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Compte rendu

Economia della salvezza e indulgenza nel Medioevo, éd. Étienne Doublier, Jochen Johrendt, Milan, Vita e Pensiero, 2017 ; 1 vol., viii–246 p. (Ordines, 6). ISBN : 978-8-8343-3401-0. Prix : € 25,00

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Citer cet article


  • Le Roux, A.
(2019). Economia della salvezza e indulgenza nel Medioevo, éd. Étienne Doublier, Jochen Johrendt, Milan, Vita e Pensiero, 2017 ; 1 vol., viii–246 p. (Ordines, 6). ISBN : 978-8-8343-3401-0. Prix : € 25,00. Le Moyen Age, Tome CXXV(3), XLI-XLI. https://doi.org/10.3917/rma.253.0651zo.

  • Le Roux, Amandine.
« Economia della salvezza e indulgenza nel Medioevo, éd. Étienne Doublier, Jochen Johrendt, Milan, Vita e Pensiero, 2017 ; 1 vol., viii–246 p. (Ordines, 6). ISBN : 978-8-8343-3401-0. Prix : € 25,00 ». Le Moyen Age, 2019/3-4 Tome CXXV, 2019. p.XLI-XLI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2019-3-page-XLI?lang=fr.

  • LE ROUX, Amandine,
2019. Economia della salvezza e indulgenza nel Medioevo, éd. Étienne Doublier, Jochen Johrendt, Milan, Vita e Pensiero, 2017 ; 1 vol., viii–246 p. (Ordines, 6). ISBN : 978-8-8343-3401-0. Prix : € 25,00. Le Moyen Age, 2019/3-4 Tome CXXV, p.XLI-XLI. DOI : 10.3917/rma.253.0651zo. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2019-3-page-XLI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.253.0651zo


1 Le recueil intitulé Economia della Salvezza e indulgenza nel Medioevo est composé de neufs art. écrits en italien et en allemand. Il porte sur la mise en forme des doctrines théologiques et canoniales de nouvelles pratiques de l’économie du salut par les indulgences et son affirmation au xiiie siècle. Les A. s’appuient sur une variété de sources juridiques et religieuses.

2 Pour commencer, É. Doublier montre comment les canonistes du xiiie siècle ont réfléchi à la nature des rémissions totales ou partielles des peines temporelles liées à des péchés, ainsi qu’à la mise en place de compensations de ces peines temporelles. Les indulgences sont alors non seulement liées à la prière pour le salut de l’âme, mais sont aussi l’objet d’opérations pieuses et dévotionnelles. Des cadres conceptuels et normatifs sont alors élaborés. Ensuite, M. Ohst s’est intéressé aux origines des indulgences remontant au iie siècle et au christianisme évangélique. Tout d’abord, le baptême administré à des adultes vaut depuis les conciles de Nicée et de Constantinople rémission des péchés, car le chrétien faisait rémission de sa vie passée. Ensuite, confinée à des milieux intellectuels, une nouvelle vision de la pénitence est proposée : celle d’Augustin. La misère du péché est outrepassée à travers la foi, l’humilité et l’amour. Le christianisme développe alors une forme de transfert. Il s’agit d’offrir quelque chose en échange de son péché. L’A. montre ensuite comment le pouvoir de l’Église est de soutenir le pêcheur dans son parcours afin de récupérer la grâce baptismale perdue.

3 Puis M.P. Alberzoni montre comment les théologiens et les canonistes ont amené une nouvelle pastorale de l’Église en matière d’indulgences, avec la confession, administration de la pénitence et rémission de la peine liée aux péchés. Au xiiie siècle, l’indulgence plénière liée à la croisade a alimenté l’espérance des fidèles de pouvoir atteindre le salut sans une implication de force et de temps excessivement onéreux. Ensuite, différentes constitutions du concile de Latran iv réglementent le prix des indulgences. Les ordres mendiants jouent alors un rôle de plus en plus déterminant pour soutenir la réflexion théologique comme dans les pratiques. A. Wolny propose alors de quantifier les indulgences au xiiie siècle, notamment à travers l’étude des diocèses d’Halberstadt et de Naumburg. La quantification permet d’illustrer la monétarisation des pratiques des indulgences et de mettre en avant la rémission de la pénitence. Une forme de mentalité mercantile se met en place. Par la thésaurisation et la quantification de la dévotion, les indulgences sont conçues comme un atout à accumuler et à préserver.

