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Compte rendu

Le Salut par les armes. Noblesse et défense de l’orthodoxie xiiie xviie siècle, éd. Ariane Boltanski, Franck Mercier, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 302 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1315-0. Prix : € 20,00 ; Chevalerie & christianisme aux xiiie et xive siècles, éd. Martin Aurell, Catalina Girbea, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 324 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1726-4. Prix : € 22,00

Page LXVII

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  • Masson, C.
(2014). Le Salut par les armes. Noblesse et défense de l’orthodoxie xiiie – xviie siècle, éd. Ariane Boltanski, Franck Mercier, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 302 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1315-0. Prix : € 20,00 ; Chevalerie & christianisme aux xiiie et xive siècles, éd. Martin Aurell, Catalina Girbea, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 324 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1726-4. Prix : € 22,00. Le Moyen Age, Tome CXX(1), LXVII-LXVII. https://doi.org/10.3917/rma.201.0159zzo.

  • Masson, Christophe.
« Le Salut par les armes. Noblesse et défense de l’orthodoxie xiiie – xviie siècle, éd. Ariane Boltanski, Franck Mercier, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 302 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1315-0. Prix : € 20,00 ; Chevalerie & christianisme aux xiiie et xive siècles, éd. Martin Aurell, Catalina Girbea, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 324 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1726-4. Prix : € 22,00 ». Le Moyen Age, 2014/1 Tome CXX, 2014. p.LXVII-LXVII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2014-1-page-LXVII?lang=fr.

  • MASSON, Christophe,
2014. Le Salut par les armes. Noblesse et défense de l’orthodoxie xiiie – xviie siècle, éd. Ariane Boltanski, Franck Mercier, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 302 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1315-0. Prix : € 20,00 ; Chevalerie & christianisme aux xiiie et xive siècles, éd. Martin Aurell, Catalina Girbea, Rennes, PU Rennes, 2011 ; 1 vol., 324 p. (Histoire). ISBN : 978-2-7535-1726-4. Prix : € 22,00. Le Moyen Age, 2014/1 Tome CXX, p.LXVII-LXVII. DOI : 10.3917/rma.201.0159zzo. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2014-1-page-LXVII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.201.0159zzo


1 En 2011, deux ouvrages sont revenus sur les liens ayant existé entre l’aristocratie laïque et la religion, en ce compris l’institution ecclésiale. La nature de ces relations ayant déjà fait l’objet d’autres études, ces nouvelles entreprises auraient pu sembler redondantes, voire inutiles. Il n’en est rien, grâce à la fois aux problématiques abordées et à la qualité des contributions (voir ainsi parmi les éclairantes et stimulantes introductions et conclusions le brillant Rapport introductif signé par M. Aurell dans le second volume recensé ici).

2 Premier point focal, la question classique, sans pour autant être inintéressante, du détachement certain de plusieurs aristocrates vis-à-vis des ordonnances de l’Église, voire d’une opposition ouverte. Les excommunications et pardons à répétition ont ainsi pu n’être d’aucune utilité face à un prince peu désireux de voir sa politique influencée par des raisonnements d’ordre théologique (L. Albaret, Raymond VII de Toulouse et son engagement dans la défense de l’orthodoxie. D’excommunications en réconciliations (1229–1249) [1]) tandis que la moralisation de la guerre (J. Gillingham, Christian Warriors and the Enslavement of Fellow Christians [2]) et la vie chevaleresque s’organisaient parfois indépendamment de l’action de l’Église (C. Girbea, Chevalerie, adoubement et conversion dans quelques romans du Graal [2]). L’idée d’une aristocratie employant la foi et l’alibi de sa protection afin de ruiner ou de vaincre des rivaux est pour sa part justement remise en question au profit d’une piété indissociable de l’identité noble, ce qui ne va pas sans fortement nuancer l’image « machiavélique » souvent donnée à de tels évènements (F. Mercier, La noblesse contre les sorcières : vengeance privée ou défense de la foi ? L’exemple des Saveuses dans la Vauderie d’Arras [1]).

3 Plus largement, c’est le service du prince qui paraît s’opposer avec le plus de force et d’efficacité à celui de l’Église. Les nobles peuvent ainsi limiter leur action « religieuse » aux seules questions spirituelles, sans que cela n’ait de conséquences sur leur action dans le siècle (A. Mairey, L’aristocratie anglaise face aux Lollards (fin xiv e–début xv e siècle) [1]), la subordonner au pouvoir central (M.M. De Cevins, Noblesse, aristocratie et défense de la foi en Hongrie du début du xiv e siècle au milieu du xvi e siècle [1]) ou ne jamais l’entreprendre (M. Jurkowski, La noblesse anglaise de la fin du Moyen Âge : pour ou contre la défense de l’orthodoxie religieuse ? [1]).

4 Dans un second temps, l’Église se révèle en mesure de pénétrer en profondeur la morale des laïcs et de contribuer à l’(auto)détermination de l’aristocratie (D. Carraz, Structures confraternelles et défense de la foi (xi e xiii e siècle) ; S. Parent, Noblesse et défense de l’orthodoxie dans les terres de l’Église au début du xiv e siècle ; R. Novotný, P. Soukup, La défense de la foi à l’époque hussite : l’engagement des noblesses tchèques et allemandes [1] ; C. Voyer, Le geste efficace : le don du chevalier au saint sur le tympan de Mervilliers (xii e siècle) ; D. Crouch, La spiritualité de Philippe de Remy, bailli capétien, poète et seigneur de Beaumanoir ; X. Storelli, Les chevaliers face à la mort soudaine et brutale : l’indispensable secours de l’Église ? ; R.W. Kaeuper, Piety and Independence in Chivalric Religion ; L. Hablot, L’héraldisation du sacré aux xii e xiii e siècles. Une mise en scène de la religion chevaleresque ? ; D. Boutet, Le sens de la mort de Roland dans la littérature des xii e et xiii e siècles (Chanson de Roland, Chronique de Turpin, Chronique rimée de Philippe Mouskès) ; J. Flori, La chevalerie célestielle et son utilisation idéologique dans les sources de la Première croisade : autour de la bataille d’Antioche (28 juin 1098) ; S. Gouguenheim, Les guerres des ordres militaires furent-elles des guerres chevaleresques ? L’exemple de la conquête de la Prusse par l’ordre teutonique (1230–1283) [2]).

5 Enfin, en retournant la perspective, on remarque combien le clergé, malgré des oppositions ponctuelles ici réévaluées (D. Barthélemy, L’Église et les premiers tournois (xi e et xii e siècles) [2]), a contribué à la définition théorique et juridique de l’aristocratie (J.W. Baldwin, Les chevaliers dans les cartulaires monastiques de la région parisienne [2]), puisant parfois dans ses propres réalités les cadres à donner aux réalités du siècle (A. Vauchez, La notion de Miles Christi dans la spiritualité occidentale aux xii e et xiii e siècles ; V. Agrigoroaei, Choix nobiliaires ou modèle oriental : le cas de saint Georges et des autres saints guerriers [2]).

6 Christophe Masson


Date de mise en ligne : 12/08/2014

https://doi.org/10.3917/rma.201.0159zzo