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Compte rendu

Þe Instytucyonys and Specyal Dedys of Relygyows Carmelitys. Edited from London, Lambeth Palace, MS 192 , éd. Valerie Edden, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2016 ; 1 vol., xxvi–252 p. (Middle English Texts, 54). ISBN : 978-3-8253-6709-1. Prix : € 58,00

Page XLVIII

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  • Morrison, S.
(2019). Þe Instytucyonys and Specyal Dedys of Relygyows Carmelitys. Edited from London, Lambeth Palace, MS 192 , éd. Valerie Edden, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2016 ; 1 vol., xxvi–252 p. (Middle English Texts, 54). ISBN : 978-3-8253-6709-1. Prix : € 58,00. Le Moyen Age, Tome CXXV(3), XLVIII-XLVIII. https://doi.org/10.3917/rma.253.0651zv.

  • Morrison, Stephen.
« Þe Instytucyonys and Specyal Dedys of Relygyows Carmelitys. Edited from London, Lambeth Palace, MS 192 , éd. Valerie Edden, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2016 ; 1 vol., xxvi–252 p. (Middle English Texts, 54). ISBN : 978-3-8253-6709-1. Prix : € 58,00 ». Le Moyen Age, 2019/3 Tome CXXV, 2019. p.XLVIII-XLVIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2019-3-page-XLVIII?lang=fr.

  • MORRISON, Stephen,
2019. Þe Instytucyonys and Specyal Dedys of Relygyows Carmelitys. Edited from London, Lambeth Palace, MS 192 , éd. Valerie Edden, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2016 ; 1 vol., xxvi–252 p. (Middle English Texts, 54). ISBN : 978-3-8253-6709-1. Prix : € 58,00. Le Moyen Age, 2019/3 Tome CXXV, p.XLVIII-XLVIII. DOI : 10.3917/rma.253.0651zv. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2019-3-page-XLVIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.253.0651zv


Notes

  • [35]
    Londres, Lambeth Palace Library, 192.

1 Cette édition de þe Instytucyonys and Specyal Dedys of Relygyows Carmelitys est le 54e volume de la prestigieuse série Middle English Texts, publiée à Heidelberg depuis 1975. Elle comprend une introduction, le texte de þe Instytucyonys (178 p.), un commentaire détaillé, un glossaire et une bibliographie où le nombre de sources primaires est plus important que celui des sources secondaires.

2 þe Instytucyonys est la traduction en moyen anglais de De institucione et peculiaribus gestis religiosorum carmelitarum decem libri in lege veteri exortorum et in nova perseverancium de Felip Ribot, un catalan, mort en 1391. Ce texte est aussi connu sous le nom de The Book of the First Monks, titre utilisé par l’É., V. Edden, tout au long de son édition. La traduction est de la plume de Thomas Scrope. Ribot et Scrope étaient tous les deux de l’ordre des carmélites. Le texte latin date de la deuxième moitié du xive siècle, peut-être entre 1379 et 1390. On pense que la traduction a été réalisée vers 1440 dans le monastère carmélite de Norwich dans l’Est Anglie. Pour le texte moyen anglais, il n’existe qu’un seul témoin manuscrit [35]. Ce texte a probablement été réalisé dans la deuxième moitié du xve siècle. Dans la première part. de Lambeth 192 se trouve une version du texte de Ribot, à l’origine un codex distinct, relié avec le ms. de la traduction à l’époque post médiévale.

3 Dans son introduction, V.E. souligne l’importance du texte de Ribot. Pendant longtemps, celui-ci a été considéré comme une histoire « officielle » de l’ordre et, de ce fait, a eu une grande influence sur la perception de l’identité et de la spiritualité de l’ordre. L’É. résume ensuite le peu que l’on sait de la vie de Ribot, avant de passer à une brève description du contenu de son œuvre (p. xii–xiii). Dans son prologue, Ribot affirme qu’il a compilé une anthologie de morceaux tirés des textes fondateurs de l’ordre et il les nomme. L’É. doute de la véracité de ces affirmations et une discussion s’en suit. Quant à Scrope, également connu sous le nom de Bradley (peut-être le lieu de sa naissance, non loin de Norwich, où il habitait), on possède une biographie de lui par John Bale, publiée en 1557, dont les éléments sont vérifiables en consultant d’autres témoins. Il fut un écrivain prolifique. Son œuvre (listée à la p. xviii) comprend des textes en latin destinés à la communauté carmélite, dont le but était la défense de l’idée selon laquelle les carmélites formaient le plus ancien des ordres mendiants.

4 S’il est relativement aisé de comprendre qui était le public auquel s’adressait l’œuvre latine, la question du public visé par þe Instytucyonys est plus complexe. Dans le premier livre, par exemple, on trouve une discussion des stades successifs de la vie spirituelle accompagnée de conseils pour l’atteindre. Or, ces enseignements auraient intéressé autant les laïcs, surtout les ermites laïques, que les ecclésiastiques. Une deuxième traduction de Scrope, The Rule of St Linus, destinée à ces ermites, renforce l’idée que les textes en langue vernaculaire avaient pour cible les ydiotae de la société anglaise.

5 V.E. consacre une petite part. de son introduction à la qualité de la traduction de Scrope (p. xxi–xxii), mais ses observations sont utiles. Elles révèlent un traducteur peu sûr de lui, enclin à traduire trop littéralement et susceptible de commettre des erreurs lexicales et grammaticales. Parfois, il n’arrive pas à lire correctement son modèle.

6 Deux copistes principaux sont responsables de la rédaction de la deuxième part. du ms., celle qui contient la traduction. Grosso modo, le premier a complété les trois premiers livres, le second les livres quatre à dix, la fin du texte. Tous deux ont travaillé assez soigneusement, en résolvant bon nombre de contre-sens. Ainsi, 16/37 : flesscly pour flesschly (« charnel ») ; 81/32 : bedryd (« cloué au lit ») pour gendryd (« engendraient »), le terme voulu ; 98/19 : apperydyd pour apperyd (« apparaissaient ») ; 104/3 : prossowrys pour professowrys (« les fidèles ») ; 109/21 : pprohete pour prophete (« prophète ») ; 114/17 : schoogyn pour choosyn (« choisir »). La liste n’est pas exhaustive.

7 Le texte présenté par l’É. est d’une grande cohérence. Les erreurs de traduction commises par Scrope sont conservées et font l’objet d’explications dans le commentaire. Dans ce sens, la politique éditoriale est plutôt non-interventionniste. Cependant, certaines décisions prises par l’É. semblent discutables. Le rejet de 6/18 : wordly (« séculier ») ; 17/39, 19/19 : word et 122/20 : werd (« monde »), est difficile à comprendre car ces formes orthographiques (sans -l-) sont très bien attestées dans des textes, comme Jacob’s Well, par exemple, en provenance de l’Est Anglie, le pays de Scrope. Encore, la préférence pour les formes en -g- au détriment de yogh, ʒ et de -k-, mérite une explication : 95/30 : ʒonges pour ʒonkes (« la jeunesse ») ; 12/36 : geldyng pour keldyng, (« en se castrant », dans un sens figuré) ; 20/6 : thynkyn pour thyngyn (« penser »). Ces points mineurs n’enlèvent cependant rien à la qualité de cette édition. Elle mérite une large diffusion.

8 Stephen Morrison


Date de mise en ligne : 16/07/2020

https://doi.org/10.3917/rma.253.0651zv