Haskins Society Journal. Studies in Medieval History, éd. Laura L. Gathagan, William North, t. 27, Woodbridge, Boydell, 2016 ; 1 vol., xiv–200 p. ISBN : 978-1-78327-148-1. Prix : GBP 50.
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Citer cet article
- LACHAUD, Frédérique,
- Lachaud, Frédérique.
- Lachaud, F.
https://doi.org/10.3917/rma.243.0733zm
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- Lachaud, F.
- Lachaud, Frédérique.
- LACHAUD, Frédérique,
https://doi.org/10.3917/rma.243.0733zm
1 Les dix contributions réunies dans le volume de la Haskins Society pour 2015 couvrent un spectre chronologique, géographique et thématique particulièrement étendu : des constructions rurales dans la Bretagne romaine (M. Millett) aux « entrepreneurs militaires » dans les armées d’Édouard Ier (D. Bachrach, O. Stoutner), de l’Angleterre à la Terre sainte (J.W. Izzo) en passant par la Germanie ottonienne et la Catalogne (S. Ifft Decker), des thèmes variés sont abordés en prenant en considération les dernières avancées de la recherche. On ne sera pas surpris de trouver là plusieurs contributions portant sur l’écriture de l’histoire, une thématique dominante depuis quelques années : K. Cross démontre comment Byrhtferth, auteur d’une Historia regum rédigée pendant le règne d’Æthelred, adapte la Vie d’Alfred par Asser afin de diffuser un message sur l’importance pour le roi contemporain de réinvestir le rôle de chef d’armée. L’Historia d’Alfred de Beverley pour sa part développe sous le règne d’Étienne de Blois la conception de l’histoire de l’Angleterre comme un royaume unifié depuis longtemps, sous l’égide de rois souverains ; ce clerc séculier est d’ailleurs le premier à intégrer l’Historia regum Britannie de Geoffroy de Monmouth à une histoire générale de la Grande-Bretagne.
2 La notion d’autorité fait l’objet de la belle étude de J. Hill sur Ælfric, dont elle démontre qu’il a utilisé pour ses commentaires bibliques l’œuvre de Smaragde et de Paul Diacre davantage que celle de Bède, notamment pour des questions pratiques. Quant à la légitimité politique, celle-ci est abordée au travers de l’exemple de l’usage des reliques chez les empereurs ottoniens, en particulier de la Sainte Lance, dont ils saisirent pleinement le potentiel symbolique, à l’opposé par exemple des rois anglo-saxons, pourtant eux aussi collectionneurs de reliques (L.E. Wangerin). La succession d’Henri Ier en Angleterre et en Normandie est étudiée par M.E. Blincoe, qui démontre comment le comte d’Anjou Geoffroy le Bel considérait sa place dans le « royaume anglo-normand » depuis son mariage avec Mathilde, la fille d’Henri Ier Beauclerc : l’étude démontre clairement que la position du couple évolua en fonction des circonstances, jusqu’à accepter l’idée de privilégier les droits successoraux de leur fils.
3 On soulignera ici l’importance de la contribution de K.L. Hodges-Kluck sur les figures d’Hélène et de Constantin dans les textes anglais, laquelle vient débrouiller les fils d’une tradition particulièrement complexe. À la mort de son père Constance Chlore en 306, Constantin fut proclamé Auguste par la légion romaine d’York. C’est ce qui explique que très tôt une tradition ait associé la mère de Constantin, Hélène, à la Bretagne, et que dès Aldhelm, évêque d’York († 709), on ait voulu situer là la naissance de Constantin, alors qu’Hélène devenait, dans certains textes gallois et anglo-saxons, la fille du roi Coel de Colchester. Geoffroy de Monmouth à son tour s’empara de la figure d’Hélène pour la parer de toutes les qualités de la figure féminine au pouvoir, sans doute de manière à exalter la figure de Mathilde l’Impératrice. Enfin, dans le contexte de la Troisième croisade, les accomplissements d’Hélène en Terre sainte, marquées par la construction de plusieurs églises, et selon la légende par la découverte de la Vraie Croix, trouvèrent une signification nouvelle : « notre Hélène » devenait pour les rois Plantagenêts un symbole de l’importance de la Terre sainte pour la dynastie. On ne peut que s’étonner d’autant plus du peu d’empressement donné par Henri II à soutenir la croisade.
4 Frédérique Lachaud