Absentéisme et déscolarisation : quand la marge interroge le centre
Pages 258 à 286
Citer cet article
- ESTERLE-HEDIBEL, Maryse,
- Esterle-Hedibel, Maryse.
- Esterle-Hedibel, M.
https://doi.org/10.3917/ltm.637.0258
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- ESTERLE-HEDIBEL, Maryse,
https://doi.org/10.3917/ltm.637.0258
Notes
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[1]
Cf. Maryse Esterle-Hedibel, « Précarité, stratégies familiales et déscolarisation. Quelle construction identitaire pour les jeunes déscolarisés » in La Déscolarisation, Paris, La Dispute/SNEDIT, 2004, pp. 201-217 et pp. 247-264.
-
[2]
Maryse Esterle-Hedibel, Les arrêts de scolarité avant 16 ans, étude des processus sur la ville de Roubaix, CESDIP/CNRS, IUFM Nord Pas-de-Calais, FASILD Nord Pas-de-Calais, mars 2003 ; c’est une recherche de type qualitatif (13 situations étudiées à partir de 3 collèges), construite avec des entretiens avec les jeunes et leur famille, les équipes de direction des collèges, les enseignants, les travailleurs sociaux le cas échéant, et l’étude des dossiers scolaires et tout autre document intéressant la recherche. « État des lieux des dispositifs relais sur la ville de Roubaix, en vue de la mise en place d’une cellule de veille éducative », juin 2004, ville de Roubaix, CESDIP/CNRS.
-
[3]
Appel d’offres sur les « processus de déscolarisation », ministère de l’Éducation nationale, de la Justice, Délégation interministérielle à la ville (DIV), Fond d’action sociale et de lutte contre les discriminations (FASILD). Les rapports référencés en notes sont téléchargeables sur le site http://cisad.adc.education.fr/descolarisation
-
[4]
Cf. Philippe Perrenoud, Métier d’élève et sens du travail scolaire, Paris, ESF, 4e édition, 2000.
-
[5]
François Dubet, Marie Duru-Bellat, L’Hypocrisie scolaire, pour un collège enfin démocratique, Le Seuil, 2000, p. 24.
-
[6]
Gabriel Langouët (dir.), Les Oubliés de l’école en France, Hachette, 2003, pp. 58-61.
-
[7]
Ibid., pp. 61-64.
-
[8]
François Dubet, Le Déclin de l’institution, Le Seuil, 2002, p. 147.
-
[9]
Citons, entre autres, les dispositifs relais, les cellules de veille éducative, les mesures prises dans les établissements scolaires eux-mêmes, ainsi que les diverses lois et circulaires, la dernière en date étant celle du 23 mars 2004.
-
[10]
Bernard Lahire, Cultures écrites et inégalités scolaires, sociologie de « l’échec scolaire » à l’école primaire, Presses universitaires de Lyon, 1993, p. 46.
-
[11]
Howard S. Becker, Outsiders, Métailié, 1963, p. 38.
-
[12]
Certains considèrent une absence régularisée lorsqu’une excuse a été présentée par les responsables de l’élève, d’autres demandent qu’un motif soit donné à l’absence. La gestion des absences est différente selon les établissements et peut introduire des biais dans la comptabilisation.
-
[13]
Ces données sont issues de la note d’information 05-04 de février 2004 de la Direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) du ministère de l’Éducation nationale.
-
[14]
Catherine Blaya, Absentéisme des élèves : recherches internationales et politiques de prévention, rapport de l’Observatoire européen de la violence scolaire, p. 13.
-
[15]
Cf. la circulaire no 96-347 du 25 octobre 1996 : « […] même si le taux d’absentéisme ne s’est que modérément aggravé ces dernières années, il touche une population plus nombreuse du fait de l’augmentation des effectifs des élèves scolarisés. »
-
[16]
Dominique Glasman, Françoise Œuvrard (dir.), La Déscolarisation, La Dispute, 2004, p. 39.
-
[17]
Cf. Monique Vial, Les Enfants anormaux à l’école, Armand Colin, 1990, p. 21.
-
[18]
Cf. Line Massé, Catherine Lanaris, Shirley Carignan, « Les classes à paliers, une formule de services de courte durée pour les élèves présentant des troubles du comportement », in Ville École Intégration, hors série no 8, février 2004, pp. 83-93.
-
[19]
Bertrand et Valois, cités par Janosz M. et Le Blanc M., « Pour une vision intégrative des facteurs liés à l’abandon scolaire », Revue canadienne de psycho-éducation, vol. 25, no 1, 1996, p. 76.
-
[20]
Ibid., pp. 74-78.
-
[21]
Ibid., p. 78.
-
[22]
Hasnia Missaoui, Lamia Missaoui et Alain Tarrius, ICRESS Perpignan, DIASPORAS, Toulouse Le Mirail, Rapport de recherche « Mixités scolaires, mixités familiales et attitudes face à la déscolarisation d’enfants gitans et maghrébins », novembre 2002, p. 36.
