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Compte rendu

Kulturen des Buches in Spätantike, Mittelalter und Früher Neuzeit, éd. Michael Brauer, coll. Birgit Karl, Claudia Maria Kraml, Heidelberg, Universitatsverlag Winter, 2017 ; 1 vol., 240 p. (Interdisziplinäre Beiträge zu Mittelalter und Früher Neuzeit, 8). ISBN : 978-3-8253-6837-1. Prix : € 40,00.

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  • Andersen, P.
(2018). Kulturen des Buches in Spätantike, Mittelalter und Früher Neuzeit, éd. Michael Brauer, coll. Birgit Karl, Claudia Maria Kraml, Heidelberg, Universitatsverlag Winter, 2017 ; 1 vol., 240 p. (Interdisziplinäre Beiträge zu Mittelalter und Früher Neuzeit, 8). ISBN : 978-3-8253-6837-1. Prix : € 40,00. Le Moyen Age, Tome CXXIV(3), XIV-XIV. https://doi.org/10.3917/rma.243.0733n.

  • Andersen, Peter.
« Kulturen des Buches in Spätantike, Mittelalter und Früher Neuzeit, éd. Michael Brauer, coll. Birgit Karl, Claudia Maria Kraml, Heidelberg, Universitatsverlag Winter, 2017 ; 1 vol., 240 p. (Interdisziplinäre Beiträge zu Mittelalter und Früher Neuzeit, 8). ISBN : 978-3-8253-6837-1. Prix : € 40,00. ». Le Moyen Age, 2018/3 Tome CXXIV, 2018. p.XIV-XIV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-3-page-XIV?lang=fr.

  • ANDERSEN, Peter,
2018. Kulturen des Buches in Spätantike, Mittelalter und Früher Neuzeit, éd. Michael Brauer, coll. Birgit Karl, Claudia Maria Kraml, Heidelberg, Universitatsverlag Winter, 2017 ; 1 vol., 240 p. (Interdisziplinäre Beiträge zu Mittelalter und Früher Neuzeit, 8). ISBN : 978-3-8253-6837-1. Prix : € 40,00. Le Moyen Age, 2018/3 Tome CXXIV, p.XIV-XIV. DOI : 10.3917/rma.243.0733n. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2018-3-page-XIV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.243.0733n


1 Ce volume réunit onze contributions sur l’histoire et la culture du livre depuis la fin de l’Antiquité jusqu’au xviie siècle. Il est édité par un trio de jeunes chercheurs prometteurs de l’Université de Salzbourg sous la direction de M. Brauer. Ils ont surtout fait appel à des collègues de Salzbourg, mais aussi ponctuellement à des spécialistes de Vienne, Aix-la-Chapelle et Constance. Dans son introduction, M.B. rappelle que la recherche sur le livre s’est trop longtemps concentrée sur la codicologie. Il propose pour sa part une voie nouvelle et tient avec ce volume sa promesse.

2 Les trois part. du volume s’intitulent Materialität und Medialität, Gebrauchskontexte und -formen et Symbolisierungen und Literarisierungen.

3 Dans la première des trois contributions de la première part., C. Moser décrit sa restauration d’un recueil de 421 lettres du début du xve siècle et illustre son délicat travail par sept photos en couleurs. Ensuite, R. Prochno-Schinkel se penche sur les reliures d’apparat, en particulier celle, magnifique, d’un évangéliaire offert par le pape à la reine lombarde Théodolinde à l’occasion du baptême de son fils en 603. Cette étude est illustrée d’une reproduction de la reliure recto-verso. Dans la troisième contribution, N. Kössinger apporte un éclairage nouveau sur une inscription de dix mots éditée en 1571 par Arnold Mercator sur un plan de Cologne, peut-être la plus ancienne en langue vernaculaire de tout l’espace germanophone.

4 La seconde part. comprend cinq contributions. D. Weber analyse des corrections éditoriales à la fin de l’Antiquité, G. Kreuzdes commentaires sur la Bible, S. Plietzsch le rôle normatif de la Torah, T. Ertl la vénération de François d’Assise pour la parole écrite, le binôme S. Edlmayr et M. Rauchenzauner la naissance du livre de cuisine.

5 Les trois contributions de la part. finale portent sur des aspects littéraires. R. Raumann examine des évocations littéraires de livres, par exemple celui qui, au début du Wigalois, parle au lecteur qui vient de l’ouvrir, ou encore le livre consigné par le maître Conrad à la fin de la Plainte à la demande de l’évêque de Passau à qui le messager et musicien Swemmel vient de rapporter par le menu ce qui a conduit à la fin des Burgondes. Sur le plan narratif, ce livre n’est autre que la Chanson des Nibelungen qui précède la Plainte dans tous les mss. Aussi, la recherche considérait-elle initialement cet épilogue comme une signature raffinée et attribuait l’ensemble des deux œuvres au maître Conrad. Or, en 1802, August Wilhelm Schlegel émit l’hypothèse selon laquelle la Plainte serait un piètre ajout tardif à une grandiose épopée. Raumann se réfère seulement à cette hypothèse additionnelle alors que la recherche envisage à nouveau une unicité compositionnelle.

6 Le titre de la contribution suivante de M. Feichtenschlager reprend un vers de de la Chanson des Nibelungen. Selon l’auteur de l’épopée, donc peut-être le maître Conrad, la beauté de Siegfried est telle qu’on le dirait décrit sur un parchemin. Le poète renvoie en fait ici à son propre livre. Feichtenschlager considère aussi le corps même de Siegfried comme un support d’écriture, car le sang du dragon imprime une feuille de tilleul entre les omoplates du héros et Kriemhild coudra à cet endroit une croix. À l’instar de la plupart de ses prédécesseurs, Feichtenschlager oublie que la feuille se situe à l’endroit du cœur et présente précisément cette forme, selon la botanique. La croix que Siegfried porte dans le dos en mourant le relie symboliquement au Christ et, par ce biais, à l’évangéliaire du pape qui est orné des deux côtés de croix serties de pierres précieuses. Prochno-Schinkel propose une interprétation très séduisante de ces pierres et évoque le jaspe, premier fondement de la Jérusalem Céleste. Elle se demande si la pierre bleue centrale des deux croix ne représente pas le Christ lui-même. À ce propos, elle aurait pu rappeler que l’épée de Siegfried est elle aussi sertie d’un jaspe. Le choix de cette pierre est peut-être aussi symbolique que la reliure de l’évangéliaire.

7 Dans la dernière contribution, R.J. Poole nous plonge dans le puritanisme de la Nouvelle Angleterre et examine la difficile naissance du roman américain.

8 Bref, un volume innovant et vivifiant. À lire absolument.

9 Peter Andersen


Date de mise en ligne : 15/11/2019

https://doi.org/10.3917/rma.243.0733n