Suprématisme et constructivisme dans l’Empire Russe et l’URSS
Pages 32 à 39
Citer cet article
- MARCADÉ, Jean-Claude,
- Marcadé, Jean-Claude.
- Marcadé, J.-C.
https://doi.org/10.3917/lige.157.0032
Citer cet article
- Marcadé, J.-C.
- Marcadé, Jean-Claude.
- MARCADÉ, Jean-Claude,
https://doi.org/10.3917/lige.157.0032
Notes
-
[1]
Cf. Jean-Claude Marcadé, L’avant-garde russe 1907-1927, Paris, Flammarion, 2007, p. 269 sqq.
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[2]
Gérard Conio, Constructivisme russe, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1987, t. I, p. 45-56, 247-256-264. Dans la préface de sa traduction de Kazimir Malévitch, Le Monde sans-objet, objet ou le repos éternel, CH-Gollion, Infolio, 2011, Gérard Conio fait, en revanche, un clair historique de l’opposition radicale entre le constructivisme soviétique, né en 1921-1922, et la pensée suprématiste du sans-objet comme repos éternel.
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[3]
Cf. « The Realistic Manifesto. Gabo’s Translation », in Gabo on Gabo. Texts and interviews (edited and translated by Martin Hammer and Christina Lodder), Forest Row, Artists. Bookworks, 2000, p. 28 : « […] These are the five fundamental principles of our work and our constructive technique ». Cette traduction, qui tendait à montrer la priorité du Manifeste réaliste dans la naissance du constructivisme a été reprise par la suite, en particulier dans les traductions françaises qui ont été faites à partir de cette traduction anglaise de Gabo et non à partir de l’original russe où l’on lit : « […] Tels sont les cinq principes irréfutables de la création de notre technique de la profondeur. » [« Manifeste réaliste, 1920 », in Antoine Pevsner, Catalogue raisonné de l’œuvre sculpté (par Élisabeth Lebon et Pierre Brullé), Paris, galerie-éditions Pierre Brullé, 2002, p. 25].
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[4]
Cf. Constructivism in Poland 1923-1936. Blok. Praesens.a.r., Lodz, Museum Sztuki, 1973.
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[5]
Antoine Baudin, « Avant-garde et constructivisme polonais entres les deux guerres : quelques points d’histoire », in W. Strzeminski-K. Kobro, L’Espace uniste. Écrits du constructivisme polonais (textes choisis, traduits et présentés par Antoine Baudin et Pierre-Maxime Jedryka), Lausanne, L’Âge d’Homme, 1977, p. 13.
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[6]
W. Strzeminski, « Notes sur l’art russe » (1922) in W. Strzeminski-K. Kobro, op.cit., p. 44 (trad. Antoine Baudin).
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[7]
Ibid., p. 50, 51.
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[8]
Ibid., p. 45, 50.
-
[9]
Cf. Andrzej Turowski, « L’art organisant la vie et ses fonctions… », in catalogue Présences polonaises. Witkiewicz. Constructivisme. Les contemporains (éd. Dominique Bozo, Ryszard Stanislawski), Paris, Centre Georges Pompidou, 1983, p. 140-145.
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[10]
Que l’on me pardonne de m’auto-citer, mais je rappelle mes articles sur cette question : « Quelques réflexions sur le Suprématisme/Some Remarks on Suprematism », in catalogue Suprématisme, Paris, Galerie Jean Chauvelin, 1977, p. 100-104 ; « Was ist Suprematismus ? /What is Suprematism ? » in catalogue Malewitsch, Cologne, Galerie Gmurzynska, 1978, p. 183-186 ; « Qu’est-ce que le Suprématisme ? » in K. Malévitch, Écrits IV. La lumière et la couleur, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1981, p. 8-13 ; « Le Suprématisme de K.S. Malevič ou l’art comme réalisation de vie », La Revue des Études Slaves, Paris, LVI/I, 1984, p. 61-77.
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[11]
Kazimir Malévitch, Le suprématisme, 34 dessins (1920) in Écrits, t. I, Paris, Allia, 2015, p. 253.
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[12]
Jean-Claude Marcadé, « Quelques réflexions sur le Suprématisme », op.cit., p. 100, 102.
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[13]
Jean-Claude Marcadé, L’avant-garde russe 1907-1927, op.cit., p. 239.
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[14]
Il n’est pas heureux que dans l’accrochage dont il est question la toile de Malévitch Croix, qui est en 1915 avec le Quadrangle (Galerie Trétiakov) et le Cercle (anciennes collections de Matiouchine, puis de Khardjiev, aujourd’hui collection privée) l’expression fondamentale du Suprématisme soit accrochée banalement comme une œuvre ordinaire dans un environnement qui, de plus, est inadéquat et chronologiquement et conceptuellement.
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[15]
Vladimir Tatline, “Iskousstvo v tekhnikou” [L’art qui va dans la technique], in catalogue Vystavka rabot zasloujennovo diéyatelia iskousstv V.E. Tatline [Exposition des travaux du créateur émérite des arts V.E. Tatline], Moscou-Léningrad, 1932, p. 5 [Note de A. Strigaliev].
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[16]
Ibid., p. 5-6.
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[17]
Anatolij Strigalev, “Rétrospektivnaya vystavka Vladimira Tatlina”/”Vladimir Tatlin, eine Retrospektive”, cat. Vladimir Tatlin, Retrospektive (en allemand et en russe), Cologne, DuMont, p. 36-37.
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[18]
Khan-Magomedov Sélim, L’Inkhouk : naissance du constructivisme (traduction de Françoise Pocachard-Apikian), Gollion, infolio, 2013.
