Vers l'armée de métier : la rhétorique silencieuse du lieutenant-colonel de Gaulle
Pages 105 à 121
Citer cet article
- PAVEAU, Marie-Anne,
- Paveau, Marie-Anne.
- Paveau, M.-A.
https://doi.org/10.3917/lcdm1.002.0105
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- Paveau, M.-A.
- Paveau, Marie-Anne.
- PAVEAU, Marie-Anne,
https://doi.org/10.3917/lcdm1.002.0105
De Gaulle déploie dans Vers l'armée de métier une rhétorique silencieuse fondée sur une philosophie de l'histoire et du réel. Silencieuse est en effet la manière dont l'auteur utilise la personnification de la France comme un véritable argument destiné à soutenir sa thèse centrale. Discrète également est sa façon de construire progressivement le lexique de l'armée professionnelle, pour aboutir à la formulation définitive annoncée dans le titre : armée de métier. La défense de l'armée professionnelle passe aussi par une critique indirecte et sans virulence du concept de nation armée, par laquelle les idées jaurèsiennes sont implicitement visées.
Mais une rhétorique silencieuse ne fait pas l'économie de certains flottements, et le texte de Vers l'armée de métier ne donne que des descriptions courtes et embryonnaires de ce que deviendrait le service militaire dans la nouvelle organisation militaire. Ce qui prévaut dans ce manifeste, c'est la philosophie de son auteur, fondée sur une perception du réel comme lieu d'essences intangibles, et dont l'expression recourt de ce fait fréquemment à l'argumentation par l'essence.
Texte de philosophe-stratège plus que de gestionnaire politique, Vers l'armée de métier contient une image concentrée des caractéristiques du discours gaullien.