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Révolution : transfert d’un concept entre l’avant-garde russe et la tradition intellectuelle occidentale

Pages 133 à 145

Citer cet article


  • Feshchenko, V.
(2017). Révolution : transfert d’un concept entre l’avant-garde russe et la tradition intellectuelle occidentale. Ligeia, 157-160(2), 133-145. https://doi.org/10.3917/lige.157.0133.

  • Feshchenko, Vladimir.
« Révolution : transfert d’un concept entre l’avant-garde russe et la tradition intellectuelle occidentale ». Ligeia, 2017/2 N° 157-160, 2017. p.133-145. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-ligeia-2017-2-page-133?lang=fr.

  • FESHCHENKO, Vladimir,
2017. Révolution : transfert d’un concept entre l’avant-garde russe et la tradition intellectuelle occidentale. Ligeia, 2017/2 N° 157-160, p.133-145. DOI : 10.3917/lige.157.0133. URL : https://shs.cairn.info/revue-ligeia-2017-2-page-133?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lige.157.0133


Notes

  • [1]
    Cette recherche a pu être menée grâce au soutien financier de la bourse RFFI 16-04-00373 « Contacts et emprunts dans le développement des traditions littéraires et linguistiques ».
  • [2]
    Reinhart Koselleck, « Historical Criteria of the Modern Concept of Revolution » in R. Koselleck, Futures Past. On the Semantics of Historical Time, Columbia University Press, New York, 2004.
  • [3]
    Artemy Magun, « Opyt i poniatie revolioutsii » [Expérience et concept de révolution] in NLO n° 64, Moscou, 2003.
  • [4]
    Contradiction évoquée dans le livre de Raunig. Gerald Raunig, Art and Revolution : Transversal Activism in the Long Twentieth Century, MIT Press, London/Cambridge, 2007.
  • [5]
    Richard Wagner, L’Art et la révolution, traduction de Jacques Mesnil, Bruxelles, 1895, p. 71.
  • [6]
    Alexandre Blok, Œuvres en prose, L’Âge d’homme, Lausanne, 1974, p. 334.
  • [7]
    Ibid., p. 336.
  • [8]
    On peut remarquer ici l’inversion de l’ordre des concepts en comparaison avec le titre des textes de Blok et de Wagner.
  • [9]
    Anatoly Lounatcharski, L’esthétique soviétique contre Staline, Delga, Paris, 2005, pp. 143-146.
  • [10]
    Ibid., p. 144.
  • [11]
    Andreï Biély, « Revolioutsia i koultoura » [Révolution et culture] in Youri Stepanov (éd.), Semiotika i avangard, Moscou, Akademitcheski Proekt, Koultoura, 2006, p. 346.
  • [12]
    Sur la couleur symbolique de la révolution, voir aussi A. Dobrokhotov, « Tsvet i ritm revolioutsii : intouitsii Andreïa Belogo » [La couleur et le rythme de la révolution : les intuitions d’Andreï Biély] in Arabeski Andreïa Belogo. Jiznennyï pout. Doukhovnye iskaniïam, Belgrade/Moscou, 2017.
  • [13]
    Andreï Biély, « Revolioutsia i koultoura », op. cit., p. 350.
  • [14]
    Peter Bürger, Théorie de l’avant-garde, éditions Questions théoriques, Paris, 2013, p. 119.
  • [15]
    S. Mstislavski, Ivanov Razoumnik, Scythes (en guise de préface) in Youri Stepanov (éd.), Semiotika i avangard, op. cit., p. 374.
  • [16]
    Ivanov Razoumnik. Alexandre Herzen. 1870—1920, Saint Pétersbourg, 1920, p. 79.
  • [17]
    Vassili Rozanov, Feuilles tombées, Age d’homme, Lausanne, 1984, p. 35.
  • [18]
    Citation tirée de Gérard Conio, L’art contre les masses : esthétiques et idéologies de la modernité : essais, L’Âge d’homme, Lausanne, 2003, p. 133.
  • [19]
    Alexandre Blok, Œuvres en prose, L’Âge d’homme, Lausanne, 1974, p. 421 et 431.
  • [20]
    A. V. Lounatcharski, « Mouzyka i revolioutsia » [Musique et révolution] in Mir obnovliaetsia [Le monde se renouvelle], Moscou, 1989, p. 161.
  • [21]
    Evgeny Zamiatine, « O literatoure, revolioutsii, entropii i protchem » in Youri Stepanov (éd.), Semiotika i avangard, op. cit., p. 450.
  • [22]
    Ibid., p. 453-454.
  • [23]
    Kroutchenykh, « Novye pouti slova » [Nouvelles voies du mot] in Vera Teriokhina (éd.), Rousskiï foutourizm : Teoriïa i praktika. Kritika. Vospominaniïa, Moscou, Nasledie, 2000, p. 50.
  • [24]
    Pavel Filonov, « Déclaration sur l’éclosion universelle », 1923, in Filonov, Centre Georges Pompidou, Paris, 1990, p. 182.
  • [25]
    A propos de la révolution du goût dans l’avant-garde russe, voir le livre de Igor Tchoubarov, « Kollektivnaïa tchoustvennost. Teorii i praktiki levogo avangarda » [Sensualité collective. Théorie et pratiques de l’avant-garde de gauche], Moscou, 2014.
  • [26]
    Vassily Kandinsky, Izbrannye troudy po teorii isskoustva [Travaux choisis sur la théorie de l’art], Moscou, 2001 (1919), p. 13.
  • [27]
    Vladimir Feshchenko, Oleg Koval, « O revolioutsii znaka Kandinskogo » in Oleg Koval, Vladimir Feshchenko, Sotvorenie znaka. Otcherki o lingvoestetike i semiotike isskoustva [Co-création du signe. Essai sur la linguoesthétique et la sémiotique de l’art], Moscou, 2014, p. 529-540.
  • [28]
    Youri Tynianov, O Khlebnikove [sur Khlebnikov] in Literatournaïa evolioutsia. Izbrannye troudy [L’évolution de la littérature. Travaux choisis], Moscou, 2002 (1928), p. 373.
  • [29]
    Roman Jakobson, « Noveïchaïa rousskaïa poesiïa. Nabrosok pervyï. Velimir Khlebnikov » [La nouvelle poésie russe. Première esquisse. Velimir Khlebnikov] in Raboty po poetike [Travaux sur la poétique], Moscou, 1987 (1921), p. 274.
  • [30]
    Bénédikt Livchits, « V tsitadeli revolioutsionnogo clova » [Dans la citadelle du mot révolutionnaire] in Youri Stepanov (éd.), Semiotika i avangard, op. cit.
  • [31]
    G. Vinokour, « O revolioutsionnoï fraseologii » [Sur la phraséologie révolutionnaire] in Lef n° 3, Moscou, 1923, p. 106.
  • [32]
    Joseph Staline, Le Marxisme et les problèmes de linguistique, éditions en langue étrangère, Pékin, 1975.
  • [33]
    Andreï Biély, Masterstvo Gogolia [L’Art de Gogol], Moscou, 1934, p. 5.
  • [34]
    op. cit., p. 9.
  • [35]
    Ibid., p. V.
  • [36]
    André Breton, Déclaration du 27 janvier 1925, Tract surréaliste, Paris, 1925.
  • [37]
    Antonin Artaud, « Surréalisme et révolution » in Œuvres complètes, T. 8, Gallimard, Paris, 1974, p. 183.
  • [38]
    Ibid., p. 178.
  • [39]
    Pour plus de détails voir le développement sur la revue Transition et sa politique dans notre article. Vladimir Feshchenko, « Transition : opyt transatlantitcheskogo avangarda » [Transition : expérience d’une avant-garde transatlantique] in Youri Stepanov (éd.), Semiotika i avangard, op. cit.
  • [40]
    Eugene Jolas, Critical Writings, 1924-1951, Evanston, Illinois, 2009, p. 377.
  • [41]
    Ibid.
  • [42]
    Ibid.
  • [43]
    Ibid., p. 111.
  • [44]
    Ibid., p. 111.
  • [45]
    Sur les aspects linguistiques et communicationnels de l’œuvre d’Eugene Jolas, voir Olga Sokolova, Vladimir Feshchenko, Revolioutsia yazyka Eugene Jolas : ot vertikalnoï poesii k vertikalnoï kommounikatsii [La révolution du langage d’Eugene Jolas : de la poésie verticale à la communication verticale], Sibirskiï filologitchsekiï journal, n°3, 2017 (à paraître).
  • [46]
    Albert Camus, L’Homme révolté, Gallimard, Paris, 1951, p. 126.
  • [47]
    Roland Barthes, « Le dégré zéro de l’écriture » in Œuvres complètes, T. 1, Paris, Seuil, 2002, p. 224.
  • [48]
    M. Puchner, Poetry of the Revolution. Marx, Manifestos, and the Avant-Gardes, Princeton, New Jersey, 2006, p. 223.
  • [49]
    Ibid.
  • [50]
    Julia Kristeva, La révolution du langage poétique, Seuil, Paris, 1974/1985, p. 99.
  • [51]
    Voir aussi le concept de « révolution sémiotique », introduit en 1980 par Youri Lotman dans son article Le Progrès technique comme problème culturologique.
  • [52]
    Thomas. S. Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, Flammarion (coll. Champs), Paris, 1983, p. 157.
  • [53]
    Herbert Marcuse, La dimension esthétique : pour une critique de l’esthétique marxiste, Seuil, Paris, 1979, p. 11.
  • [54]
    Jacques Rancière, L’inconscient esthétique, Galilée, Paris, 2001, p. 25.
  • [55]
    V. Lapitski, « Poutechestvie na kraï politiki » [Voyage aux bords du politique] in Jacques Rancière, L’inconscient esthétique, Saint Pétersbourg, 2004, p. 117.