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[19]
Voir les occurrences des mots « construire », « construction » et de leurs nombreux dérivés dans Kazimir Malévitch, Écrits, t. I, op.cit., p. 20-21 et passim (cf. Index rerum, p. 680).
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[20]
J’avais reproché au livre pionnier de Christina Lodder, Russian Constructivism (New Haven-London, Yale University Press, 1983), en voulant éviter précisément la confusion entre suprématisme et constructivisme, d’avoir totalement éliminé, dans le stade pré-constructiviste, toute la pratique artistique et théorique de Malévitch : « Une fois établie l’antinomie fondamentale du constructivisme et du suprématisme, il reste encore à étudier ce qui de la pratique suprématiste a été retenu par le constructivisme ». Jean-Claude Marcadé, « Le Suprématisme de K.S. Malevič ou l’art comme réalisation de vie », op.cit., p. 62, note 3.
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[21]
S. O. Khan-Magomédov, Souprematizm i arkhitektoura : probliemy formoobrazovaniya [Le suprématisme et l’architecture : problèmes de la constitution des formes], Moscou, arkhitektoura-s, 2007 (l’ouvrage est abondamment illustré).
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[22]
Khan-Magomedov, Sélim, L’Inkhouk : naissance du constructivisme, op.cit., p. 17.
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[23]
Kazimir Malévitch, « Ya prichol… » [Je suis parvenu à…] [1918], Écrits, t. I, op.cit., p. 139 ; voir aussi « Mir miassa i kosti ouchol » [Le monde de la viande et des os s’en est allé] [1918], in Ibid., p. 145-147 et passim (voir les occurrences de “vert” et de “viande”, dans l’Index rerum).
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[24]
Kazimir Malévitch, Des nouveaux systèmes en art/De Cézanne au Suprématisme [1919-1920] in Écrits, t. I, op.cit., p. 227-229 et passim.
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[25]
Cf. Jean-Claude Marcadé, L’avant-garde russe 1907-1927, op.cit., p. 203-206, 221-225.
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[26]
Beaucoup de ces passages de Sur la poésie semblent avoir reçu une impulsion de Nietzsche, en particulier de Die Geburt der Tragödie ; pour ce qui est de la danse, voir Le Crépuscule des idoles : « […] L’art de penser doit être appris, comme la danse, comme une espèce de danse… Qui parmi les Allemands connaît encore par expérience ce léger frisson que fait passer dans tous les muscles le pied léger des choses spirituelles ! — La raide balourdise du geste intellectuel, la main lourde au toucher — cela est allemand à un tel point, qu’à l’étranger on le confond avec l’esprit allemand en général. L’Allemand n’a pas de doigté pour les nuances… Le fait que les Allemands ont pu seulement supporter leurs philosophes, avant tout ce cul-de-jatte des idées, le plus rabougri qu’il y ait jamais eu, le grand Kant, donne une bien petite idée de l’élégance allemande. — C’est qu’il n’est pas possible de déduire de l’éducation noble, la danse sous toutes ses formes. Savoir danser avec les pieds, avec les idées, avec les mots : faut-il que je dise qu’il est aussi nécessaire de le savoir avec la plume, — qu’il faut apprendre à écrire ? », Götzendämmerung, “Was den Deutschen abgeht”, § 7.
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[27]
Kazimir Malévitch, « Sur la poésie » [1919], in Écrits, t. I, op.cit., p. 188.
-
[28]
Nikolaï Pounine, « À Moscou (Lettre) » [1919], in Kazimir Malévitch, Écrits, t. I, op.cit., p. 616.
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[29]
Nikolaï Pounine, « Tatline contre le cubisme », in Cahiers du Musée national d’art moderne, 1979, N° 2, p. 304-312 (traduction de Lucia Popova et Dominique Moyen).
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[30]
Ibid, p. 312.
-
[31]
Kazimir Malévitch, « Suprématisme » [1919], in Écrits, t. I, op.cit., p. 194.
Dans cet article je vais rassembler des recherches, des analyses, des réflexions que j’ai pu faire depuis quarante ans à différentes époques. Son propos est de distinguer deux mouvements essentiels de l’avant-garde européenne à l’orée du XXe siècle - le suprématisme et le constructivisme nés, l’un dans l’Empire Russe en 1913-1915, l’autre en URSS, en 1921-1922. Faire cette distinction est une nécessité non seulement d’ordre strictement historique (celui de l’histoire de l’art), mais encore plus d’ordre théorique, philosophique et conceptuel. Pourquoi faut-il encore aujourd’hui, cent ans après la naissance du suprématisme et du constructivisme, appeler à respecter ce qui nous a été légué par les œuvres et les écrits, en particulier de leurs principaux fondateurs et coryphées, Malévitch et Rodtchenko ? Parce qu’il faut constater que le constructivisme a de façon impérieuse pris le dessus tout au long du XXe siècle dans les différentes contrées européennes, faisant oublier que ce mouvement était né tout d’abord comme constructivisme soviétique, son nom apparaissant pour la première fois en 1921 avec un « Groupe de travail des constructivistes » à l’intérieur de l’Institut de la culture artistique (Inkhouk), groupe qui organise deux expositions pionnières à Moscou, celle de la « Société des jeunes artistes » (Obmokhou) en mai et, en septembre, celle intitulée 5x5 =25 (5 œuvres de 5 artistes – Varst [Varvara Stépanova], Vesnine, Lioubov Popova, Rodtchenko, Alexandra Exter). Les catalogues de ces deux expositions ne portent pas encore la mention « constructiviste », celle-ci apparaîtra explicitement, pour la première fois publiquement, en janvier 1922 lors de l’exposition moscovite « Constructivistes » qui présentait les sculptures des frères Guéorgui et Vladimir Stenberg et de Médounetsk…
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