Espaces domestiques et villageois chez les Baruya
Une tribu des Hautes Terres de l’intérieur de la Nouvelle-Guinée
- Par Maurice Godelier
Pages 121 à 127
Citer cet article
- GODELIER, Maurice,
- Godelier, Maurice.
- Godelier, M.
https://doi.org/10.3917/visit.020.0114
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- Godelier, Maurice.
- GODELIER, Maurice,
https://doi.org/10.3917/visit.020.0114
Les Baruya sont une petite tribu qui réside dans deux hautes vallées d’une chaîne de montagnes, la Kratke Range, dont les sommets atteignent 3720 m, au mont Piora. Les vallées s’étagent entre 1800 et 2300 m. Cette région avait été l’une des dernières à passer, en juin 1960, sous le contrôle de l’administration coloniale australienne. Elle avait été auparavant explorée en 1951 par un jeune officier, James Sinclair, qui avait entendu parler des Batia, une tribu réputée dans toute la région pour le sel qu’elle fabriquait et échangeait avec ses voisins. Ces Batia n’étaient autres que les Baruya. En 1965, la région avait été déclarée « pacifiée » et ouverte à la libre circulation des Blancs. Deux missions protestantes vinrent s’y installer et en 1966 je suis arrivé chez les Baruya pour un premier terrain qui dura trois ans, jusqu’à la fin 1968. Ensuite, j’y suis retourné plusieurs fois jusqu’en 1981, réalisant au total sept années de travail de terrain dans cette tribu. En 1975, l’Australie décida de donner l’indépendance à son ancienne colonie qui devint l’État de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Jusqu’en 1960, les Baruya n’avaient jamais rencontré de Blancs et continuaient à utiliser des outils de pierre pour ouvrir des jardins dans la forêt et pour construire leurs habitations. Mais après la Seconde Guerre mondiale, des outils d’acier, des haches et des machettes, fabriquées en Allemagne ou en Grande-Bretagne, parvinrent jusque chez les Baruya par le jeu du commerce intertribal entre les populations de la côte et celles des Hautes Terres…
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