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Compte rendu

Winfried NEUMANN, Zeitenwechsel. Weltliche Stoffe des 12. bis 14. Jahrhunderts in Meisterliedern und motivverwandten Dichtungen des Hans Sachs, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2005 ; 1 vol. in-8o, XII–401 p. (Jenaer germanistische Forschungen, 19). ISBN : 978-3825350666. Prix : € 49,00.

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  • Del Duca, P.
(2012). Winfried NEUMANN, Zeitenwechsel. Weltliche Stoffe des 12. bis 14. Jahrhunderts in Meisterliedern und motivverwandten Dichtungen des Hans Sachs, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2005 ; 1 vol. in-8o, XII–401 p. (Jenaer germanistische Forschungen, 19). ISBN : 978-3825350666. Prix : € 49,00. Le Moyen Age, Tome CXVIII(3), XIII-XIII. https://doi.org/10.3917/rma.183.0683m.

  • Del Duca, Patrick.
« Winfried NEUMANN, Zeitenwechsel. Weltliche Stoffe des 12. bis 14. Jahrhunderts in Meisterliedern und motivverwandten Dichtungen des Hans Sachs, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2005 ; 1 vol. in-8o, XII–401 p. (Jenaer germanistische Forschungen, 19). ISBN : 978-3825350666. Prix : € 49,00. ». Le Moyen Age, 2012/3-4 Tome CXVIII, 2012. p.XIII-XIII. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XIII?lang=fr.

  • DEL DUCA, Patrick,
2012. Winfried NEUMANN, Zeitenwechsel. Weltliche Stoffe des 12. bis 14. Jahrhunderts in Meisterliedern und motivverwandten Dichtungen des Hans Sachs, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2005 ; 1 vol. in-8o, XII–401 p. (Jenaer germanistische Forschungen, 19). ISBN : 978-3825350666. Prix : € 49,00. Le Moyen Age, 2012/3-4 Tome CXVIII, p.XIII-XIII. DOI : 10.3917/rma.183.0683m. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2012-3-page-XIII?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683m


1 Cette étude est à l’origine une thèse de doctorat soutenue en 2003 à l’Université Friedrich Schiller de Jena, thèse dont le titre était Studien zur Mittelalter-Rezeption bei Hans Sachs. En effet, l’analyse porte sur l’art narratif de Hans Sachs (1494–1576), maître chanteur issu de la Singschule de Nuremberg et auteur de plus de 4000 Meisterlieder, de 87 jeux de carnaval et de nombreux autres poèmes, dialogues ou chansons. W. Neumann montre, en comparant certains Meisterlieder de Hans Sachs à leurs sources médiévales, comment l’auteur protestant a su adapter une matière parfois ancienne de quatre siècles aux goûts, aux exigences et à la culture d’un public urbain, moderne et non aristocratique.

2 Cette étude se divise en trois parties : la première part. consiste en une description de l’époque – époque charnière qu’on ne peut plus véritablement rattacher au Moyen Âge – ainsi qu’en une présentation de la problématique et de l’état de la recherche. La deuxième part. se compose d’analyses : W.N. y étudie systématiquement tous les Meisterlieder de Hans Sachs ayant une source médiévale. Qu’il s’agisse au départ de romans (comme le Prosa-Tristrant), de récits didactiques (comme les Gesta Romanorum ou la Bescheidenheit de Freidank), de fabliaux, de jeux de carnaval (le Neidhart Fuchs), de récits de voyage (les Reisen de Jean de Mandeville) ou encore de textes scientifiques extraits d’encyclopédies médiévales (Das Buoch der Natur de Konrad von Megenberg), W.N. procède toujours avec la même rigueur : il analyse les sources médiévales, le sens et les enjeux littéraires, sociaux ou religieux des textes, avant de montrer comment Hans Sachs les a adaptées, conservées ou transformées. La troisième part. de ce travail consiste en un bilan général. L’ouvrage se termine par des annexes contenant certains Meisterlieder inédits, un registre des Meisterlieder indiquant les concordances et différents index (abréviations, sources, bibliographie).

3 W.N. démontre au cours de cette étude que, si Hans Sachs a bien utilisé une matière médiévale, il s’est considérablement éloigné du sens premier de ces textes : tout ce qui peut constituer une entrave à la compréhension ou ne correspond pas à la mentalité de l’auditoire a été sciemment éliminé. Ainsi des problématiques complexes se rapportant au domaine courtois, comme la casuistique amoureuse dans le Prosa-Tristrant, disparaissent chez Hans Sachs. La conception ancienne de la minne est remplacée par celle du mariage chrétien basé sur la fidélité et placé sous la bénédiction divine. Les vertus courtoises sont réduites à de simples stéréotypes, l’idéologie chevaleresque n’occupe plus de place dans cette œuvre. Au système des valeurs aristocratiques se substituent les vertus propres à la population urbaine de l’époque, propre à cette bourgeoisie naissante. Du point de vue religieux, le protestant Hans Sachs se montre très conservateur. N’étant pas théologien, il lui arrive souvent de rester fidèle à des textes catholiques et au sens de leur moralisatio. Les textes religieux sont, eux aussi, souvent simplifiés par Sachs : ainsi la double nature du miles christianus, chevalier à la fois courtois et chrétien, au service des dames comme de Dieu, est oubliée et seule la composante religieuse est retenue. Le thème de l’ordalie, qui était au centre de l’un des fabliaux du Stricker adapté par Hans Sachs, n’est plus compris : le sens et la fonction du jugement par le feu doivent être expliqués au public et le motif ne donne plus lieu qu’à une simple farce visant à ridiculiser le mari d’une commère. Dans l’univers en partie sécularisé décrit par Sachs, l’individu jouit d’une plus grande liberté que trois ou quatre siècles plus tôt, l’ordre divin est toujours présent, mais il n’est plus le cadre de référence absolu et a été relégué au second plan. Tandis qu’Hugo von Trimberg dénonce le péché mortel qu’est la colère, Hans Sachs attire l’attention sur les conséquences néfastes de la colère dans la société ou, dans un autre texte, incite son public à ne pas se mêler des affaires des autres. L’entreprise d’édification chrétienne qui caractérisait l’œuvre d’Hugo von Trimberg, fait place chez Sachs à une morale beaucoup plus pragmatique dans laquelle le message religieux s’efface au profit de l’intérêt personnel.

4 La thèse de W.N. sait faire ressortir les changements de mentalité et de société qui se sont opérés à la fin du Moyen Âge. L’intérêt de ce travail réside dans des analyses approfondies de différents Meisterlieder. Cette étude vient ainsi compléter ou corriger les ouvrages et articles déjà consacrés à l’adaptation de la matière médiévale dans l’œuvre de Hans Sachs.

5 Patrick Del DUCA


Date de mise en ligne : 18/01/2013

https://doi.org/10.3917/rma.183.0683m