Consommation de drogues et trafic
- Par Dominique Youf
Pages 4 à 5
Citer cet article
- YOUF, Dominique,
- Youf, Dominique.
- Youf, D.
https://doi.org/10.3917/lcd.056.0004
Citer cet article
- Youf, D.
- Youf, Dominique.
- YOUF, Dominique,
https://doi.org/10.3917/lcd.056.0004
Notes
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[*]
Dominique Youf, rédacteur en chef.
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[1]
Voir à ce sujet l’article de Marie Choquet et Christine Hassler paru dans Les Cahiers dynamiques n° 44 de septembre 2009, Prendre soin. http://www.cairn.info
1L’usage excessif et régulier de produits psycho-actifs est un des problèmes les plus préoccupants pour les jeunes. En soi, la consommation d’alcool, de tabac, de cannabis fait partie des expérimentations propres à l’âge adolescent. À 17 ans, neuf jeunes sur dix ont déjà consommé de l’alcool, sept sur dix ont essayé la cigarette et quatre sur dix le cannabis. Plus inquiétant est l’usage excessif et/ou régulier de ces produits qui se transforment en drogues. En 2004, une enquête de l’Inserm [1] a montré que les jeunes accueillis à la pjj consommaient davantage que les autres jeunes de leur âge. À cet égard, tant le secteur associatif habilité que le secteur public ont pris la mesure de ce problème dans la prise en charge des jeunes. La santé est devenue un axe prioritaire de l’action d’éducation depuis le milieu des années 2000. Des outils utiles comme le recueil des informations santé permettent à l’éducateur de disposer d’éléments facilitant la prise en considération de la consommation de drogues. Le recueil de références pour les pratiques professionnelles d’investigation et d’action d’éducation est également un guide précieux. Particulièrement quand on sait que la consommation problématique trouve sa source dans l’histoire et l’environnement social et familial de l’adolescent et que l’action d’éducation consiste à traiter ces facteurs.
Le trafic et la prise en charge éducative
2En revanche, la prise en compte de la question du trafic est plus récente. De ce point de vue, il faut remettre en question des représentations dominantes. Les jeunes participant au trafic des drogues illicites ne sont pas tous des consommateurs. Par ailleurs, les revenus retirés de cette activité ne sont pas aussi élevés qu’on pourrait l’imaginer, du moins pour ce qui concerne les acteurs en bas de la hiérarchie du trafic de drogues. Pour pouvoir mener une action d’éducation à l’égard des mineurs participant au trafic, il est important de connaître la sociologie et l’économie du trafic de drogues. Certes, il n’y a pas une prise en charge éducative fondamentalement différente des autres jeunes en difficulté. Les jeunes participant au trafic ont les mêmes difficultés sociales, familiales et psychologiques que les autres adolescents pris en charge. Cependant, ce serait aller à l’échec, si on ne comprenait pas les bénéfices tant matériels que symboliques que les jeunes retirent de cette activité. De même, une des conditions de la réussite éducative est de faire comprendre au jeune la pauvreté des revenus retirés de cette économie, la difficulté et les risques importants d’accéder au sommet de la hiérarchie du trafic.