-
[23]
Viviane Isambert-Jamati, « Quelques rappels de l’émergence de l’échec scolaire comme “problème social” dans les milieux populaires français », in Plaisance E. (dir.), L’Échec scolaire, nouveaux débats, nouvelles approches sociologiques, Paris CNRS, 1985, p. 156.
-
[24]
Monique Vial, Les Anormaux à l’école. Aux origines de l’éducation spécialisée, 1882-1909, Armand Colin, 1990, p. 31.
-
[25]
Michelle Perrot, « La fin des vagabonds », in revue L’Histoire, no 3, juillet 1978, pp. 23-33.
-
[26]
Monique Vial, Les Enfants anormaux à l’école, Armand Colin, 1990, p. 26.
-
[27]
Extrait d’un rapport de M. Lebossé, inspecteur primaire, cité dans Guy Brucy, « Désertion scolaire et absentéisme dans l’école de Jules Ferry », in le rapport de recherche dirigé par Françoise Ropé, L’Espace social de la déscolarisation, trajectoires invisibles et méconnaissances institutionnelles, SACO (université de Poitiers), SASO, (université de Picardie), ARES (Bondy), septembre 2002, p. 200.
-
[28]
Edouard Petit, Le Courrier de la Somme du 2 avril 1901, cité in Guy Brucy, op. cit. p. 210.
-
[29]
Guy Brucy, op. cit., p. 204.
-
[30]
Monique Vial, op. cit., p. 35.
-
[31]
Edouard Petit, De l’école à la cité. Études sur l’éducation populaire, Paris, éditions Felix Alcan, 1910, p. 16.
-
[32]
Choukri Ben Ayed et Sylvain Broccolicchi, « Hiérarchisation des espaces scolaires, différenciations usuelles et processus cumulatifs d’échecs », Ville École Intégration, no 127, décembre 2001, p. 36.
-
[33]
Agnès van Zanten, L’École de la périphérie, PUF, 2001, pp. 214-216.
-
[34]
Aziz Jellab, L’École en France, la sociologie de l’éducation entre hier et aujourd’hui, L’Harmattan, Paris, 2004, pp. 131-143.
-
[35]
Marie Duru-Bellat, « Des résistances des familles (de certaines d’entre elles) à l’école pour tous », in VEI, no 127, pp. 61-73, pp. 67-68.
-
[36]
Sylvain Broccolicchi, « Les Interruptions précoces d’études », XYZEP, bulletin du centre Alain Savary, Institut national de recherche pédagogique, no 4, décembre 1998, pp. 3-6, p. 3.
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[37]
Maryse Esterle-Hedibel, Les Arrêts de scolarités avant 16 ans, op. cit, pp. 160-161.
-
[38]
Cf. Sylvain Broccolicchi, « Qui décroche ? » in Marie Christine Bloch et Bernard Gerde, Les Lycéens décrocheurs, pp. 45-48 et Mathias Millet et Daniel Thin, in La Déscolarisation comme parcours de disqualification symbolique, in Dominique Glasman et Françoise Œuvard, La Déscolarisation, La Dispute, 2004, p. 270.
-
[39]
Eric Debarbieux, La Violence à l’école. Le désordre des choses, ESF, 1999.
-
[40]
Cf. Philippe Perrenoud, Métier d’élève et sens du travail scolaire, Paris, ESF, 2000 (4e édition).
-
[41]
Agnès van Zanten, L’École de la périphérie, PUF, 2001, p. 305.
-
[42]
Palmer S., Humphrey J.A., Deviant behavior – Patterns, sources and control, New York, Plenum Press, 1990.
-
[43]
Cf. Cécile Carra, Délinquance juvénile et quartiers sensibles. Histoires de vie, L’Harmattan, 2002.
-
[44]
Michel Peraldi (dir.), rapport de recherche, Le Détachement scolaire, décembre 2002, pp. 149-151, Mathias Millet et Daniel Thin, « Ruptures scolaires » et « déscolarisation » des collégiens de milieux populaires : parcours et configurations, Groupe de recherche sur la socialisation (UMR 5040 CNRS), juin 2003, pp. 274-279.
-
[45]
Cf. Maryse Esterle-Hedibel, « Fabrice », in Les Arrêts de scolarité avant 16 ans, étude des processus sur la ville de Roubaix, CESDIP/CNRS, IUFM Nord-Pas-de-Calais, FASILD Nord-Pas-de-Calais, mars 2003, pp. 78-91.
-
[46]
Mathias Millet et Daniel Thin, op. cit., p. 306.
-
[47]
Michel Peraldi (dir.), Le Détachement scolaire, décembre 2002, op.cit., pp. 39-42.
-
[48]
Maryse Esterle-Hedibel, le cas de Clint est détaillé dans le rapport, Les Arrêts de scolarité avant 16 ans, étude des processus sur la ville de Roubaix, CESDIP/CNRS, IUFM Nord-Pas-de-Calais, FASILD Nord-Pas-de-Calais, mars 2003, pp. 43-67.
