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Compte rendu

ALAIN CHARTIER, Le Quadrilogue Invectif , éd. Florence BOUCHET, Paris, Champion, 2011 ; 1 vol. in-8o, 148 p. (Classiques Français du Moyen Âge, 168). ISBN : 978-2-7453- 2235-7. Prix : € 20,00.

Page XLV

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  • Lacassagne, M.
(2012). ALAIN CHARTIER, Le Quadrilogue Invectif , éd. Florence BOUCHET, Paris, Champion, 2011 ; 1 vol. in-8o, 148 p. (Classiques Français du Moyen Âge, 168). ISBN : 978-2-7453- 2235-7. Prix : € 20,00. Le Moyen Age, Tome CXVIII(3), XLV-XLV. https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zs.

  • Lacassagne, Miren.
« ALAIN CHARTIER, Le Quadrilogue Invectif , éd. Florence BOUCHET, Paris, Champion, 2011 ; 1 vol. in-8o, 148 p. (Classiques Français du Moyen Âge, 168). ISBN : 978-2-7453- 2235-7. Prix : € 20,00. ». Le Moyen Age, 2012/3 Tome CXVIII, 2012. p.XLV-XLV. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XLV?lang=fr.

  • LACASSAGNE, Miren,
2012. ALAIN CHARTIER, Le Quadrilogue Invectif , éd. Florence BOUCHET, Paris, Champion, 2011 ; 1 vol. in-8o, 148 p. (Classiques Français du Moyen Âge, 168). ISBN : 978-2-7453- 2235-7. Prix : € 20,00. Le Moyen Age, 2012/3 Tome CXVIII, p.XLV-XLV. DOI : 10.3917/rma.183.0683zs. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XLV?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zs


Notes

  • [1]
    Paris, 2002.
  • [2]
    Paris, 1923 ; rééd. 1950.

1 L’édition du texte d’Alain Chartier proposée par F. Bouchet prolonge la publication de sa traduction du Quadrilogue Invectif[1], qui lui avait révélé les imperfections de celle d’E. Droz [2]. L’É. retient et décrit huit des 51 versions du texte de la tradition manuscrite justifiant ainsi le choix du ms. PARIS, Bibliothèque nationale de France (= BnF), fr. 126 comme document base. C’est le plus sûr témoin de l’œuvre à sa source en dépit des nombreuses corrections fournies par les leçons des sept autres mss considérés.

2 La présentation du texte de maistres Alain Chartier (p. IX–XXIV) passe par un bref rappel des faits historiques contemporains de sa production car « de nombreux textes de Chartier sont en rapport avec l’actualité politique des années 1415–1430 » (p. XI). Le Quadrilogue Invectif est un des écrits d’Alain Chartier les mieux diffusés parmi les 55 qu’il rédigea entre 1410 et 1430. Il contient « un concentré des valeurs constituant le credo politique et moral » (p. XXIII) de son auteur qualifié, en 1521, de pere de l’eloquence françoyse par Pierre Fabri, pour ne citer que lui, ce dernier liant l’art oratoire au débat politique : rhetorique est science politique (p. XII).

3 F.B. offre une description extrêmement fine des effets stylistiques qui prouve cette affirmation posthume à l’aide d’exemples illustrant le contenu « parénétique » du texte (p. XV). Chacun rend justice à l’idée force qu’elle souhaite convoquer pour illustrer la posture doctrinaire de Chartier empruntant à la Bible et à la sagesse antique. L’étude des traits de langue marquants est concise bien que très complète. Les rubriques recoupent habilement les quatre domaines d’analyse répertoriés pour les concours de recrutement des enseignants de lettres du second degré rendant l’édition abordable pour un large public d’initiés (p. XLI–LIX).

4 Pour l’historien aussi, les débats du Quadrilogue Invectif entre France et les trois estats, peuple, chevalerie et clergé, documentent les controverses internes du royaume ainsi que l’opinion d’Alain Chartier sur les événements qui lui sont contemporains. Sa vision politique incontestablement tournée vers un avenir plus radieux en cette période de guerre contre l’étranger anglais et de troubles domestiques entre la lignée royale de France et ses ennemis emprunte toutefois ses jalons à la poésie d’un de ces prédécesseurs, Eustache Deschamps. En effet, la « conception moderne de la vie publique, fondée sur la collectivité nationale » justement illustrée par les personnages des estats, le principe de complémentarité de leurs « services » et le vocabulaire (les adjectifs publique et commune, appliqués à salut, force, prosperité, besoing, bien, péril, etc.) (p. XVII–XVIII) clairement identifiés par F.B. dans le texte en prose de l’auteur normand, condensent et réactualisent en les confrontant dans l’espace d’une seule et même composition, des notions et des situations discursives largement employées dans l’œuvre pléthorique de son prédécesseur champenois. La France personnifiée dans le cadre du songe, le peuple avocat de sa propre cause, le bien commun y figurent ne serait-ce que dans la métaphore théorique du corps de l’État dont tous les membres concourent à l’équilibre que Deschamps convoque à des fins polémiques et didactiques. Cette mise en perspective, dont le développement excèderait l’espace dévolu à une introduction par ailleurs fort complète, ne saurait toutefois être reprochée à la présente édition.

5 On appréciera la recension des éditions anciennes (p. XXXVII–XXXIX), les notes de bas de page alphabétiques (renvoyant aux leçons du ms. PARIS, BnF, fr. 126 rejetées), numériques (proposant des variantes), les notes explicatives de fin de texte (appelées par un astérisque, p. 85–112), le glossaire (p. 113–125), l’index des noms propres (p. 127–131) et les annexes (dont le Lai de paix, p. 133–146) qui, accompagnant la présentation de l’œuvre, constituent un appareil scientifique fort complet.

6 Il est intéressant de constater avec F.B. que le texte connaît une postérité imprimée en français à la fin du XVe siècle et dans le premier tiers du XVIe, de même qu’une première version critique datant de 1617, une traduction anglaise et une version castillane du XVe siècle, puis un retour de flamme à la fin du XIXe, en France, après la défaite de Sedan et la Commune, et, enfin, au lendemain des deux guerres mondiales du XXe siècle.

7 Miren LACASSAGNE


Date de mise en ligne : 18/01/2013

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683zs