La quête du doctorat comme vecteur d’analyse de la professionnalisation du travail social
- Par Stéphane Rullac
Pages 45 à 58
Citer cet article
- RULLAC, Stéphane,
- Rullac, Stéphane.
- Rullac, S.
https://doi.org/10.3917/lps.191.0045
Citer cet article
- Rullac, S.
- Rullac, Stéphane.
- RULLAC, Stéphane,
https://doi.org/10.3917/lps.191.0045
Notes
- (1)Dans cet article, la discipline et la science seront utilisées comme les deux faces d’une même réalité : la discipline institutionnalise universitairement un savoir scientifique.
- (2)Cette hiérarchie des professions se retrouve notamment dans la nomenclature des Professions et Catégories Socioprofessionnelles (PCS) utilisée par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) en France. C’est ainsi que trois catégories distinguent les salariés, selon un principe de catégorisation des activités allant des plus techniques au plus intellectuelles : le groupe 3, qui comprend les cadres, les ingénieurs, les professeurs de lycée général, et au-delà les catégories A de la fonction publique, les directeurs généraux et leurs adjoints directs ; le groupe 4, qui comprend les professions intermédiaires, les techniciens et techniciens administratifs, les agents de maîtrise, les contremaîtres, les professeurs de lycée professionnel, et en dessous les infirmières, les assistantes sociales et les catégories B de la fonction publique ; le groupe 5, qui comprend les employés de bureau, de commerce et des services, les aides-soignants et les catégories C de la fonction publique. Au même niveau on trouve le groupe 6, composé des ouvriers hautement qualifiés, qualifiés, non qualifiés et des manœuvres.
- (3)Nous faisons ici référence au développement de la figure de l’ingénieur social dans ce champ professionnel. Comme par exemple en France, avec la création en 1978 du Diplôme Supérieur du Travail Social, devenu en 2005 le Diplôme d’État d’Ingénierie Sociale.
- (4)Cf. le texte édifiant de la situation en Italie, dans le chapitre écrit par Annamaria Campanini dans La Fabrique du doctorat, qui évoque la difficulté pour des docteurs en travail social à se faire embaucher comme professeurs dans leur propre discipline, au profit d’autres profils disciplinaires.
- (5)Diplôme d’État d’Assistant de Service Social (DEASS), Diplôme d’État d’Éducateur Spécialisé (DEES), Diplôme d’État d’Éducateur de Jeunes Enfants (DEEJE), Diplôme d’État d’Éducateur Technique Spécialisé (DEETS), et Diplôme d’État de Conseiller en Économie Sociale Familiale (DECESF).
- (6)
La question de savoir si le travail social est une profession peut être abordée à travers le prisme du doctorat en travail social. En effet, ce diplôme n’existe pas partout (comme en France, en Suisse et en Belgique par exemple) et, quand il existe, il souffre toujours d’un manque de légitimité, notamment par rapport à la sociologie. Si l’on considère que la reconnaissance d’une expertise scientifique est un gage d’existence en tant que profession, alors le travail social souffre en la matière d’un processus de reconnaissance fragile et partiel, tant que ce champ n’aura pas la légitimité pleine et entière de produire scientifiquement un savoir pour son usage professionnel. Nous proposerons de dresser un panorama des enjeux de professionnalisation du travail social, à travers l’analyse des freins et des intérêts qui se situent au cœur de la création et du développement d’un doctorat au service de ce champ professionnel.
4. The quest of the doctorate as a vector for analyzing the professionalization of social work
The question to know if the social work is a profession can be approached through the prism of the doctorate in social work. Indeed, this diploma does not exist everywhere (as in France, Switzerland and Belgium for example), and otherwise, it always suffers from a lack of legitimacy, in particular with regard to the sociology. If we consider that the gratitude of a scientific expertise is a security of existence as profession, then the social work suffers on the subject from a partial and fragile process of gratitude, as long as this field will not have the full and whole legitimacy to produce scientifically a knowledge for its professional use. We will propose an overview of the issues of professionalization of social work, through the analysis of the brakes and interests that are found at the center of the creation and development of a PhD at the service of this professional field.
4. El doctorado como vehículo para analizar la profesionalización del trabajo social
La cuestión de si el trabajo social es una profesión puede abordarse a través del prisma del doctorado en trabajo social. De hecho, este diploma no existe en todas partes (como en Francia, Suiza y Bélgica, por ejemplo) y, cuando existe, adolece de una falta de legitimidad, especialmente en relación con la sociología. Si consideramos que el reconocimiento de la pericia científica es una garantía de existencia como profesión, el trabajo social se encuentra atrapado en un proceso frágil y parcial de reconocimiento del que no saldrá hasta que este campo no tenga la legitimidad plena y completa para producir conocimiento científico para su uso profesional. Proponemos elaborar un panorama de los desafíos de la profesionalización del trabajo social, a través del análisis de los obstáculos e intereses que están en el centro de la creación y desarrollo de un doctorado al servicio de este campo profesional.