-
[49]
Michel Peraldi (dir.), op. cit., p. 42.
-
[50]
Sylvain Broccolicchi, 1998, in « Désagrégation des liens pédagogiques et situations de rupture » in VEI, no 122, septembre 2001, p. 41.
-
[51]
Alain Mingat, « Expliquer la variété des acquisitions au cours préparatoire » Revue française de pédagogie, no 95, 1991, pp. 47-63 ; Georges Felouzis, L’Efficacité des enseignants, PUF, 1997, Marcel Crahay, L’école peut-elle être à la fois juste et efficace ?, De Boeck, 2000.
-
[52]
Viviane Isambert-Jamati et Marie-France Grospiron, « Types de pédagogie du français et différenciation orale des résultats. L’exemple du “travail autonome” au deuxième cycle long », Études de linguistique appliquée, no 54, 1984, pp. 69-97.
-
[53]
Maryse Esterle-Hedibel, 2003, op. cit., p. 57.
-
[54]
Peter Woods, L’Ethnographie de l’école, Armand Colin, 1992, p. 56.
-
[55]
François Dubet, Le Déclin de l’institution, Le Seuil, 2002, p. 158.
-
[56]
Réseau d’éducation prioritaire.
-
[57]
Maryse Esterle-Hedibel, 2003, op. cit., pp. 105-106.
-
[58]
Conseiller principal d’éducation.
-
[59]
Agnès van Zanten et al., Quand l’école se mobilise, La Dispute, 2002, pp. 253-254.
-
[60]
C’est aussi ce que note Dubet à travers les entretiens avec les enseignants, Le Déclin de l’institution, Le Seuil, p. 164.
-
[61]
Agnès van Zanten, Françoise Grospiron, Martine Kherroubi, André D. Robert, Quand l’école se mobilise, La Dispute, 2002, p. 159.
-
[62]
François Dubet, 2002, op. cit., p. 160.
-
[63]
Agnès van Zanten, 2002, op. cit., p. 259.
-
[64]
C’est le cas d’un enseignant qui a essayé de venir en aide à Clint (cf. Maryse Esterle-Hedibel, Les Arrêts de scolarité avant 16 ans, étude des processus, op. cit.), avec une travailleuse sociale de son quartier, et qui s’est fait renvoyer à son secteur géographique d’intervention par les responsables de l’Éducation nationale auxquels il s’est adressé.
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[65]
François Dubet, 2002, op. cit., p. 141.
-
[66]
Sur la ville de Roubaix, près de la moitié des élèves de collège sont scolarisés dans le secteur privé.
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[67]
Jean-Paul Payet, Collèges de banlieue, ethnographie d’un monde scolaire, Armand Colin, 1997, p. 193.
-
[68]
Le programme Nouvelles Chances (Claude Allègre, Ségolène Royal, Martine Aubry, Michèle Pery, conférence de presse, 26 mai 1999, p. 7) souligne d’ailleurs l’importance d’une vigilance éducative : « Cette vigilance fait partie du changement de regard sur ceux qui nous quittent sans formation qualifiante. »
-
[69]
Patrick Rayou, Agnès van Zanten, Enquête sur les nouveaux enseignants, changeront-ils l’école ?, Bayard, 2004, pp. 231-234.
-
[70]
Patrick Rayou, Agnès Van Zanten, ibid., p. 259.
L’absentéisme et la déscolarisation (arrêt de scolarité avant l’âge de seize ans) sont considérés aujourd’hui dans le débat public comme un des problèmes majeurs de l’école. Si les situations de déscolarisation effective sont très minoritaires, la manière dont ces phénomènes sont énoncés comme des « problèmes » appelant des « réponses » mettant en cause les élèves et leurs familles (principalement les parents), et non pas l’institution scolaire et son fonctionnement, est significative de la gestion de la massification de l’enseignement par l’institution scolaire.
Je m’attacherai ici au point de vue des personnels scolaires dans l’analyse de ces processus, singulièrement des enseignants, après avoir traité de l’identité des élèves et des interactions des groupes familiaux, principalement des parents, dans un ouvrage et des revues déjà parus. Comment interprètent-ils ces arrêts de scolarité ? Dans quelle mesure certains y participent-ils et d’autres tentent-ils de les enrayer ? Peut-on repérer des nuances dans leurs positionnements ? En quoi ces attitudes différentes nous renseignent-elles sur les professions enseignantes aujourd’hui ?
Je m’appuierai, pour ce faire, sur une recherche et une étude réalisées entre 2000 et 2004 sur la ville de Roubaix, ainsi que sur le corpus de recherches existant sur la question, dont certains rapports issus de l’appel d’offre interministériel d’octobre 1999.
Le terme de « décrochage » désigne les élèves qui quittent petit à petit le système scolaire…
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