Vincent Bioulès, le courage de la liberté (interview)
- Par Vincent Bioulès,
- Interview de Martine Salzmann
Pages 253 à 258
Citer cet article
- BIOULÈS, Vincent,
- Interview de SALZMANN, Martine,
- Bioulès, Vincent.,
- et al.
- Bioulès, V.,
- Interview de Salzmann, M.
https://doi.org/10.3917/lige.186.0253
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- Bioulès, V.,
- Interview de Salzmann, M.
- Bioulès, Vincent.,
- et al.
- BIOULÈS, Vincent,
- Interview de SALZMANN, Martine,
https://doi.org/10.3917/lige.186.0253
Notes
-
[1]
Les mots soulignés dans le texte le sont par Vincent Bioulès lui-même.
-
[2]
Dufy le savant, Vincent Bioulès, in Raoul Dufy, Paris, édition des musées nationaux, 1999, p. 14 et p. 19. Réédité dans Journal (1972-2018) - Dieu, les autres, les femmes, la peinture, la vie enfin…, éd. Méridianes, coll. Quadrant – série Textes – Montpellier, 2019, p. 243.
-
[3]
Dominique Bozo, directeur du musée national d’art moderne du Centre Georges Pompidou.
Vincent Bioulès m’a reçue dans son atelier de Montpellier. J’ai été saisie par la force des couleurs et la poésie des grands tableaux qui étaient là, pendant son travail. La trajectoire de Vincent Bioulès est remarquable. Jeune créateur du groupe Support-Surface, il accueille dans les années 60-70 le souffle de l’abstraction, l’agrandissement de l’espace, la liberté conceptuelle et l’immédiateté physique qui caractérisent le mouvement.
Mais sa personnalité n’est pas compatible avec le mimétisme formel. Il a des données complexes à gérer. Son époque bien sûr, mais aussi la modernité française, celle de Matisse et de Bonnard, venue s’installer sur la Côte d’Azur au début du XXe siècle pour y trouver la lumière. Cultivé, Vincent Bioulès est du sud, cela le concerne. L’articulation se fera par le travail. Il ne renonce à rien, ni à lui-même ni aux autres.
À cette époque une telle liberté coûte l’exclusion du champ culturel. Il s’enrichit des contradictions, avance dans ses travaux avec une figuration qui joue des codes et du langage. Il suit ses sentiments, affronte l’altérité du tableau, du modèle comme du motif, et constitue au fil des années une œuvre qui s’approprie, par l’approche analytique, les héritages modernes et classiques.
Vincent Bioulès a construit ainsi le maillon indispensable entre la modernité et l’époque contemporaine. Peu d’artistes ont osé s’y consacrer. Il a réussi cette aventure picturale en mettant la réalité au centre de l’action. Il n’a sacrifié à son évolution ni l’œuvre, ni l’humain, ni l’incertitude de la création…
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