Compte rendu

L’insurrection des ânes, sculptures, Loïc Bodin, Les Editions de Juillet, Chantepie, 2010

Pages 240d à 242d

Citer cet article


  • Lista, G.
(2012). L’insurrection des ânes, sculptures, Loïc Bodin, Les Editions de Juillet, Chantepie, 2010. Ligeia, 113-116(1), 240d-242d. https://doi.org/10.3917/lige.113.0240d.

  • Lista, Giovanni.
« L’insurrection des ânes, sculptures, Loïc Bodin, Les Editions de Juillet, Chantepie, 2010 ». Ligeia, 2012/1 N° 113-116, 2012. p.240d-242d. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-ligeia-2012-1-page-240d?lang=fr.

  • LISTA, Giovanni,
2012. L’insurrection des ânes, sculptures, Loïc Bodin, Les Editions de Juillet, Chantepie, 2010. Ligeia, 2012/1 N° 113-116, p.240d-242d. DOI : 10.3917/lige.113.0240d. URL : https://shs.cairn.info/revue-ligeia-2012-1-page-240d?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/lige.113.0240d


Le livre s’ouvre sur un entretien d’un genre inédit que l’on pourrait qualifier de néosurréaliste. L’historien d’art Régis Michel, au tempérament timide et néanmoins narcissique, soumet l’artiste à un bombardement terroriste de lieux communs sur ce qu’est, ou plutôt ce que doit être, l’art aujourd’hui. Le ton est proche du langage parlé et le déferlement des lieux communs est terrifiant. L’artiste, qui n’arrive pas à réagir au piège où il est tombé, s’arrange pour débiter à son tour d’autres lieux communs ahurissants. Son portrait photographique, dans une pose on ne peut plus christologique qui voudrait évoquer un tableau de Rembrandt, semble plutôt témoigner de sa naïveté qui, véritable ou assumée, apparaît très désarmante. Il prétend modeler la cire sans aucune disposition intentionnelle : « elle vient comme elle a envie de venir ». Il s’agit, bien sûr, d’un mensonge car le langage de la sculpture est tautologiquement primitif. C’est un art des Caraïbes, disait Baudelaire, car il ne repose pas sur des signes conceptuels et abstraits. Ainsi tout modelage de la matière suit forcément l’idée d’une forme qui préexiste au geste de la main. L’insurrection des ânes est le thème d’une œuvre qui tient du canular, de l’humour, plus rarement de l’ironie. En fait, il s’agit de métamorphose et de prolifération, d’hybridation et de grouillement dans une dimension qui entend relier Ovide à Disney. L’artiste ne veut surtout pas se prendre au sérieux. Il s’empêche ainsi de donner libre cours à la dimension onirique dont témoignent ses œuvres sur le thème de Dolly…


Date de mise en ligne : 01/12/2017

https://doi.org/10.3917/lige.113.0240d

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