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Compte rendu

Noblesse et États princiers en Italie et en France au XVe siècle, éd. Marco GENTILE, Pierre SAVY, Rome, École française de Rome, 2009 ; 1 vol. in-8o, 434 p. (Coll. de l’École française de Rome, 416). ISBN : 978-2-7283-0839-2. Prix : € 55,00.

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  • Dumont, J.
(2012). Noblesse et États princiers en Italie et en France au XVe siècle, éd. Marco GENTILE, Pierre SAVY, Rome, École française de Rome, 2009 ; 1 vol. in-8o, 434 p. (Coll. de l’École française de Rome, 416). ISBN : 978-2-7283-0839-2. Prix : € 55,00. Le Moyen Age, Tome CXVIII(3), XXXIII-XXXIII. https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zg.

  • Dumont, Jonathan.
« Noblesse et États princiers en Italie et en France au XVe siècle, éd. Marco GENTILE, Pierre SAVY, Rome, École française de Rome, 2009 ; 1 vol. in-8o, 434 p. (Coll. de l’École française de Rome, 416). ISBN : 978-2-7283-0839-2. Prix : € 55,00. ». Le Moyen Age, 2012/3-4 Tome CXVIII, 2012. p.XXXIII-XXXIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XXXIII?lang=fr.

  • DUMONT, Jonathan,
2012. Noblesse et États princiers en Italie et en France au XVe siècle, éd. Marco GENTILE, Pierre SAVY, Rome, École française de Rome, 2009 ; 1 vol. in-8o, 434 p. (Coll. de l’École française de Rome, 416). ISBN : 978-2-7283-0839-2. Prix : € 55,00. Le Moyen Age, 2012/3-4 Tome CXVIII, p.XXXIII-XXXIII. DOI : 10.3917/rma.183.0683zg. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XXXIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zg


Notes

  • [1]
    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce sont surtout les contributions italiennes qui usent de cette méthode, tant l’historiographie péninsulaire demeure influencée par les travaux de K. Skinner et J.G.A. Pocock. Ainsi peut-on signaler un avatar récent en la matière : Linguaggi politici nell’Italia del Rinascimento. Atti del Convegno Pisa, 9–11 novembre 2006, éd. A. GAMBERINI, G. PETRALIA, Rome, 2007. Voir à ce propos notre c.r. dans Le Moyen Âge, t. 116, 2010, p. 448–449.

1 Consacrés à l’étude d’un groupe social, la noblesse, et d’un type d’organisation politique propre aux XIVe–XVIe siècles, l’État princier, ces actes, issus de deux journées d’études organisées en 2004 à l’École française de Rome, recourent à une méthodologie comparatiste : mettre en perspective des principautés très différentes issues des espaces français et italiens. Les É. (M. Gentile, P. Savy) ambitionnent ainsi d’aller à l’encontre des idées reçues comme, par exemple, celle selon laquelle en Italie du Nord et dans l’espace bourguignon l’État princier se construit contre la noblesse. Pour ce faire les É. établissent les questionnements qui structureront leurs travaux. Seront ainsi étudiés 1. les rapports verticaux entre le prince et la noblesse (soumission, dépendance, participation au pouvoir, autonomie) ; 2. les relations conflictuelles bien sûr ; 3. les liens féodaux et personnels ; 4. l’impact de la tradition communale sur le binôme prince-noblesse et l’influence des noblesses urbaines ; 5. la place des réseaux familiaux et des alliances matrimoniales.

2 Le duché de Milan se taille indubitablement la part du lion dans cet ouvrage puisque pas moins de trois contributions lui sont consacrées. L. Arcangeli, tout d’abord, s’intéresse au puissant lignage gibelin des Pallavicini à la tête, au début du XVe siècle, d’une véritable principauté de fait au cœur de l’État milanais, mais qui, dans la seconde partie du siècle, devient beaucoup plus docile envers les ducs de Milan. Les deux autres textes se consacrent essentiellement à l’époque des Sforza : celui de M.G. démontre l’importance de la noblesse dans la construction de l’État milanais par le biais d’une étude de son vocabulaire politique, tandis que P.S. explique comment le contrôle du territoire est assuré à l’échelon local par les feudataires du duc grâce à une négociation du pouvoir entre le prince et la noblesse. L’on descend ensuite dans le Sud de la Péninsule avec C. Shaw qui s’intéresse aux rapports entre le pape et une noblesse romaine à la fidélité plutôt relative. T. Dean, pour sa part, met l’accent, à l’instar de M.G., sur le vocabulaire politique de la noblesse ferraraise dans ses relations avec le prince. Nous revenons dans le nord avec M. Bellabarba et les luttes entre le prince-évêque de Trente et le comte de Tyrol où, à nouveau, l’étude du langage politique est à l’honneur. A. Barbero étudie, quant à lui, le marquisat de Saluces au sein duquel la moitié des terres est détenue par sa noblesse, le prince s’assurant dès lors son soutien par le biais d’alliances matrimoniales. G. Castelnuovo utilise à nouveau l’analyse lexicale dans son étude de la signification du terme « noblesse » dans les chroniques savoyardes. L’espace français – au sens large puisqu’y sont associés Lorraine, Bourgogne et Liège – se profile alors. Bien évidemment, B. Schnerb aborde les États bourguignons et le cas de la collaboration entre Jean sans Peur et sa noblesse, cette dernière participant véritablement à l’affirmation de la puissance princière. La Lorraine de C. Rivière, la Bretagne de M. Jones et les principautés des Armagnac d’E. Johans présentent des situations similaires puisqu’ici aussi c’est la convergence des intérêts ducaux et nobiliaires qui favorise l’affirmation de l’État princier. Tout en recourant, lui aussi, à une étude du vocabulaire politique, O. Mattéoni démontre que l’alliance entre les ducs de Bourbon et la noblesse auvergnate prépare l’intégration de l’Auvergne au Bourbonnais. Bien différent est le cas de la noblesse liégeoise, analysé par A. Marchandisse ; celle-ci s’oppose, en effet, tout au long du siècle à ses princes-évêques, déstabilisant et affaiblissant l’État épiscopal. Conclure un recueil aussi dense n’est pas chose aisée, c’est pourtant ce à quoi J.M. Cauchies s’essaie avec le talent qu’on lui connaît. Il retient quatre verbes (utiliser, lutter, céder, ignorer) qui à eux seuls caractérisent les relations entre l’aristocratie et l’État princier.

3 Que retenir au final de ce recueil d’études ? Peut-être pourrait-on tout d’abord regretter que l’espace bourguignon, qui au XVe siècle dépasse par son étendue le statut d’autres principautés (Bretagne, Milan, etc.), soit aussi peu représenté (B.S. et, par extension, A.M.). Il aurait, par exemple, été pertinent d’envisager les principautés satellites comme Cambrai, Utrecht ou encore le turbulent duché de Gueldre. Mais cette remarque reste de peu d’importance. L’on constate également le balancement, au sein de ce volume, entre, grosso modo, deux méthodologies, l’une centrée sur l’analyse du vocabulaire politique (constitution de champs lexicaux) [1], l’autre, faisant, avant tout, la part belle à la prosopographie. Mais loin de s’opposer et d’affaiblir le livre, l’union de ces deux procédés permet justement d’établir d’intéressantes comparaisons de même que, par la diversité qu’elle instaure, d’assurer une plus grande solidité aux conclusions. Cet ouvrage constitue de la sorte un apport majeur à l’étude de l’État princier tardo-médiéval ainsi qu’une somme de leçons de politologie historique.

4 Jonathan DUMONT


Date de mise en ligne : 18/01/2013

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zg