L’historien allemand Reinhart Koselleck, auteur d’un dictionnaire des concepts historiques fondamentaux, a consacré un article au concept de révolution, dans lequel il note que la révolution n’est pas simplement un terme de la science historique mais un concept consistant qui se réalise dans les domaines les plus différents du savoir, au sein de différentes cultures nationales et chacun de ces domaines possède son contenu sémantique propre. Certes, malgré son caractère diffus, il tombe sous une définition commune et possède un dénominateur sémantique unifié. On entend toujours par révolution un changement fondamental et qualitatif dans le développement d’un phénomène, quel que soit le domaine dans lequel il intervient. Par exemple, le transfert du terme « révolution » du domaine de l’astronomie dans la sphère de la sociologie s’est réalisé au XVe siècle pour voir finalement le terme politique s’imposer vers le début du XVIIe siècle au sens de « changement de pouvoir ».
Les chercheurs utilisent l’attribut « explosif » pour caractériser le concept socio-politique de « révolution ». La révolution est ainsi un « passage de crise à l’intérieur d’une société, une explosion, une dissolution et une décomposition des liens sociaux ». On peut projeter cette même définition sur le domaine de l’art et du langage : il devient alors possible parler de crise à l’intérieur de l’art, de décomposition des liens esthétiques ; de crise à l’intérieur du langage, de décomposition des liens linguistiques…


Date de mise en ligne : 05/01/2018

https://doi.org/10.3917/lige.157.0133

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