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Compte rendu

PIERRE LE CHANTRE, Verbum adbreviatum. Textus prior , éd. Monique BOUTRY, Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XLVI–835 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196A). ISBN : 978-2-503-54007-8. Prix : € 455,00 ; Ibid., Textus alter , éd. ID., Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XIV–719 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196B). ISBN : 978-2-503-54008-5. Prix : € 380,00.

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Citer cet article


  • Baldwin, J.-W.
(2013). PIERRE LE CHANTRE, Verbum adbreviatum. Textus prior , éd. Monique BOUTRY, Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XLVI–835 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196A). ISBN : 978-2-503-54007-8. Prix : € 455,00 ; Ibid., Textus alter , éd. ID., Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XIV–719 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196B). ISBN : 978-2-503-54008-5. Prix : € 380,00. Le Moyen Age, Tome CXIX(2), XLII-XLII. https://doi.org/10.3917/rma.192.0457zp.

  • Baldwin, John W..
« PIERRE LE CHANTRE, Verbum adbreviatum. Textus prior , éd. Monique BOUTRY, Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XLVI–835 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196A). ISBN : 978-2-503-54007-8. Prix : € 455,00 ; Ibid., Textus alter , éd. ID., Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XIV–719 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196B). ISBN : 978-2-503-54008-5. Prix : € 380,00. ». Le Moyen Age, 2013/2 Tome CXIX, 2013. p.XLII-XLII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2013-2-page-XLII?lang=fr.

  • BALDWIN, John W.,
2013. PIERRE LE CHANTRE, Verbum adbreviatum. Textus prior , éd. Monique BOUTRY, Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XLVI–835 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196A). ISBN : 978-2-503-54007-8. Prix : € 455,00 ; Ibid., Textus alter , éd. ID., Turnhout, Brepols, 2012 ; 1 vol. in-8o, XIV–719 p. (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 196B). ISBN : 978-2-503-54008-5. Prix : € 380,00. Le Moyen Age, 2013/2 Tome CXIX, p.XLII-XLII. DOI : 10.3917/rma.192.0457zp. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2013-2-page-XLII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.192.0457zp


Notes

  • [1]
    PIERRE LE CHANTRE, An Edition of the Long Version of Verbum Abbreviatum Petri Cantoris Parisiensis. Verbum adbreviatum. Textus conflatus, éd. M. BOUTRY, Turnhout, 2004.
  • [2]
    Republiée dans J.P. MIGNE, Patrologia latina, t. 205, Paris, 1855.
  • [3]
    J.W. BALDWIN, Masters, Princes and Merchants. The Social Views of Peter the Chanter and his Circle, t. 2, Princeton, 1970, p. 246–271.
  • [4]
    t. 57, 2006, p. 78–85.
  • [1]
    PIERRE LE CHANTRE, An Edition, p. XXVI.

1 Pierre le Chantre serait comblé de bonheur : les trois versions de son Verbum abbreviatum, ouvrage destiné au grand public clérical, bénéficient maintenant d’une éd. critique et scientifique. M. Boutry a fait suivre son excellente éd. de la version longue (Textus conflatus) [1] par les deux autres versions, la version courte (Textus prior) et la version intermédiaire (Textus alter) dans les deux volumes présentés ici avec les mêmes soins scientifiques. Parmi les 39 mss recensés, elle a édité le Textus prior à partir de sept mss contemporains, en ajoutant les marginalia à la fin. L’éd. du Textus alter est basée sur les deux mss existants. La question capitale que soulèvent les trois versions est celle de la date de composition de l’œuvre. En 1639, Georges Galopin dans son editio princeps[2] a opté pour la version courte et il a considéré la version longue comme le produit d’expansion. Dans mon ouvrage sur Pierre le Chantre [3], j’ai proposé le contraire : l’idée d’une réduction à partir de la version longue. Originalement, dans son travail sur le Textus conflatus (p. XII–XL), M.B. utilisa cette hypothèse, mais fut ensuite persuadée du contraire et repris l’idée de l’expansion. De mon côté, je n’étais pas convaincu et j’exposai alors mes arguments dans le Journal of Ecclesiastical History[4], auquel M.B. ne répondit pas.

2 Le problème d’expansion versus contraction est un glaive à double tranchant. Presque tous les arguments pour ou contre peuvent servir l’une ou l’autre hypothèse. Néanmoins, nous sommes d’accord sur les qualités sous-jacentes des deux versions : la version longue est redondante, répétitive et encombrée, tandis que la version courte, qui est, en outre, la version la plus répandue, est aussi la plus précise, concise et brève. En somme, la première est formée de la parataxe, la dernière de l’hypotaxe. Au fond, M.B. est convaincue que Pierre le Chantre est un écrivain trop habile pour avoir écrit le textus conflatus. Je la cite : « Si l’on admet que cette [longue] version est à l’origine du Verbum abbreviatum […] il faut reconnaître que Pierre le Chantre est un écrivain peu rigoureux […]. Il est plus satisfaisant d’inverser la chronologie et d’imaginer une version brève, complétée par divers marginalia, plus une seconde version brève (le textus alter), enfin une récollection de ses ensembles dans une version longue [1]. » Nous avons donc l’hypothèse d’expansion du Textus prior effectuée par des écrivains inconnus, peut-être des élèves de Pierre, mais surtout pas le Chantre lui-même. Pour ma part, je trouve plus satisfaisante l’hypothèse d’une version longue écrite par le Chantre dans le même style que ses Questiones avant que celles-ci ne soient éditées par lui ou par ses élèves. Après cette première rédaction, soit Pierre, soit un de ses élèves conçut une version abrégée, améliorée et dédiée à un très large public comme textus receptus. Plus tard, d’autres scribes ajoutèrent quelques lignes et passages comme marginalia aux mss des versions courtes et les ressemblèrent aux deux mss du Textus alter. En somme, la version longue est la première ébauche du Verbum abbreviatum. À mon sens, il est plus raisonnable de raccourcir et de perfectionner un texte augmenté pour faciliter une grande distribution que d’élargir de 60 % un texte court – surtout quand ces additions ne se trouvent pas dans le texte précédent – produisant ainsi une œuvre médiocre. En plus, il est difficile d’imaginer un rédacteur de la version longue déformant au moins une moitié des introductions de chap., lesquelles sont pourtant bien rédigées dans la version courte. Il est surtout difficile d’imaginer un scribe osant agrandir le texte du Verbum abbreviatum, alors que Pierre le Chantre, lui-même, fulminait contre de tels agrandissements dans le deuxième chap. de son ouvrage. Aujourd’hui, les lecteurs bénéficient heureusement de tous les éléments de cette controverse grâce aux éd. scientifiques de ces trois versions. Ils pourront désormais juger par eux-mêmes.

3 John W. BALDWIN


Date de mise en ligne : 24/09/2013

https://doi.org/10.3917/rma.192.0457zp