Téhéran, mars 1979, avec caméra et sans voile
Journal de tournage
- Par Claudine Mulard
Pages 161 à 177
Citer cet article
- MULARD, Claudine,
- Mulard, Claudine.
- Mulard, C.
https://doi.org/10.3917/ltm.661.0161
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- Mulard, C.
- Mulard, Claudine.
- MULARD, Claudine,
https://doi.org/10.3917/ltm.661.0161
Notes
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[1]
Sexual Politics, Granada Publishing, 1969 ; La Politique du mâle, traduit par Elisabeth Gille, éditions Stock, Paris, 1971 ; Sexual Politics-La Politique du mâle, éditions des Femmes, Paris, 2007.
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[2]
J’ai participé au Women’s Lib à San Diego (Californie) en 1970, puis au grand et joyeux MLF dès juin 1971, avec le groupe du quartier du Ve, les groupes de préparation de la manifestation pour le droit à la contraception et à l’avortement du 20 novembre 1971, puis j’ai rejoint le groupe Politique et Psychanalyse, constitué autour d’Antoinette Fouque, et collaboré aux éditions des Femmes ; j’étais responsable de la librairie « Des Femmes » à son ouverture à Paris en avril 1974 et j’ai coordonné, de 1978 à 1982, les magazines mensuels et hebdomadaires Des Femmes en mouvements. (Je suis aujourd’hui en désaccord avec certaines pratiques de ce groupe.)
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[3]
Going to Iran, Coward, McCann & Geoghegan, New York, 1982 ; En Iran, éditions des Femmes, Paris, 1981.
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[4]
Sylvina, productrice de films marquants de la Nouvelle Vague, et elle-même réalisatrice, milite dans le groupe Politique et Psychanalyse du MLF. C’est grâce à sa générosité que les éditions des Femmes existent depuis 1974 et que les magazines mensuels et hebdomadaires Des Femmes en mouvements ont été publiés de 1977 à 1982.
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[5]
Cet article révèle l’identité des Iraniennes dont nous savons qu’elles ont quitté l’Iran ; par précaution, nous ne citons que les prénoms, ou bien les pseudonymes, des autres femmes.
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[6]
Une lecture de la presse internationale révèle un suivi sérieux des événements par le quotidien californien, Los Angeles Times, qui publie à la une de l’édition du 9 mars, « Veiled warning : Modern Iran Women Cool to Holy Edicts », un article de fond sur le port du voile islamique ; un article à la une de l’édition du 11 mars, « Women Protest New Iran Regime for Third Day » et, le 12 mars, une photo de notre conférence de presse. La presse française dans son ensemble, Libération en particulier, protège les imams et ne comprend rien à l’importance de ce soulèvement. Cela mérite une analyse à venir de l’incompréhension, de l’hostilité, des responsabilités, voire complicités, de la gauche et des médias occidentaux face à cette extraordinaire révolution des femmes.
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[7]
Notre équipe a envoyé quatre télex à Paris depuis Téhéran, le vendredi 9, dimanche 11, lundi 12 et mardi 13 mars. Le texte du dernier télex est publié dans Génération MLF, éditions des Femmes, Paris, 2008, p. 555.
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[8]
J’ai pris une centaine de photos de ces événements, des diapositives couleurs et des photos noir et blanc qui, à l’exception de quelques images publiées dans l’hebdomadaire Des Femmes en mouvements, n’ont jamais été montrées.
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[9]
Sylviane et Michelle militent dans le même groupe du MLF.
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[10]
Cette cassette sera livrée plus tard à Paris comme prévu. Son contenu est d’un grand intérêt historique ; à notre connaissance, Taraneh a émigré hors d’Iran.
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[11]
L’avenue Los Angeles s’appelle maintenant Hejab Street.
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[12]
Mouvement de Libération des Femmes Iraniennes Année Zéro, documentaire de 13 minutes, 16 mm couleurs, production Des Femmes Filment, mars 1979.
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[13]
A signaler une erreur de date dans le commentaire, le sit-in au ministère de la Justice a lieu le samedi 10 mars, et non le « dimanche 10 ».
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[14]
On peut voir la version originale sur mon site web : www.TheEarthIsRoundProductions.com
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[15]
Dernière minute : j’ai retrouvé Kateh Vafadari… en tapant son nom sur Facebook.
Après la chute du régime du Shah (il quitte l’Iran le 16 janvier 1979), les femmes iraniennes fêtent pour la première fois le 8-Mars, la Journée internationale des femmes ; elles ont invité Kate Millett, la féministe américaine, auteur d’un texte fondamental, Sexual Politics (La Politique du mâle), et qui a milité contre la dictature du Shah. Kate a transmis l’invitation à ses sisters du Women’s Lib et du MLF, et j’arrive le 8 mars, par le vol direct d’Air France, à Téhéran.
Nous sommes conscientes que le nouveau régime des ayatollahs a peu de goût pour les droits des femmes en général et les féministes en particulier, mais Kate Millett, citoyenne d’un pays qui a soutenu le Shah, et ouvertement homosexuelle, est beaucoup plus exposée que nous, françaises, dont le pays a hébergé l’imam Khomeiny pendant son exil. D’ailleurs les militants iraniens qui l’accueillent la changent de lieu chaque soir par précaution jusqu’à ce qu’elle nous rejoigne à l’hôtel.
En Iran, cette réunion du 8-Mars est une première. Mais l’imam Khomeiny fête l’événement à sa manière, en annonçant, la veille et à Khom, la ville sainte, que désormais « les femmes doivent porter le voile islamique sur leurs lieux de travail ». C’est un des premiers gestes répressifs de ce qui s’est faussement présenté comme une « révolution », mais qui exclut les droits des femmes. Et nous rencontrons des Iraniennes et des Iraniens, en exil sous le régime dictatorial du Shah, aux Etats-Unis ou en France, qui sont rentrés au pays pour vite se rendre compte du vrai visage de cette « révolution »…
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