Die Grabsteine vom jüdischen Friedhof in Würzburg aus der Zeit vor dem Schwarzen Tod (1147–1346), éd. Karlheinz Müller, Simon Schwarzfuchs, Abraham (Rami) Reiner, t. 1, Einleitung, t. 2–3, Die Inschriften, Wurzbourg, Wissenschaftlicher Kommissionsverlag, 2011 ; 3 vol., 352 + 2 104 p., (Veröffentlichungen der Gesellschaft für fränkische Geschichte ; 9e sér., Darstellungen aus der fränkischen Geschichte, 58). ISBN : 978-3-86652-958-8. Prix : € 240,00
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Citer cet article
- SHATZMILLER, Joseph,
- Shatzmiller, Joseph.
- Shatzmiller, J.
https://doi.org/10.3917/rma.203.0727zy
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- Shatzmiller, J.
- Shatzmiller, Joseph.
- SHATZMILLER, Joseph,
https://doi.org/10.3917/rma.203.0727zy
1 Les juifs se sont installés à Wurtzbourg en Franconie probablement durant le xie siècle. Leur histoire, cependant, n’est documentée qu’à partir de février 1147 quand ils sont attaqués par les croisés, qui tuent 22 membres de la petite communauté d’alors. Leur histoire se termine à l’arrivée de la Peste noire en Franconie, et tous les juifs sont massacrés. En effet, il faut parler, en avril 1349, de ceux qui ont survécu au massacre de 1298, quand presque un millier de juifs ont perdu la vie. Avant ces catastrophes, ils ont joui, pendant deux siècles et demi, d’une vie communautaire florissante : la Wurtzbourg juive hébergeait toutes les institutions nécessaires pour suivre le mode de vie particulier de ses habitants, c’est-à-dire deux synagogues, une académie, un cimetière et un hospice pour des voyageurs et des malades. Le plus célèbre rabbin allemand du Moyen Âge, Meir de Rothenburg, avait passé quelques années à Wurtzbourg. La documentation sur leur activité économique est très mince, mais elle doit avoir été importante, car ses membres au xiiie siècle étaient imposés de 1 000 livres. Le litige autour de cet impôt entre l’empereur – qui considérait les juifs comme « serviteurs de son trésor » – et l’évêque seigneur de la ville est le chapitre le mieux documenté de leur histoire. Nous arrivons ainsi à mieux saisir la signification financière de cette prétendue « servitude ».
2 L’archéologie vient à notre secours là où l’historiographie traditionnelle nous laisse sur notre faim. En 1987, lors du réaménagement de l’espace urbain de Wurtzbourg, il se révéla qu’une maison ancienne démolie avait été construite en pierres tombales provenant du cimetière juif médiéval. Dans l’ensemble, quelque 1 500 pièces ont été soigneusement recueillies, nettoyées et déchiffrées. Un historien de la ville, le médiéviste K. Müller, a réuni autour de lui une équipe de savants israéliens comprenant un historien, un paléographe-hébraïsant et un spécialiste de la littérature rabbinique, pour mettre en valeur le trésor ainsi offert à la communauté des savants. Le résultat du travail assidu de l’équipe est publié d’une façon on ne peut plus luxueuse en trois volumes de presque 2 500 p., qui présentent 1 455 pièces photographiées, déchiffrées, traduites et commentées. À l’exception des quelque 40 cas où l’inscription est complète ou facile à reconstituer, l’immense majorité des inscriptions sont partielles et gravées sur des pierres brisées. Une centaine d’entre elles ne contiennent qu’une seule lettre ou partie d’un mot incompréhensible (nos 1338–1455, ainsi que des dizaines d’autres dispersées tout au long du recueil). Plusieurs épitaphes n’ont pas d’incipit ou de datation ; pour autant l’équipe propose souvent des suppléments et des additions mettant en valeur ces pierres brisées et fragmentaires. Ainsi, pour prendre un exemple, la tombe no 252 est reconstituée à partir de trois fragments qui représentent à peine les deux tiers de la pièce brisée originale et ne laissent que cinq mots non déchiffrés. Nos collègues arrivent quand même à reconstituer une inscription de neuf lignes avec les dix-neuf mots qui devaient y figurer à l’origine. On apprend que l’important homme savant (« haver » en hébreu) R. Shelomo y fut enterré entre le 10 septembre 1276 et le 29 août 1277.
3 Ces reconstitutions, qui remplissent 2 000 pages de deux volumes, ne constituent qu’une partie de ce que K.M. et ses collaborateurs ont entrepris. Un volume d’introductions constitue le premier tome de la série. Ce livre commence avec deux chap. de K.M. qui racontent l’histoire de la découverte, suivie de la décision d’entreprendre le projet de publication. Il offre dans un autre essai l’histoire du cimetière avant qu’il ne soit abandonné et termine avec une histoire des juifs de Wurtzbourg au Moyen Âge. Suit une étude paléographique très détaillée des épitaphes par E. Engel, qui permet la datation approximative de la majorité des tombes, et qui servira à l’avenir pour étudier d’autres découvertes comparables en Allemagne. S. Schwarzfuchs, historien bien connu, décrit les trouvailles importantes faites à Wurtzbourg, leur datation et leurs épitaphes. Il fait précéder ce chap. par une étude des cimetières juifs depuis l’Antiquité tardive jusqu’à la fin du Moyen Âge. Son collègue de Jérusalem, A.(R.) Reiner explique les titres, les dignités et les professions que plusieurs personnes portent et réussit aussi à découvrir des rapports familiaux entre certaines personnes et des personnages célèbres de l’Allemagne médiévale (notamment la petite-fille du rabbin Eliezer ben Nathan au no 4). Il s’adonne aussi à une étude littéraire du style des épitaphes gravées sur ces pierres tombales. Les index des noms de personnes et des lieux ainsi que celui des épitaphes occupent les dernières 100 p. de la publication. En eux-mêmes, ils constituent un instrument de travail dont les spécialistes ne pourront désormais se passer.
4 Joseph Shatzmiller