elle-même.
  • Cela n’étonne pas : l’influence d’amis, des pairs est majeure. De là l’importance d’initiatives dans la pastorale des jeunes (journées mondiales etc.). L’enquête le révèle, le « vivre ensemble » des jeunes chrétiens est stimulant. Le rôle de l’école diffère fortement selon le contexte et peut varier allant selon les lieux d’une aide jusqu’à être presque un obstacle. On a constaté la même chose pour la formation catéchétique hors de l’école.
  • Et puis sont favorables : une paroisse dynamique, un prêtre ou catéchiste sympathique… La liturgie est vécue de façon ambivalente : les jeunes y trouvent encouragement et support, mais la vivent en même temps parfois comme ennuyeuse et répétitive.
  • Hélas trop absente est l’éducation à la prière.

9Le père Mellet a conclu avec trois observations critiques : même des jeunes qui se considèrent croyants, vivent (trop) peu une relation au Christ, et encore moins à l’Église. En plus se pose la question de la cohérence organique de leur foi. Ils confessent des éléments de la foi chrétienne, mais non pas toujours une approche de cette foi en sa totalité, dans son unité.

10C’est l’évêque Aloïs Schwarz d’Autriche qui a continué l’exploration du contexte pastoral, et de l’initiation au pluriel en réponse à ce contexte, avec une conférence sur « La pluralité de l’initiation chrétienne comme proposition pastorale pour les jeunes aujourd’hui – L’importance des jeunes pour l’Église, peuple de Dieu ».

Le contexte de la nouvelle évangélisation

11Si le contexte des jeunes était au centre le premier jour, le deuxième jour c’était au tour de l’approche pastorale.

12Avec une attention particulière, les participants ont écouté Mgr Carré, archevêque de Montpellier et secrétaire spécial pour le synode sur la nouvelle évangélisation. Son intervention portait sur « L’initiation chrétienne dans la dynamique de la Nouvelle Évangélisation, à partir du n° 18 des Lineamenta ou de l’Instrumentum Laboris du Synode ».

13Ce numéro 18 des Lineamenta porte sur les questions qui entourent les sacrements d’initiation dans ladite transition que vit l’Église : le besoin de préparation des parents au baptême de leur petit enfant, le sacrement de confirmation et sa place au sein des sacrements d’initiation, notamment en relation avec la première communion eucharistique. Ce paragraphe des Lineamenta avait donc une importance particulière pour le thème du congrès.

14Mgr Carré a parcouru en grandes lignes les réponses à ce paragraphe arrivées des Églises locales. Il n’a pas caché l’étonnement que beaucoup auront en constatant que dans l’Instrumentum Laboris (publié après ce colloque) sur la confirmation, il serait mentionné que « la pratique des Églises catholiques orientales n’ait pas été reçue au moins comme une question ». Nous pouvions donc attendre sans doute une vive discussion sur ce thème de l’âge de la confirmation et de l’ordre des sacrements, au synode même. Car un tournant missionnaire dans la catéchèse qui, elle, doit plus qu’avant accompagner un processus d’initiation, requiert d’être accompagné d’un tournant missionnaire dans la gestion des trois sacrements par lesquels tout chrétien commençant est initié. Et justement ces trois sacrements, qui trouvaient une cohérence jadis pour l’éducation humaine et chrétienne manquent de cohérence aujourd’hui, car ils sont souvent « détachés d’un itinéraire global ».

L’initiation chrétienne aujourd’hui

15C’est alors cet itinéraire global et ecclésial, qu’ont essayé de décrire trois interventions portant davantage sur la pratique catéchétique : celle du professeur allemand Albert Biesinger sur « Catéchèse et célébration de la Messe de la première communion », la mienne sur « Catéchèse et célébration de la confirmation », et celle du rév. László Obbágy avec un regard d’orient : « Possibilité et opportunité de la catéchèse pour les catéchumènes dans l’horizon de l’année liturgique de l’Église Byzantine ».

16Le regard sur la pastorale d’initiation en Europe orientale a été complété par Mgr György Udvardy d’Hongrie, avec un exposé sur « L’initiation chrétienne en Hongrie et dans l’Europe centre-orientale ». Et le lendemain l’évêque espagnol Mgr Javier Salinas Viñals a pris pour guide le “Texte national sur l’orientation de la catéchèse” en France, pour sa conférence sur « L’initiation chrétienne dans la dynamique de la proposition de la foi (Pédagogie d’initiation – TNOC) », ce qui confirme l’impact de ce texte et de la dynamique de « proposer la foi » aussi hors la France.

17Entre-temps les participants s’étaient retrouvés aussi en groupes linguistiques, pour travailler ensemble et réagir suite aux différentes contributions. La matinée finale a permis d’entendre le fruit des travaux des divers sous-groupes linguistiques et d’écouter l’intervention d’un expert observateur du congrès, le professeur Luca Bressan de la Faculté Théologique de l’Italie Septentrionale de Milan. Le congrès a été terminé par une table ronde et des conclusions dues à Mgr Jozef Michalik, vice-président du CCEE.


Date de mise en ligne : 08/12/2019

https://doi.org/10.3917/lv.673.0335