Pepysian Meditations on the Passion of Christ. Edited from Cambridge, Magdalene College, MS Pepys 2125, éd. Mayumi Taguchi, Yoko Iyeiri, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2019 ; 1 vol., LXXI–94 p. (Middle English Texts, 56) ISBN : 978-3-8253-4630-0. Prix : € 55,00
- Par Stephen Morrison
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Citer cet article
- MORRISON, Stephen,
- Morrison, Stephen.
- Morrison, S.
https://doi.org/10.3917/rma.281.0183zo
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- Morrison, Stephen.
- MORRISON, Stephen,
https://doi.org/10.3917/rma.281.0183zo
Notes
-
[17]
The English Manuscripts of Richard Rolle, Liverpool, 2010.
1 Ce volume, le 56e de la collection Middle English Texts, offre pour la première fois une édition de la Meditacion of Cristes Passion (PMPC), conservée uniquement dans le ms. Cambridge, Magdalen College, Pepys 2125 (d’où la mention de Pepysian dans le titre). Il s’agit d’un texte long, en prose, datant du xve siècle, qui, destiné à l’origine à un public féminin franciscain, a vite attiré l’attention d’un lectorat masculin, selon les É.
2 Ces É., spécialistes en philologie anglaise du Moyen Âge, considèrent que le PMPC est une traduction directe d’une partie des Meditationes vitae Christi (MVC), vers 1300, attribuées (peut-être à tort) à saint Bonaventure, un texte qui a connu une diffusion importante tout au long du Moyen Âge finissant. Or, comme indiquent en détail les É., la section des MVC qui traite de la Passion du Christ, se trouve dans un texte lié à ce premier, à savoir les Meditationes de Passione Christi, qui a bénéficié d’une diffusion indépendante dans cette période. Les liens entre ces textes en latin, ainsi que la place occupée par le PMPC dans cette tradition, sont ici scrupuleusement examinés et éclairés (p. LVII–LXIII).
3 Dans l’Introduction, on trouve naturellement une description exhaustive (p. XII–XXV) de ce ms. Pepys 2125, qui conserve un mélange de textes de dévotion très varié comme, par exemple, The Chastising of God’s Children, The Charter of the Abbey of the Holy Ghost, prières, sermons, ainsi que The Form of Living et le Ego dormio de Richard Rolle (mort en 1349), tous disponibles sous forme d’éditions modernes. En revanche, d’autres textes importants, en prose et en vers, restent à ce jour, inédits. Le scribe A (les éditrices identifient la présence de cinq mains dans ce manuscrit), responsable du PMPC, travaillait, de toute évidence, dans un scriptorium sur un volume destiné à une maison religieuse, probablement des réguliers.
4 Quant à la localisation géographique du manuscrit, les É. affirment (p. XLVI–LII), à l’instar d’autres chercheurs, qu’il s’agit d’une production des Midlands-Ouest, avec une origine probable dans le comté du Gloucestershire. Leurs analyses montrent, cependant, la présence de formes orthographiques typiques du Sud du pays, ainsi que des formes dites « populaires » (« popular forms »), c’est-à-dire qui se trouvent bien répandues dans grand nombre de compositions en moyen-anglais tardif, quelle que soit la région concernée. Cette section a vocation à souligner, implicitement du moins, la difficulté à localiser aisément les textes en anglais datés de la fin du Moyen Âge.
5 La question de la date du PMPC est abordée par les É. à travers une analyse linguistique détaillée. Elles concluent, avec R. Hanna [17], que la première moitié du xve siècle est tout à fait probable, avec une petite préférence, encore comme Hanna, pour une date vers 1425.
6 Cette belle édition comporte également une étude, traditionnelle et descriptive (p. XXIX–LVI) de la langue, qui est un complément à la partie consacrée à sa localisation, mentionnée ci-dessus. Elle suit la méthode élaborée par le Linguistic Atlas of Late Medieval English (1984), ouvrage qui demeure, en dépit de certaines critiques récentes, une référence indispensable.
7 Le travail très soigné des É. est à saluer ; elles offrent aux linguistes, aux philologues, aux lexicographes et aux étudiants de la littérature religieuse affective un texte fiable, accompagné d’un éventail de commentaires riches. L’ensemble est à recommander à tous les médiévistes, anglicistes ou non.
8 Stephen Morrison