S'abonner
Compte rendu

Alexandra VELISSARIOU, Aspects dramatiques et écriture de l’oralité dans les Cent Nouvelles nouvelles , Paris, Champion, 2012 ; 1 vol. in-8°, 629 p. (Bibliothèque du XV siècle, 77). ISBN : 978-2-7453-2380-4. Prix : € 135,00.

Page VIII

Citer cet article


  • Dubuis, R.
(2013). Alexandra VELISSARIOU, Aspects dramatiques et écriture de l’oralité dans les Cent Nouvelles nouvelles , Paris, Champion, 2012 ; 1 vol. in-8°, 629 p. (Bibliothèque du XV siècle, 77). ISBN : 978-2-7453-2380-4. Prix : € 135,00. Le Moyen Age, Tome CXIX(2), VIII-VIII. https://doi.org/10.3917/rma.192.0457h.

  • Dubuis, Roger.
« Alexandra VELISSARIOU, Aspects dramatiques et écriture de l’oralité dans les Cent Nouvelles nouvelles , Paris, Champion, 2012 ; 1 vol. in-8°, 629 p. (Bibliothèque du XV siècle, 77). ISBN : 978-2-7453-2380-4. Prix : € 135,00. ». Le Moyen Age, 2013/2 Tome CXIX, 2013. p.VIII-VIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2013-2-page-VIII?lang=fr.

  • DUBUIS, Roger,
2013. Alexandra VELISSARIOU, Aspects dramatiques et écriture de l’oralité dans les Cent Nouvelles nouvelles , Paris, Champion, 2012 ; 1 vol. in-8°, 629 p. (Bibliothèque du XV siècle, 77). ISBN : 978-2-7453-2380-4. Prix : € 135,00. Le Moyen Age, 2013/2 Tome CXIX, p.VIII-VIII. DOI : 10.3917/rma.192.0457h. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2013-2-page-VIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.192.0457h


1 Après avoir, pendant plusieurs siècles, été quelque peu ignoré, voire franchement déprécié, le recueil des Cent Nouvelles nouvelles (= C.N.n.) a suscité, depuis un demi-siècle, un grand nombre d’études, dont une scrupuleuse recension occupe la plus grande place dans la dizaine de pages que consacre A. Velissariou aux travaux concernant le recueil proprement dit (p. 588–596). Le grand mérite d’A.V., son originalité, tient au choix qu’elle a fait, dès le départ, de voir, avant tout, dans les C.N.n., une œuvre tributaire de son siècle, « une époque […] où l’oralité cœxiste avec l’écrit, […] période où la relation entre texte et image est notamment très importante » (p. 24). Ainsi, examinant, dans le chap. consacré à L’iconographie des C.N.n. (p. 85–125) les miniatures du ms. de Glasgow et les vignettes de l’éd. de Vérard (1486) est-elle amenée à conclure que « complémentaires par rapport au texte, elles ont aussi pour fonction d’inviter à la lecture, de distraire le lecteur et de susciter sa curiosité » (p. 102). On n’a aucune difficulté à suivre A.V. lorsqu’elle suggère que le seul but poursuivi par les auteurs des images était « de servir les besoins de la narration » (p. 89). Indispensables à un lecteur de leur temps, elles doivent aussi porter témoignage auprès d’un lecteur moderne. On ne peut, donc, que regretter que l’iconographie originelle n’ait pas pu trouver sa place dans l’ouvrage, mais ce n’est évidemment pas à A.V. que l’on peut faire ce reproche. Du moins s’est-elle efforcée de pallier l’absence des images en leur substituant, le cas échéant, une description très suggestive (voir, par exemple, la n. 1 de la p. 85). C’est en bonne logique que l’étude se poursuit sur une analyse des « qualités dramatiques » du recueil, menée à deux niveaux, parfaitement complémentaires : la place donnée à la gestuelle des « acteurs », qui leur confère une véritable « vie dramatique », et une étude lexicale conduite avec beaucoup de soin. Peut-être pourrait-on reprocher à A.V. de prendre, parfois, une position un peu trop tranchée lorsqu’elle aborde le délicat problème posé par le recours à la notion de « semblance », la langue du XVe siècle préférant parfois jouer sur l’ambivalence sémantique, voire l’ambiguïté, plutôt que de choisir entre le sens originel (être semblable à) et l’acception ultérieure (duplicité). Le titre même du chap. 3, L’ancrage oral du recueil, résume fort bien une analyse stylistique aussi fine que riche. La dernière part. de la thèse, là encore dotée d’un titre éloquent – Les échanges entre les C.N.n. et le théâtre comique de la fin du Moyen Âge –, après avoir présenté une étude des « termes communs à la farce et à la nouvelle » et une typologie de la nouvelle (personnages et situations) s’achève sur une analyse comparative de certaines nouvelles du recueil et de textes dramatiques se retrouvant sur un même thème ou des thèmes voisins. Voilà une ouverture bien sympathique qui, en intégrant les C.N.n. dans le contexte « culturel » du moment, incite le lecteur à découvrir, au-delà d’une œuvre particulière, une époque, plus complexe, et un monde, peut-être moins éloigné de notre temps, qu’on ne pourrait le penser. Soucieuse de ne pas déroger à la tradition universitaire, A.V. couronne son étude d’une somptueuse bibliographie de 50 p. (p. 575–625), dont la consultation, si elle est indispensable à tous les chercheurs qui, nous l’espérons avec A.V., s’intéresseront aux C.N.n., sera très utile à tous les amoureux du Moyen Âge finissant, au premier chef aux membres de l’association (à créer) des « Amis des C.N.n. », au sein de laquelle A.V. a bien gagné, avec cette thèse (et d’autres publications), le droit d’occuper un fauteuil.

2 Roger DUBUIS


Date de mise en ligne : 24/09/2013

https://doi.org/10.3917/rma.192.0457h