From al-Andalus to Khurasan. Documents from the Medieval Muslim World, éd. Petra M. SIJPESTEIJN, Lennart SUNDELIN, Sofia TORALLAS TOVAR, Amalia ZOMEÑO, Leyde–Boston, Brill, 2007 ; 1 vol. in-8o, XXVIII–252 p. (Islam History and Civilization, 66). ISBN : 978-90-04-15567-1. Prix : € 95,00.
- Par Frédéric Bauden
Pages 651c à 654c
Citer cet article
- BAUDEN, Frédéric,
- Bauden, Frédéric.
- Bauden, F.
https://doi.org/10.3917/rma.173.0651c
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- Bauden, F.
- Bauden, Frédéric.
- BAUDEN, Frédéric,
https://doi.org/10.3917/rma.173.0651c
Notes
-
[1]
Entre-temps, l’A. a publié ces documents : G. KHAN, Arabic Documents from Early Islamic Khurasan, Londres, 2007.
1 Ce volume rassemble 13 art. basés sur les communications qui furent présentées par leurs A. lors du deuxième congrès de l’International Society for Arabic Papyrology (I.S.A.P.) qui se tint à Grenade du 23 au 27 mars 2004. On comprend que cette société est toute récente et qu’elle se démarque de l’Association internationale de Papyrologues dont la fondation remonte à 1930, lors d’une réunion qui eut lieu à Bruxelles, qui d’ailleurs est toujours le siège de celle-ci. S’il est vrai que la papyrologie arabe a parfois fait l’objet de communications lors des congrès de cette dernière, les papyrologues arabisants se sont toujours un peu sentis à part étant donné la langue dans laquelle leurs documents ont été rédigés. Ce fait est d’autant plus étrange qu’au début de la conquête de l’Égypte et pendant quelques décennies encore, les documents furent rédigés soit en grec, soit en arabe et grec. Il n’en reste pas moins que si les moyens misen œuvre sont identiques, les tenants et aboutissants de la papyrologie divergent notablement à partir de la conquête musulmane de ce pays, ne fût-ce que pour des raisons religieuses. L’idée de rassembler les spécialistes arabisants travaillant sur les documents n’est donc pas en soi étrange. Elle a au moins le mérite d’être stimulante pour le domaine qui n’a jamais vraiment connu un engouement auprès des jeunes chercheurs si bien que la bibliographie ne compte que quelques centaines de références alors que les premières marques d’intérêt pour la papyrologie arabe remontent à la fin du XVIIIe siècle ! Il est toutefois une aberration que les papyrologues antiquisants ne comprennent qu’avec peine qui veut que la papyrologie arabe semble vouloir traiter tant des documents écrits sur les supports seuls disponibles durant l’Antiquité (papyrus, parchemin, ostraca, bois, os, etc.) mais aussi de ceux écrits sur papier. Il en résulte que la papyrologie arabe en tant que discipline a beaucoup de mal à mettre une limite chronologique à son champ d’étude, considérant généralement que celle-ci coïncide avec l’apparition des premières archives d’État conservées, c’est-à-dire l’époque correspondant à l’émergence de l’empire ottoman (début du XVIe siècle). Les collègues médiévistes auraient beaucoup de peine à imaginer que les documents conservés dans les archives européennes depuis le haut Moyen Âge puissent ressortir au domaine de la papyrologie alors que la diplomatique vient prendre précisément le relais de cette discipline pour leur époque avec des buts et des moyens sensiblement différents. La papyrologie arabe souffre donc d’une forme de schizophrénie ne sachant plus très bien si elle traite de papyrologie ou de diplomatique. La question pourrait être aisément résolue en considérant qu’à partir de l’adoption du papier par l’administration musulmane en Égypte, les documents devraient être étudiés en s’inspirant des règles établies par la diplomatique occidentale. Cette démarcation n’a malheureusement pas encore été faite ou, en tout cas, pas assez nettement. Les actes de ce second congrès de l’I.S.A.P. en sont la preuve avec pas moins de cinq art. consacrés à des documents officiels (juridiques, administratifs) rédigés en arabe en Espagne entre la seconde moitié du XVe siècle et le début du XVIe siècle ouen Sicile au XIIe siècle, c’est-à-dire, pour l’essentiel, après la Reconquête. Il faut y ajouter un art. traitant d’épigraphie, autre science auxiliaire ici confondue avec la papyrologie, preuve supplémentaire d’un manque de cohérence. Sept art. étudient à proprement parler des documents ressortissant à la papyrologie, six concernant l’Égypte (dont deux ayant trait au copte) et un le Khorassan. Ce dernier, dû à l’un des meilleurs spécialistes de la papyrologie arabe actuelle (G. Khan de l’Université de Cambridge), est sans doute le plus intéressant de tous puisqu’il étudie une série de documents extrêmement rares pour la région concernée et ce d’autant plus qu’ils remontent au VIIIe siècle, c’est-à-dire au début de l’époque abbasside. Ces documents, écrits sur parchemin, consistent en reçus pour le paiement de taxes et apportent un éclairage inédit sur la gestion des impôts dans cette région qui n’avait donné jusqu’à présent qu’un seul document (une lettre) de la même époque [1].
2 Pour conclure, nous pouvons dire que ce volume rassemble des études qui sont toutes, en soi, du plus haut intérêt pour l’historien arabisant, mais qui ont peu à voir avec la papyrologie en tant que discipline. Il est à espérer que les prochains actes des congrès de cette association soient plus en phase avec le nom de celle-ci et qu’elle délaisse donc, au profit d’une plus grande cohérence, les communications qui traitent de documents qui appartiennent à d’autres disciplines (diplomatique, épigraphie, numismatique, etc.). Dans le cas contraire, il ne lui restera plus qu’à changer de nom.
3 Frédéric BAUDEN