Archéologie de la perspective, Lucien Vinciguerra, Paris, PUF, 2007, pp. 168
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Citer cet article
- ATTIDORE, Jacqueline,
- Attidore, Jacqueline.
- Attidore, J.
https://doi.org/10.3917/lige.073.0255d
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- Attidore, J.
- Attidore, Jacqueline.
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https://doi.org/10.3917/lige.073.0255d
1 Par ce livre à la fois difficile et passionné, procédant souvent par les questionnements d’une argumentation que l’on dirait spontanée, l’auteur revient sur la célèbre thèse de Panofsky, à savoir la perspective comme “forme symbolique” qui aurait unifié la pensée picturale du Quattrocento, pour en saisir au contraire la diversité. Pour ce faire, il pense la perspective non pas à partir du tableau, mais plutôt à partir du point de fuite censé figer en quelque sorte celui qui regarde le tableau. L’étude serrée qu’il mène sur les œuvres de Durer, de Léonard de Vinci, de Paolo Uccello et de Piero della Francesca, tend à montrer la relativité des approches, c’est-à-dire les procédés d’écriture, à la fois individuels et minutieux, par lesquels les peintres ont cherché à mettre en place le principe de la perspective. Il en conclut que la construction de la perspective ne s’appuie pas tellement sur les conditions concrètes de la vision, mais plutôt sur la conception que le peintre a de la vision. L’image est ainsi une “réalité mentale” qui ne parle pas de l’ordre physique du visible, mais d’une vue de l’esprit qui cherche à mettre en place des rapports mathématiques. Par conséquent, ces procédés empiriques accompagnant la mise en place du système perspectif sont une sorte d’archéologie des savoirs dans le sens donné à cette formule par Michel Foucault. Ainsi, au Quattrocento, la perspective triomphe beaucoup plus comme pratique disciplinaire que comme nouvelle science de la vision. Elle documente surtout la conception que le peintre a de la vision. Revenant alors sur les querelles de la peinture française du XVIIe siècle, l’auteur voit ainsi dans l’approche de la perspective ce qu’il appelle, à la manière de Michel Foucault, la “généalogie de l’âme classique”.
2 Jacqueline Attidore