Article de revue

Française, chrétienne et en colère

Pages 38 à 46

Citer cet article


  • Chauveau, S.
(2002). Française, chrétienne et en colère. Les Temps Modernes, 618(2), 38-46. https://doi.org/10.3917/ltm.618.0038.

  • Chauveau, Sophie.
« Française, chrétienne et en colère ». Les Temps Modernes, 2002/2 n° 618, 2002. p.38-46. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2002-2-page-38?lang=fr.

  • CHAUVEAU, Sophie,
2002. Française, chrétienne et en colère. Les Temps Modernes, 2002/2 n° 618, p.38-46. DOI : 10.3917/ltm.618.0038. URL : https://shs.cairn.info/revue-les-temps-modernes-2002-2-page-38?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ltm.618.0038


Notes

  • [1]
    Je n’ai pas parlé de conscience, on est bien d’accord !

Je suis française. Et même… comment dit-on déjà ? ah oui, française de Souche… La fameuse nuance aristocrate ! Donc chrétienne. Et pis, catholique. Certes ni pratiquante ni croyante, mais cette souche est mienne. C’est là que je prends racine pour m’éployer. Oser me choisir autre, universaliste et athée. Pour les choses précédentes, on ne m’a pas demandé mon avis. Naître en France de parents français, c’était aussi être baptisée. Invisibles signes de francité… Honnêtement je pensais jusqu’à aujourd’hui ne jamais faire référence à ces données de base. Je n’y pense d’ailleurs jamais sauf en voyage où je me félicite, intérieurement, d’être née à ce moment et à cet endroit-là du monde. Sous une bonne étoile ? Oui, puisque femme aussi et rebelle. En République, la révolte m’est un droit. Je l’exerce en sachant la loi et ce que je risque si je l’enfreins.
Pourquoi aujourd’hui énoncer ces faits, mettons socio-objectifs ? Parce que c’est en tant que tout cela que je suis horrifiée. Ce qui se passe dans mon pays m’horrifie. Mais être horrifié ne suffit pas. Ce qui se passe dans mon pays, ce qui s’accomplit contre mes concitoyens. Insupportable ! Agir, crier. Changer.
Faut-il être juif pour s’insurger contre un, deux, dix attentats, contre des propos, contre ce terrible mépris antisémites ?
Pourtant, jusqu’ici être français, ça m’allait. Petite, c’était comme mes parents, donc plus rassurant. Je devais finir ma soupe parce que les petits chinois avaient faim. Je ne sais pas ce que ça a finalement changé à leur faim, mais j’ai fini ma soupe…


Date de mise en ligne : 19/11/2015

https://doi.org/10.3917/ltm.618.0038

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