Article de revue

Berlin est mon Paris

Pages 22 à 25

Citer cet article


  • Banciu, C.-F.,
  • Traduit de l’allemand par Verger, H.
(2003). Berlin est mon Paris. Les Temps Modernes, 625(4), 22-25. https://doi.org/10.3917/ltm.625.0022.

  • Banciu, Carmen-Francesca.,
  • et al.
« Berlin est mon Paris ». Les Temps Modernes, 2003/4 n° 625, 2003. p.22-25. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2003-4-page-22?lang=fr.

  • BANCIU, Carmen-Francesca,
  • Traduit de l’allemand par VERGER, Hélène,
2003. Berlin est mon Paris. Les Temps Modernes, 2003/4 n° 625, p.22-25. DOI : 10.3917/ltm.625.0022. URL : https://shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2003-4-page-22?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ltm.625.0022


Je suis venue à Berlin comme on venait autrefois à Paris. J’y suis venue pour me mesurer au monde.
Je me suis évadée d’un cercle fermé. Un cercle que l’histoire a fait éclater. Et j’étais une partie de cette histoire.
Je suis arrivée à Berlin après la chute du Mur. A cette époque, tout avait changé dans le monde. Pas seulement moi donc. Tout le monde vivait dans un sentiment d’insécurité. Pas tout le monde. Mais le monde entier. Il n’était pas donné à chacun de s’en rendre compte. Il fallait d’abord le comprendre.
J’avais l’impression d’être arrivée quelque part où existent des règles établies qu’on doit accepter et faire siennes si on veut survivre. Je ne venais pas pour survivre. Je venais pour mesurer mes forces. Et la première chose qui m’est arrivée : je me suis effondrée.
Je suis arrivée à Berlin sans savoir que je voulais y rester. A l’époque, je ne savais pas encore que Berlin était mon Paris. Je ne savais pas que Berlin se trouvait sur mon chemin. Moi aussi j’étais en chemin. Je venais d’un pays en marge de l’Europe. Un pays dont presque personne ne connaît la langue. Ne reconnaît la langue. Et dès que je suis arrivée ici je n’ai plus su qui j’étais. Je ne parvenais plus à faire les choses les plus simples. Je pouvais souffrir de migraines et du dos. Tout le reste, je l’avais désappris.
J’étais fatiguée. Tellement fatiguée que j’avais oublié ce qu’était le plaisir. Je ne m’en rendais même pas compte. J’étais fatiguée. Tellement fatiguée. Des amis me demandaient s’il n’y avait pas, malgré tout, quelque chose qui pourrait me faire plaisir…


Date de mise en ligne : 08/10/2015

https://doi.org/10.3917/ltm.625.0022

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