Article de revue

Les femmes de Platon à Derrida ou l’impossible sujet d’histoire

Pages 95 à 114

Citer cet article


  • Riot-Sarcey, M.
(2002). Les femmes de Platon à Derrida ou l’impossible sujet d’histoire. Les Temps Modernes, 619(3), 95-114. https://doi.org/10.3917/ltm.619.0095.

  • Riot-Sarcey, Michèle.
« Les femmes de Platon à Derrida ou l’impossible sujet d’histoire ». Les Temps Modernes, 2002/3 n° 619, 2002. p.95-114. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2002-3-page-95?lang=fr.

  • RIOT-SARCEY, Michèle,
2002. Les femmes de Platon à Derrida ou l’impossible sujet d’histoire. Les Temps Modernes, 2002/3 n° 619, p.95-114. DOI : 10.3917/ltm.619.0095. URL : https://shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2002-3-page-95?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ltm.619.0095


Notes

  • [1]
    F. Collin, E. Pisier, E. Varikas, Les Femmes de Platon à Derrida, anthologie critique, Paris, Plon, 2000.
  • [2]
    Christian Jouhaud, « Littérature et Histoire », Annales, Histoire, Sciences Sociales, n° 2, mars-avril 1994, 49e année, présentation, pp. 273-274. Citation reprise d’un texte de Xavier Bourdenet, à l’issue d’un débat au sein de notre séminaire de l’Arsenal.
  • [3]
    François Hartog, « Temps et Histoire », Annales ESC, n° 6, novembre-décembre 1995, pp. 1220-1221.
  • [4]
    Henri Meschonnic, Politique du rythme, politique du sujet, Paris, Verdier, Lagrasse, 1995, p. 142.
  • [5]
    Nathalie Ernoult, « La République, une théorie de l’égalité entre les sexes », article à paraître et Les Femmes dans la cité platonicienne : la République et les lois, thèse de doctorat, Ecole des hautes études en sciences sociales, histoire et civilisations, Paris, mai 1996.
  • [6]
    Reinart Koselleck, Le Futur Passé, contribution à la sémantique des temps historiques, traduction de Jochen Hoock et Marie-Claire Hoock, Paris, Ecole hautes études en sciences sociales, 1990, p. 99.
  • [7]
    Hervé Inglebert, notice sur « la Cité de Dieu », Dictionnaire des utopies, dir. Michèle Riot-Sarcey, Thomas Bouchet et Antoine Picon, mars 2002, Paris, Larousse-Bordas.
  • [8]
    Voir Christine Planté, « La parole souverainement révoltante de Claire Demar », Femmes dans la Cité, dir. A. Corbin, J. Lalouette, M. Riot-Sarcey, Créaphis, 1997.
  • [9]
    Expression empruntée à Michèle Le Dœuff.
  • [10]
    De la démocratie en Amérique, 1835, 1re édition, Paris, Gallimard, 1961/1986, p. 33.
  • [11]
    G. W. F. Hegel, Leçons sur la philosophie de l’histoire, Paris, Vrin, 1945, p. 30.
  • [12]
    De la Démocratie en Amérique, op. cit., p. 42.
  • [13]
    De la Démocratie en Amérique, op. cit., vol. II, p. 291.
  • [14]
    Ibid., p. 292.
  • [15]
    Voir Michèle Riot-Sarcey, « Avant-propos », De la représentation, romantisme, 110 p., 2000. Et « Le féminisme, une utopie ? Regard sur une histoire conflictuelle », Les Utopies, moteur d’histoire ?, Actes des Rendez-vous de l’Histoire de Blois, octobre 2000, Editions Pleins Feux, octobre 2001.
  • [16]
    Jean-Paul Sartre, Questions de méthode, Paris, Gallimard, 1960, p. 125.
  • [17]
    Ibid., p. 71.

L’anthologie critique que nous présentent Françoise Collin, Evelyne Pisier et Eleni Varikas offre aux lecteurs une sélection de discours sur le féminin remarquablement choisie. En même temps, elle ouvre un très large champ d’interrogations. L’historienne, tout particulièrement, reste perplexe devant cet inventaire d’énoncés philosophiques qui, pour l’essentiel, semblent échapper à l’histoire. Peu de différences de contenu, en effet, dans ces textes : inlassablement, les hommes de lettres tissent la même toile qui, sous des couleurs différentes, représente le sexe féminin, inférieur, incomplet, mutilé, coupable. Sujet déchu, victime de sa nature, rationnellement et donc raisonnablement dominé par l’homme. Unique être politique, celui-ci incarne l’autorité dont dépend l’ordre de la cité. Des exceptions, bien sûr, mais nous y reviendrons. L’ensemble des extraits donnés à lire dans cet ouvrage met en lumière une forme de construction de la différence des sexes — méthode d’analyse déjà familière aux féministes. Mais davantage encore et, bien au-delà des principes d’exclusion depuis longtemps répertoriés, la lecture continue de l’anthologie révèle la mise en abyme d’une catégorie humaine. Par la médiation conceptuelle se construit, au fil des siècles, un être abstrait censé représenter l’ensemble des femmes dont l’existence s’inscrit dans l’immuabilité du temps. Plus précisément, l’expérience des femmes, quelle que soit la période considérée, n’intervient pas dans la construction du sens de l’histoire…


Date de mise en ligne : 19/11/2015

https://doi.org/10.3917/ltm.619.0095

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