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Compte rendu

Anglo-Norman Studies. xxxviii. Proceedings of the Battle Conference 2015, éd. Elizabeth van Houts, Woodbridge, Boydell, 2016 ; 1 vol., xvi–197 p. ISBN : 978-1-78327-101-6. Prix : GBP 50.

Page XLII

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  • Lachaud, F.
(2018). Anglo-Norman Studies. xxxviii. Proceedings of the Battle Conference 2015, éd. Elizabeth van Houts, Woodbridge, Boydell, 2016 ; 1 vol., xvi–197 p. ISBN : 978-1-78327-101-6. Prix : GBP 50. Le Moyen Age, Tome CXXIV(3), XLII-XLII. https://doi.org/10.3917/rma.243.0733zp.

  • Lachaud, Frédérique.
« Anglo-Norman Studies. xxxviii. Proceedings of the Battle Conference 2015, éd. Elizabeth van Houts, Woodbridge, Boydell, 2016 ; 1 vol., xvi–197 p. ISBN : 978-1-78327-101-6. Prix : GBP 50. ». Le Moyen Age, 2018/3 Tome CXXIV, 2018. p.XLII-XLII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-3-page-XLII?lang=fr.

  • LACHAUD, Frédérique,
2018. Anglo-Norman Studies. xxxviii. Proceedings of the Battle Conference 2015, éd. Elizabeth van Houts, Woodbridge, Boydell, 2016 ; 1 vol., xvi–197 p. ISBN : 978-1-78327-101-6. Prix : GBP 50. Le Moyen Age, 2018/3 Tome CXXIV, p.XLII-XLII. DOI : 10.3917/rma.243.0733zp. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-3-page-XLII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.243.0733zp


1 Les scènes représentées sur la Tapisserie de Bayeux ont donné lieu à de multiples interprétations, mais celle qui figure dans le volume des actes du colloque de Battle de 2015 offre une version particulièrement convaincante de la présence de trois personnages – Turold, Wadard et Witalis – sur la tapisserie : H.M. Thomas suggère en effet qu’il s’agit de trois vassaux ou tenants d’Eudes de Bayeux (le nom de Turold désignant le personnage à gauche du nom et non le nain qui tient les brides de la monture), et que la Tapisserie avait notamment pour objet de célébrer la bonne seigneurie d’Eudes et les liens de solidarité au sein de sa retenue. Cette contribution est à l’image des autres textes réunis dans le volume des contributions présentées au colloque de Battle en 2015, qui examinent à nouveaux frais une série de thèmes relativement familiers, qu’il s’agisse du rôle des laïcs dans la culture religieuse du xiie siècle, à partir de l’exemple de la Vita et passio de William de Norwich (M. Rubin), de la diffusion des sceaux dans l’aristocratie, un phénomène dont J.F. Nieus démontre la précocité dans le monde anglo-normand, ou des retombées de la Conquête sur les villes anglaises (J. Paletta), avec une attention particulière prêtée au contexte politique et social précis de chaque ville étudiée : on peut faire ainsi contraster les destinées de Hereford, où une population d’origine française et un château furent antérieurs à la Conquête, et qui se fut fidèle à la nouvelle royauté normande, et celles de Shrewsbury, décidément hostile, comme le montre la rébellion de 1069.

2 La contribution d’A. Sapir Abulafia ouvre des voies nouvelles sur les relations entre juifs et chrétiens, d’après les gloses d’un ms. anglo-normand de Gratien : sur le thème du caractère licite ou non de la conversion forcée, elle démontre de manière convaincante qu’il ne s’agit pas tant dans l’esprit des canonistes anglais de sauver les juifs (qui n’obtiennent aucun avantage spirituel si la foi intérieure est absente) que de sauvegarder les sacrements contre tout déshonneur. Et la question des droits concurrents sur les naufrages, qui fait l’objet d’une critique si émouvante chez Giraud de Barry, reçoit ici enfin tout l’attention qui lui est due avec la contribution de S. Raich. De manière paradoxale, l’amélioration que semblait représenter la règle selon laquelle la survie d’un unique naufragé pouvait garantir que les biens récupérés sur l’estran ne revenaient ni au seigneur du lieu ni aux populations locales fut peut-être en réalité une sentence de mort pour ceux qui avaient survécu à un naufrage.

3 Plusieurs contributions ont pour thème la question de l’économie monastique au sens large : C. Beaumont propose de comprendre l’effort hagiographique qu’on observe à l’abbaye de Barking au xie siècle dans le contexte de rivalités sur le long terme entre l’évêque de Londres et l’abbaye, encore exacerbées il est vrai dans le contexte de la Conquête. Économie matérielle et économie spirituelle apparaissent profondément liées dans les écrits d’Anselme de Cantorbéry, d’Eadmer ou de Jocelin de Brakelond (G.E.M. Gasper), alors que K. Hammond propose une fine et très belle étude des disputes successorales au sein des familles aristocratiques normandes telles que les documents relatifs aux conflits autour des donations aux monastères nous permettent de les voir : à la coexistence de règles successorales concurrentes (partage de l’héritage ou primogéniture), il faut ajouter la tradition propre à chaque famille, comme les opportunités offertes par la Conquête, qui dut renforcer la possibilité de laisser une partie de l’héritage aux cadets.

4 Les États latins d’Orient font l’objet de deux importantes contributions. A.V. Murray revient sur le destin de Constance, princesse d’Antioche, déposée en 1163 au profit de son fils ; dans un contexte particulièrement hostile à l’exercice du pouvoir par les femmes, Constance tenta malgré tout d’imposer son gouvernement, en s’appuyant notamment sur des alliances avec Byzance. La magnifique contribution de L. Russo sur la croisade et les Normands d’Italie du Sud suggère que la combinaison des aléas politiques en Terre sainte, et surtout l’absence d’une mémoire de la croisade – puissant levier d’action dans d’autres régions d’Occident – expliquent la participation réduite des Italiens du Sud à l’entreprise de croisade.

5 Enfin, la tenue du colloque de Battle en 2015 nécessitait de célébrer la Grande Charte : l’étude de J. Hudson sur la transformation du texte connu sous le nom d’Articles des Barons en ce qu’il convint par la suite d’appeler la Grande Charte suggère le rôle tenu dans l’élaboration du texte par le baron Robert fitz Walter et souligne le fait que Jean sans Terre parvint à imposer son point de vue sur un certain nombre de points majeurs – ce qui ne l’empêcha pas de dénoncer l’accord quelques semaines plus tard.

6 Frédérique Lachaud


Date de mise en ligne : 15/11/2019

https://doi.org/10.3917/rma.243.0733zp