Alberto VARVARO, La Tragédie de l’Histoire. La dernière œuvre de Jean Froissart, Paris, Classiques Garnier, 2011 ; 1 vol. in- 8o, 202 p. (Recherches littéraires médiévales, 8). ISBN : 978-2-8124-0326-2. Prix : € 26,00.
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Citer cet article
- VÉLISSARIOU, Alexandra,
- Vélissariou, Alexandra.
- Vélissariou, A.
https://doi.org/10.3917/rma.183.0683t
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- Vélissariou, A.
- Vélissariou, Alexandra.
- VÉLISSARIOU, Alexandra,
https://doi.org/10.3917/rma.183.0683t
Notes
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[3]
Éd. A. VARVARO, Bruxelles, sous presse.
1 Comme l’indique la préface, la présente étude littéraire du livre IV des Chroniques de Jean Froissart est destinée à accompagner l’édition critique de la même œuvre [3]. Le livre comprend quatre chap., intitulées respectivement : Le livre IV des Chroniques ; L’historien et les événements ; Les structures du récit ; La prouesse et son contraire. Dans le premier chap., A. Varvaro présente le texte, qui couvre la période allant de l’été 1389 au printemps 1400 et qui constitue une œuvre de vieillesse de Froissart, rédigée probablement au plus tard au début de 1392 à la demande de Guy de Châtillon, comte de Blois, l’un des mécènes du chroniqueur. Il est difficile d’établir le terminus post quem de la rédaction du livre, resté inachevé certainement en raison du décès ou de la maladie de son auteur. L’omission de certains événements laisse à penser que Froissart aurait cessé sa rédaction dans la seconde moitié de 1403. L’absence d’incidences (technique de l’entrelacement), présentes dans les autres livres des Chroniques, tend à prouver que Froissart n’a pas eu le temps de procéder à la seconde phase de la composition de son œuvre. Après s’être intéressé aux mécènes et protecteurs de Froissart contemporains de la rédaction du livre IV et mentionnés dans le texte, A.V. évoque la diffusion manuscrite de l’œuvre : dans la région de Paris, les séries comprenant les quatre livres n’apparaissent pas avant 1470, date à partir de laquelle le dernier volume connaît un succès considérable. Dans le deuxième chap., il est rappelé que le livre IV rapporte des événements dont Froissart fut souvent le témoin, ce qui explique la forte présence du « je ». Dans le cas contraire, l’écrivain recourt aux témoignages oraux d’informateurs issus de la noblesse ou bien de hérauts d’armes. Parfois le chroniqueur s’éloigne de la réalité, en voulant interpréter les faits et en affublant le passé de nouvelles significations. Cependant, ses éventuelles erreurs proviennent parfois d’inadvertances de sa part ou bien d’informations inexactes qui lui ont été transmises : ceci ne justifie pas le jugement sévère exprimé par l’historiographie positiviste de la fin du XIXe siècle. Le troisième chap. aborde la géographie du livre IV, sa chronologie souvent erronée et peu précise, l’art du sous-entendu, la présence de détails concrets et l’importance du discours direct dans la dramatisation du récit. Dans le dernier chap., A.V. traite de la prouesse chevaleresque et du processus de mythification : les fêtes, les duels chevaleresques, les sièges et les batailles sont autant d’occasions de promouvoir la supériorité et l’excellence de cette classe guerrière. Sont également abordés l’importance de la ville (à travers l’exemple de Londres sous le règne de Richard III), les rapports entre politique et morale et le rôle essentiel de Fortune dans le destin humain.
2 L’ouvrage propose ensuite deux appendices consacrés à la tradition manuscrite du livre IV (relevé des 21 mss) ainsi qu’à l’analyse du texte. On y trouve en outre une bibliographie fournie sur le sujet, de même que deux index (des noms de personnes et des noms de lieux). Le livre se clôt sur la table des matières. Il s’agit assurément d’une étude de grande qualité et d’un précieux intérêt pour quiconque s’intéresse à la dernière œuvre de Jean Froissart.
3 Alexandra VELISSARIOU