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Compte rendu

De la mer du Nord à la mer Baltique. Identités, contacts et communications au Moyen Âge. Actes de l’atelier de jeunes chercheurs, Boulogne-sur-Mer les 15–17 octobre 2009, éd. Alban GAUTIER, Sébastien ROSSIGNOL, Lille, IRHiS–CEGES– Université Lille 3–Charles-de-Gaulle, 2012 ; 1 vol. in-8o, 259 p. ISBN : 978-2- 905637-66-6. Prix : € 18,50.

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Citer cet article


  • Péneau, C.
(2012). De la mer du Nord à la mer Baltique. Identités, contacts et communications au Moyen Âge. Actes de l’atelier de jeunes chercheurs, Boulogne-sur-Mer les 15–17 octobre 2009, éd. Alban GAUTIER, Sébastien ROSSIGNOL, Lille, IRHiS–CEGES– Université Lille 3–Charles-de-Gaulle, 2012 ; 1 vol. in-8o, 259 p. ISBN : 978-2- 905637-66-6. Prix : € 18,50. Le Moyen Age, Tome CXVIII(3), XXIII-XXIII. https://doi.org/10.3917/rma.183.0683w.

  • Péneau, Corinne.
« De la mer du Nord à la mer Baltique. Identités, contacts et communications au Moyen Âge. Actes de l’atelier de jeunes chercheurs, Boulogne-sur-Mer les 15–17 octobre 2009, éd. Alban GAUTIER, Sébastien ROSSIGNOL, Lille, IRHiS–CEGES– Université Lille 3–Charles-de-Gaulle, 2012 ; 1 vol. in-8o, 259 p. ISBN : 978-2- 905637-66-6. Prix : € 18,50. ». Le Moyen Age, 2012/3-4 Tome CXVIII, 2012. p.XXIII-XXIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XXIII?lang=fr.

  • PÉNEAU, Corinne,
2012. De la mer du Nord à la mer Baltique. Identités, contacts et communications au Moyen Âge. Actes de l’atelier de jeunes chercheurs, Boulogne-sur-Mer les 15–17 octobre 2009, éd. Alban GAUTIER, Sébastien ROSSIGNOL, Lille, IRHiS–CEGES– Université Lille 3–Charles-de-Gaulle, 2012 ; 1 vol. in-8o, 259 p. ISBN : 978-2- 905637-66-6. Prix : € 18,50. Le Moyen Age, 2012/3-4 Tome CXVIII, p.XXIII-XXIII. DOI : 10.3917/rma.183.0683w. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XXIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683w


1 L’ouvrage dirigé par A. Gautier et S. Rossignol rassemble quatorze communications présentées lors d’un atelier de jeunes chercheurs. Les thèmes abordés sont presque aussi nombreux que les sources retenues, les notions d’identités et de contacts donnant souvent lieu à des interprétations très larges. Comme le souligne, dans la conclusion, S. Lebecq, les relations entre la mer du Nord et la Baltique sont rarement évoquées contrairement à ce que pourrait laisser entendre le titre, mais les deux espaces sont étudiés à la fois pour leur liens avec le reste de l’Occident et pour les échanges entre leurs rives respectives. Les côtes de la mer du Nord, la côte sud de la Baltique et l’Europe centrale sont le sujet de plusieurs articles : l’atelier était, en effet, une rencontre organisée par le groupe de recherche Gentes trans Albiam – l’Europe à l’est de l’Elbe au Moyen Âge. On regrettera malgré tout l’absence de jeunes chercheurs travaillant spécifiquement sur la Scandinavie, car, à deux exceptions près et en dehors de la mention du célèbre comptoir de Birka, ces régions, en particulier les côtes suédoises et finlandaises, sont presque ignorées. Il faut noter aussi qu’aucun article ne fait mention des fouilles d’Uppråka, ville découverte près de Lund dans les années 1990 et dont le rôle majeur ne cesse d’être révélé. Ces absences n’ôtent toutefois rien à l’intérêt des communications qui, entre monographies pointues et articles de synthèse, proposent une approche très variée.

2 Une étude sur les représentations cartographiques de la Baltique (W. Iwa?czak) et une autre sur l’image de la Livonie dans la littérature (R. Sami?ski) rappellent combien l’espace baltique tarda à être connu dans le reste de l’Occident.

3 Plusieurs articles sont consacrés aux traces matérielles des contacts, des armes et des bijoux trouvés dans les tombes du haut Moyen Âge (J. Soulat, V. Rassart) aux objets quotidiens, venus de Flandre, de France ou de Norvège, qui s’accumulaient dans les cuisines polonaises à la fin du Moyen Âge (M. Wojcieszak). Plusieurs éléments, qu’il s’agisse des esclaves (F. Jouffrey) ou des monnaies de saint Étienne de Hongrie (A. Quéret-Podesta), mettent en évidence l’aspect pluriel et multidirectionnel des routes commerciales. Les comptoirs commerciaux étaient fréquentés par des hommes d’origines très diverses et le recours à des traducteurs est attesté par la littérature (S. Rossignol).

4 La question de l’identité est principalement traitée à partir de sujets anglo-saxons. M. Coumert reconstitue l’histoire des usages du terme d’« Angle », de la Germanie de Tacite aux résurgences du VIe siècle. L’auteur de la Vie de saint Wilfrid, puis Bède le Vénérable, qui en fixa l’usage, furent les premiers, sous l’influence de Grégoire le Grand, à donner au terme le sens général d’Anglo-Saxons chrétiens tout en continuant à utiliser le mot « saxon » pour désigner des entités politiques. Les échanges culturels furent d’autant plus importants de part et d’autre de la mer du Nord que les Scandinaves s’étaient installés, à partir du IXe siècle, sur les côtes écossaises ainsi qu’au Nord et au Nord-Est de l’Angleterre. A. Gautier explore, à travers la pratique des banquets, la manière dont les Anglo-Saxons voyaient, aux Xe et XIe siècles, les Scandinaves. Le concept d’identité, cet art de faire des différences avec du semblable, trouve ici tout son intérêt : les auteurs anglo-saxons ne pouvaient qu’être troublés par des pratiques communes, mais il leur fallait aussi tenir à distance ces Scandinaves d’autant plus « barbares » qu’ils étaient des païens et des concurrents dans le jeu politique. F. Lenègre montre qu’aux XIIe et XIIIe siècles, rois et aristocrates norvégiens et anglais se livrèrent à une « compétition courtoise » : l’adoption de la culture occidentale, passée parfois par le filtre anglo-normand, permit à l’aristocratie norvégienne de rivaliser avec des armes littéraires qu’elle avait réussi à faire siennes.

5 L’ouvrage est donc riche. Le classement chronologique des articles et l’absence d’index rendent toutefois difficile une consultation ponctuelle. Les cartes proposées dans l’introduction permettent la localisation des régions, des villes et des établissements mentionnés, mais elles juxtaposent des comptoirs et des villes qui n’ont pas cœxisté (Birka et Åbo pour ne citer qu’un exemple). De même, il aurait été judicieux de normaliser les noms de lieux dans l’ensemble du volume (ainsi, seul un spécialiste reconnaîtra Hedeby sous la graphie Haithabu). On regrettera donc tout ce qui contribue à rendre parfois peu aisé le maniement de cette publication alors qu’elle témoigne du dynamisme de la recherche sur les régions du nord et de l’est de l’Europe et qu’elle montre le rôle capital de sa diffusion en français.

6 Corinne PÉNEAU


Date de mise en ligne : 18/01/2013

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683w