4 Ensuite, J. Johrendt étudie l’indulgence comme un « outil de distinction pour les églises de Rome ». L’enregistrement des taxes dans les différentes églises, à Saint-Jean du Latran ou à Saint-Pierre du Vatican, ainsi que leur sauvegarde dans les registres attestent l’importance prise par les rémissions pénitentielles. La hiérarchie accompagne une dynamique d’abord autonome, qui s’affirme ensuite pleinement, celle de la rémission plénière pour la visite d’une seule église. Puis É.D. étudie l’implication des fraternités, confraternités et groupes confraternels dans la vie religieuse et surtout dévotionnelle. L’assistance des mendiants montrent que leur insertion dans la question des indulgences était un moyen d’avoir un impact sur la vie religieuse et de consolider leur position dans la cité. En outre, les confraternités laïques assistées des frères mendiants ont reçu le soutien des papes et de leurs légats. Ensuite, L. Wolfinger observe l’engagement de Saint-Louis dans la genèse de l’indulgence princière et la manière dont il a influencé ses successeurs. C’est une économie du salut de la société laïque qui se met en place. L’intérêt du roi capétien pour les indulgences trouve son expression dans plusieurs initiatives : la participation à deux croisades, des dépenses dans l’organisation dans la prédication pour la croix et dans la distribution des pardons. Du siège apostolique, le roi a obtenu le consentement que ceux qui font simplement des prières pour le succès de la croisade obtiennent un pardon individuel. J. Hrdina étudie ensuite les pratiques religieuses et dévotionnelles dans le royaume de Bohême. Les rémissions pénitentielles sous la forme d’indulgences apparaissent à la fin du xiie siècle. Leur diffusion est d’abord due aux ordres mendiants, puis elles se diffusent à tous les niveaux des institutions ecclésiastiques. Dans la seconde moitié du xive siècle, les lieux de pèlerinage, notamment ceux liés à la dévotion mariale, se développent. Ensuite, dans la moitié du xive siècle, les indulgences accordées pour la prière devant une statue ou une image s’affirment. Ce type de culte a été favorisé pour stimuler la dévotion et développer la prière. Ils cœxistaient avec des pratiques plus récentes, processions ou ostentation de reliques.

5 Enfin, B. Hamm illustre le rapport entre système médiéval de l’indulgence et la réforme protestante, en revisitant les racines d’une dialectique inévitablement conflictuelle entre les indulgences et la réformes. Au début de la réforme, l’indulgence est une forme particulière d’évangélisation missionnaire. Pour Luther, toutefois, le salut de l’âme est un don gratuit de Dieu pour lequel l’homme n’est tenu de fournir rien en échange. Pourtant à la fin du xve siècle, la grâce a été identifiée comme un trésor de la Passion du Christ. L’accentuation du caractère externe de la grâce salvatrice et protectrice du Christ, médiateur du salut se poursuit après la Réforme, mais est plus limitée. Luther confère à l’autorité du pape une dimension horizontale, la limitant à la sphère de la juridiction des pénitences canoniques, la privant du pouvoir d’absolution.

6 Ce sont donc les différentes formes de dévotions élaborées au xiiie siècle et leurs évolutions qui sont mises en valeur dans cet ouvrage. L’ensemble forme une bonne introduction pour se plonger dans l’histoire des indulgences et appréhender la vaste bibliographie allemande et italienne.

7 Amandine Le Roux


Date de mise en ligne : 16/07/2020

https://doi.org/10.3917/rma.253.0651zo