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Compte rendu

Rémy de Gourmont, Le latin mystique. Les poètes de l’antiphonaire et la symbolique au Moyen Âge, Paris, Les Belles Lettres, 2010 ; 1 vol., 412 p. ISBN : 978-2-251-44379-9. Prix : € 35,00

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Citer cet article


  • Tilliette, J.-Y.
(2014). Rémy de Gourmont, Le latin mystique. Les poètes de l’antiphonaire et la symbolique au Moyen Âge, Paris, Les Belles Lettres, 2010 ; 1 vol., 412 p. ISBN : 978-2-251-44379-9. Prix : € 35,00. Le Moyen Age, Tome CXX(1), LVI-LVI. https://doi.org/10.3917/rma.201.0159zzd.

  • Tilliette, Jean-Yves.
« Rémy de Gourmont, Le latin mystique. Les poètes de l’antiphonaire et la symbolique au Moyen Âge, Paris, Les Belles Lettres, 2010 ; 1 vol., 412 p. ISBN : 978-2-251-44379-9. Prix : € 35,00 ». Le Moyen Age, 2014/1 Tome CXX, 2014. p.LVI-LVI. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2014-1-page-LVI?lang=fr.

  • TILLIETTE, Jean-Yves,
2014. Rémy de Gourmont, Le latin mystique. Les poètes de l’antiphonaire et la symbolique au Moyen Âge, Paris, Les Belles Lettres, 2010 ; 1 vol., 412 p. ISBN : 978-2-251-44379-9. Prix : € 35,00. Le Moyen Age, 2014/1 Tome CXX, p.LVI-LVI. DOI : 10.3917/rma.201.0159zzd. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2014-1-page-LVI?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.201.0159zzd


1 Il est heureux que le polygraphe Rémy de Gourmont (1858–1915), romancier expérimental, essayiste lucide et critique perspicace, revienne aujourd’hui de mode. Cet engouement tardif a suscité au cours des dernières années plusieurs rééditions, dont celle de l’un des ouvrages les plus chers au cœur de l’A. et, contre l’apparence, des plus personnels, Le Latin mystique, publié pour la première fois en 1892, puis, au prix de légers remaniements, en 1913. Les écrivains de l’âge symboliste, de Baudelaire à Claudel en passant par Huysmans, ont professé un gout marqué pour la poésie latine tardive et médiévale, en dépit, ou plutôt en raison, de sa réputation de « décadence », où ils croyaient retrouver le climat moral de leur propre époque et leur idéal esthétique fondé sur le jeu flou des « correspondances ». Il n’est pas certain pour autant qu’ils l’aient vraiment pratiquée. L’érudition de Gourmont, qui fut employé à la Bibliothèque nationale de France, est plus sûre, et c’est un choix très inspiré de poèmes allant de l’épopée apocalyptique de Commodien de Gaza (iiie siècle) au Dies irae attribué à Thomas de Celano qu’il présente et traduit – d’une façon qui n’est peut-être pas toujours fidèle au mot-à-mot, mais avec un constant bonheur d’expression, et dans une langue superbe. La critique de Gourmont n’est pas de style universitaire, mais elle reflète le regard d’un poète et de ce fait a bien mieux résisté à l’usure du temps que le gros des publications académiques de son époque. Elle offre de ce fait au lecteur francophone un admirable accès à la connaissance, par l’amour, de la littérature latine du Moyen Âge. La réédition qu’en procurent Les Belles Lettres vaut encore par une curiosité, la publication d’un texte peu accessible, à savoir la préface fielleuse dont J.K. Huysmans, sans doute jaloux de voir son épigone parler de la poésie latine chrétienne de façon beaucoup plus juste et sensible qu’il ne fut lui-même capable de la faire, avait doté l’édition de 1892. De bien meilleure venue, l’introduction de P. Laurens, qui replace l’ouvrage dans son contexte culturel et moral et en fait savourer le charme, ajoute encore à l’intérêt de cette réédition.

2 Jean-Yves Tilliette


Date de mise en ligne : 12/08/2014

https://doi.org/10.3917/rma.201.0159zzd