Article de revue

Du théâtre au cinéma. Eisenstein et la question des avant-gardes

Pages 170 à 178

Citer cet article


  • Margel, S.
(2017). Du théâtre au cinéma. Eisenstein et la question des avant-gardes. Ligeia, 157-160(2), 170-178. https://doi.org/10.3917/lige.157.0170.

  • Margel, Serge.
« Du théâtre au cinéma. Eisenstein et la question des avant-gardes ». Ligeia, 2017/2 N° 157-160, 2017. p.170-178. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-ligeia-2017-2-page-170?lang=fr.

  • MARGEL, Serge,
2017. Du théâtre au cinéma. Eisenstein et la question des avant-gardes. Ligeia, 2017/2 N° 157-160, p.170-178. DOI : 10.3917/lige.157.0170. URL : https://shs.cairn.info/revue-ligeia-2017-2-page-170?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lige.157.0170


Notes

  • [1]
    Ce texte se réfère à mon ouvrage L’autonomie de l’œuvre d’art. Logique des surfaces et avant-gardes, Les Presses du Mamco, Genève, 2017.
  • [2]
    V. Chklovski, « Des lois de construction des films d’Eisenstein », in Textes sur le cinéma, trad. V. Pozner, Lausanne, L’Âge d’Homme, 2011, p. 182-183.
  • [3]
    Sergeï Eisenstein, « Du théâtre au cinéma », in op. cit., p. 116.
  • [4]
    Ibid., p. 117.
  • [5]
    Sergeï Trétiakov, « Le théâtre des attractions », in Dans le front gauche de l’art, trad. collective coordonnée par Yvan Mignot, Paris, Maspéro, 1977, p. 90-91.
  • [6]
    Cf. Luda et Jean Schnitzer, Youtkevitch ou la permanence de l’avant-garde, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1976, p. 65-69.
  • [7]
    Viktor Chklovski, Eïzensteïn, Iskousstvo, Moskva, 1973, p. 84. Texte cité et traduit par Ch. Hamon, in « Le montage dans les premières réalisations d’Eisenstein au théâtre », D. Bablet (éd.), Collage et montage au théâtre et dans les autres arts, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1978, p. 153.
  • [8]
    Sergeï Eisenstein, « Du théâtre au cinéma », in op. cit., p. 121.
  • [9]
    Nikolaï Foregger, « L’art d’avant-garde et le musique-hall » (1922), in Du cirque au théâtre, op. cit., p. 230. Texte traduit du russe par Béatrice Picon-Valin.
  • [10]
    Sergeï Eisenstein, « Du théâtre au cinéma », in op. cit., p. 123.
  • [11]
    Ibid., p. 125.
  • [12]
    Sergeï Eisenstein, Au-delà des étoiles, directeur de traduction Jacques Aumont, Paris, 10/18, 1974, p. 171.
  • [13]
    Sergeï Eisenstein, « Du théâtre au cinéma », op. cit., p. 124-125.
  • [14]
    Sergeï Eisenstein, « Le montage des attractions », in Le film : sa forme, son sens, op. cit., p. 16.
  • [15]
    Sergeï Eisenstein, « Manifeste “contrepoint orchestral” », in Le film : sa forme, son sens, op. cit., p. 20.
  • [16]
    Sergeï Eisenstein, « Un point de jonction imprévu », in Le film : sa forme, son sens, op. cit., p. 28-29.
  • [17]
    « Le principe du cinéma et la culture japonaise », in op. cit., p. 34-35.
  • [18]
    « La 4e dimension au cinéma », in Le film : sa forme, son sens, op. cit., p. 60-61.

Eisenstein, les avant-gardes russes et la question du cinéma, autant de questions que je poserai en partant d’une hypothèse sur le théâtre. Nous sommes entre 1920 et 1924. Du côté des avant-gardes françaises, ces dates correspondent aux années qui séparent La Roue d’Abel Gance (1920-1921) du Ballet mécanique de Fernand Léger (1924). Du côté des avant-gardes russes, avec Vertov, Koulechov, Poudovkine et Dovjenko, cette période représente ce qu’Eisenstein a nommé lui-même le passage du théâtre au cinéma et coïncide avec ses premières théories du montage. Mon hypothèse va consister à montrer que le changement de paradigme théorique, qui ouvre le théâtre au cinéma, opère déjà en puissance dans le cinéma des avant-gardes. Selon Chklovski, dans ce passage non seulement « le cadavre de l’art de la scène d’autrefois fut taillé en pièces et éliminé » par le cinéma, mais de plus Eisenstein élabore sa théorie du montage des attractions, qui vaut ici pour point de vue sur les avant-gardes françaises.
Dès 1919, Eisenstein réalise surtout des décors pour des pièces de théâtre classique, comme Fernand Léger d’ailleurs pour L’Inhumaine de Marcel l’Herbier en 1923-1924, juste avant la création du Ballet mécanique. Or, c’est non seulement au travers du décor qu’Eisenstein va s’introduire dans les arts de la scène, mais c’est surtout par là que va débuter, dit-il, sa vocation cinématographique : « Si l’on se dirige de ce côté il faudrait faire remonter le début de ma vocation cinématographique à trois ans auparavant, au moment de la production d’une pièce tirée d’une nouvelle de Jack London …


Date de mise en ligne : 05/01/2018

https://doi.org/10.3917/lige.157.0170

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