Le jeune : acteur de la prise en charge
- Par Dominique Youf
Pages 4 à 5
Citer cet article
- YOUF, Dominique,
- Youf, Dominique.
- Youf, D.
https://doi.org/10.3917/lcd.046.0004
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- Youf, D.
- Youf, Dominique.
- YOUF, Dominique,
https://doi.org/10.3917/lcd.046.0004
1Les discours de vérité sur les jeunes, pour reprendre une expression de Michel Foucault, sont tenus par les spécialistes, qu’ils soient chercheurs ou professionnels.
2Ces derniers tirent de leurs pratiques et de leur technicité des connaissances sur les jeunes qu’ils prennent en charge. Ils conduisent leur action en visant l’intérêt des enfants ou des adolescents. Ils expriment, notamment dans ces colonnes, les réflexions que leur inspirent leurs pratiques professionnelles.
3Mais que pensent les jeunes eux-mêmes de l’action éducative? Leur opinion sur cette action est-elle en opposition avec les objectifs visés par les travailleurs sociaux?
4Pendant longtemps, la parole de l’usager, surtout lorsqu’il est jeune, a été mise en doute systématiquement. Il était tenu pour incapable de dire quelque chose de valide sur ce qui l’intéresse en premier lieu. Seuls les adultes, parents et professionnels, étaient censés définir à sa place son intérêt. Cette conception est, désormais, derrière nous.
5Mais comment accéder à la parole du jeune?
6Celle-ci peut être recueillie mais elle est rarement livrée « brute ». C’est un adulte, souvent un chercheur, qui recueille cette parole. Certes, il occupe une place différente de celle du travailleur social; il n’en demeure pas moins que le discours du jeune passe au travers de sa grille d’interprétation.
7Malgré ces limites, ce que dit l’enfant ou l’adolescent de sa prise en charge éducative est extrêmement éclairant. Sa vision est souvent différente de celle des professionnels. Si dans de nombreuses circonstances, il trouve que l’intervention éducative lui a été bénéfique, il n’est pas rare qu’il l’ait vécue comme une violence, aussi bien dans des procédures pénales qu’en protection de l’enfance.
La participation des jeunes à l’action d’éducation
8Ce que nous apprennent les chercheurs qui ont essayé d’accéder à la parole du jeune est que celui-ci vit différemment selon qu’il a été réellement associé à sa prise en charge ou qu’il a eu le sentiment d’être le simple objet d’une décision.
9Le cadre de l’action d’éducation au pénal ou les situations d’urgence en protection de l’enfance rendent parfois difficile l’attention à ce que vit réellement le jeune.
10Il est pourtant décisif de prendre en considération, au moment opportun, ce que ressent et pense le jeune de la nature et des modalités de sa prise en charge.