Femmes Artistes Voyageuses. Musée de Pont-Aven
Page 155
Citer cet article
- HOFFMAN-BENZARIA, Caroline,
- Hoffman-Benzaria, Caroline.
- Hoffman-Benzaria, C.
https://doi.org/10.3917/lige.205.0155
Citer cet article
- Hoffman-Benzaria, C.
- Hoffman-Benzaria, Caroline.
- HOFFMAN-BENZARIA, Caroline,
https://doi.org/10.3917/lige.205.0155
1 Arielle Pélenc commissaire d’exposition est à l’origine de cette manifestation co-organisée avec le Palais Lumière d’Evian. Entre 1880 et 1944, les femmes artistes laissent des représentations de lieux et des portraits de gens qu’elles ont fréquentés de l’Afrique du Nord jusqu’à l’Indochine et même en Océanie. À ce titre, l’exposition coloniale de 1930 marque un chapitre dans le parcours géographique. L’État français se devait d’acquérir un quota d’œuvres d’artistes femmes dès la fin du XIXe siècle ; sorties des réserves, certaines ont nécessité des restaurations, d’autres sont présentées pour la première fois. L’histoire de ces femmes artistes qui œuvrent et voyagent à l’intérieur de l’espace colonial occidental européen éclairent les études post-coloniales, féministes et des Gender Studies. Certaines artistes sont plus prolixes que d’autres. Marcelle Ackein (1882-1952) peintre française compte parmi les plus importantes orientalistes de son temps. Ayant passée son enfance en Algérie, elle vient à Paris étudier. Elle vit au Maroc en 1914-19. Ses tableaux sont achetés par l’état. On lui doit le décor de la Cathédrale du Souvenir à Dakar. Témoignant d’une réalité ancestrale attachée au Magreb, elle modernise la peinture orientaliste. Si de nombreuses françaises partent en résidence à l’étranger en général grâce à des bourses, d’autres comme Jane Dieulafoy (1851-1916) femme photographe archéologue accompagne son époux archéologue aussi en déplacement et photographie les champs de fouilles en Perse tout en développant conjointement une œuvre littéraire. Pan Yullang (1899-1977) arrive de Chine en Europe en 1921 déjà formée à la peinture traditionnelle chinoise elle vient suivre des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon. Elle peint à l’huile notamment de nombreux nus, sujet réservé aux hommes, développant un style hybride. Sur un fond blanchâtre traité en applat abstrait, elle délimite seulement le contour synthétique du corps renouant avec la tradition esthétique de l’art chinois du trait à l’encre. Brillante enseignante, elle sera directrice du département de peinture occidentale à Shanghai Meizhuan de 1937 à 1942. De retour à Paris, Pan Yullang peindra alors à l’huile sans discontinuité. En France, Anna Quinquaud (1890-1984) fait également partie des artistes professionnelles qui font carrière. Sa mère avait été élève de Rodin. Anna Quinquaud entre à l’école des Beaux-Art de Paris et obtient le second Prix de Rome à l’Académie Médicis en sculpture en 1924. Elle sera faite chevalier de la légion d’honneur en 1932 puis est nommée en 1946 à l’Académie des Sciences de l’Outremer. Son style est celui de la ligne et de l’épure marqué par l’esthétique des années 30 et du design quand elle sculpte le bois. Elle a travaillé avec les faïenceries de Quimper. Son œuvre a été sauvée par le musée de Brest. Cette exposition explore un champs de l’art des femmes artistes encore relativement méconnu et montre des oeuvres attachées à des parcours de vie imprévisibles et pionniers.