Mirjam Burkard, Sangspruchdichter unter sich. Namentliche Erwähnungen in den Sprüchen des 12., 13. und 14. Jahrhunderts, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2012 ; 1 vol., 368 p. (Beiträge zur älteren Literaturgeschichte). ISBN : 978-3-8253-6032-0. Prix : € 54,00
- Par Émilie Lasson
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Citer cet article
- LASSON, Émilie,
- Lasson, Émilie.
- Lasson, É.
https://doi.org/10.3917/rma.213.0743o
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https://doi.org/10.3917/rma.213.0743o
1 L’ouvrage de M. Burkard, Poètes moralisateurs entre soi, mentions nominatives dans les sentences des xii e, xiii e et xiv e siècles, est issu des travaux de thèse qu’elle a menés à l’Université d’Augsbourg sous la direction de F. Löser. L’étude s’appuie notamment sur les travaux de J. Kristeva qui a forgé le concept d’intertextualité, dans son art. Bakhtine, le mot, le dialogue et le roman [13], et sur l’art. La mort de l’auteur de R. Barthes [14]. Cette notion d’intertextualité va servir de base pour l’étude du corpus de textes médiévaux rassemblés par M.B. Ces théories modernes appliquées à un corpus de sentences issues d’une époque antérieure doivent permettre selon M.B. d’apporter de nouvelles perspectives et de mettre en évidence les relations intertextuelles (p. 299). M.B. se fonde également sur les théories de U. Broich et M. Pfister, à propos notamment de l’intensité de la référencialité (portant tant sur des critères qualitatifs que quantitatifs).
2 La première part. de l’ouvrage permet d’exposer les théories qui vont servir à l’analyse du corpus et de présenter la terminologie qui va être utilisée. M.B. souligne les difficultés rencontrées tant au niveau de la terminologie que de l’application de la méthodologie retenue aux textes étudiés (p. 291). Elle définit également l’objectif de son travail qui consiste à s’appuyer sur les théories de G. Genette, U.B. et M.P. pour étudier les sentences médiévales, obtenir de nouveaux éclairages les concernant et à mettre en évidence les liens entre les moralisateurs présents dans le corpus (p. 26).
3 La deuxième part. est consacrée à l’analyse du corpus, composé de sentences moralisatrices et didactiques du bas Moyen Âge, genre qui est redéfini (p. 20) et qui est distingué de la poésie courtoise. M.B. a sélectionné 23 sentences en langue allemande (qui s’étendent de 10–25 v.) issues de la période allant du xiie au xive siècle intégrant des noms de moralisateurs (excluant ceux qui se nomment eux-mêmes). Elle nous en donne une vision synoptique en annexe (p. 331–336) en procédant à un inventaire selon plusieurs entrées (noms d’auteurs, débuts de strophes). Les sentences sont traitées dans l’ordre alphabétique des auteurs et non dans l’ordre chronologique (certains textes étant difficilement datables). Plusieurs auteurs sont bien connus des médiévistes tels Frauenlob et Heinrich von Mügeln. Les analyses des textes appliquent la même méthodologie : la sentence est transcrite et traduite en allemand moderne, puis M.B. identifie les auteurs mentionnés et procède à une analyse intertextuelle en s’interrogeant sur la fonction des mentions d’auteurs et sur l’intention de l’auteur de la sentence.
4 Dans une dernière part., M.B. synthétise ses résultats. Elle relève la place des mentions d’auteurs au sein du texte et à l’intérieur du vers en remarquant par exemple que la mention se trouve fréquemment dans le premier vers (dans treize des 23 textes), a contrario, elle apparaît seulement deux fois dans le dernier vers. Si la plupart des sentences n’offrent qu’une seule mention d’auteur, quelques-unes peuvent en compter plusieurs (onze par exemple dans la sentence d’Hermann Damen, Reimar, Walther, Rubîn, Nîthart). M.B. met au jour un moyen de communication entre les auteurs – ce qui fait écho au titre choisi pour cet ouvrage. Ces mentions font office de communication littéraire, directe ou indirecte selon le cas (p. 295).
5 L’analyse présentée par M.B. est méthodique et rigoureuse. Elle poursuit une démarche scientifique minutieuse exposée en introduction et rappelée en début de chap. Ce travail consiste en une véritable investigation car les noms mentionnés dans les sentences sont parfois tronqués : on trouve tantôt un prénom seul (par exemple Reimar, p. 63), tantôt un toponyme (par exemple von Ofterdingen, p. 49). M.B. parvient le plus souvent à lever les ambiguïtés. Certains vocables accolés aux noms permettent de déterminer les relations entre les auteurs, citons notamment le titre de « Meister » (Maître) qui dénote par exemple l’estime d’Herman Damen à l’égard de Konrad von Würzburg. Si les textes choisis comme corpus permettent d’aboutir à des conclusions pertinentes, il serait intéressant d’étendre cette analyse à un corpus plus large qui pourrait notamment intégrer des sentences, qui ne citent pas d’autres auteurs mais qui font des renvois à d’autres sentences.
6 Émilie Lasson