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Compte rendu

Aspekte einer Sprache der Liebe. Formen des Dialogischen im Minnesang, éd. Marina MÜNKLER, Berne–Berlin–Bruxelles–Francfort–New York–Oxford–Vienne, Lang, 2011 ; 1 vol. in-8o, 339 p. (Publikationen zur Zeitschrift für Germanistik, 21). ISBN : 978-3-03911-783-3. Prix : € 54,80.

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Citer cet article


  • Andersen-Vinilandicus, P.-H.
(2011). Aspekte einer Sprache der Liebe. Formen des Dialogischen im Minnesang, éd. Marina MÜNKLER, Berne–Berlin–Bruxelles–Francfort–New York–Oxford–Vienne, Lang, 2011 ; 1 vol. in-8o, 339 p. (Publikationen zur Zeitschrift für Germanistik, 21). ISBN : 978-3-03911-783-3. Prix : € 54,80. Le Moyen Age, Tome CXVII(2), XXXIX-XXXIX. https://doi.org/10.3917/rma.172.0369zm.

  • Andersen-Vinilandicus, Peter H..
« Aspekte einer Sprache der Liebe. Formen des Dialogischen im Minnesang, éd. Marina MÜNKLER, Berne–Berlin–Bruxelles–Francfort–New York–Oxford–Vienne, Lang, 2011 ; 1 vol. in-8o, 339 p. (Publikationen zur Zeitschrift für Germanistik, 21). ISBN : 978-3-03911-783-3. Prix : € 54,80. ». Le Moyen Age, 2011/2 Tome CXVII, 2011. p.XXXIX-XXXIX. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2011-2-page-XXXIX?lang=fr.

  • ANDERSEN-VINILANDICUS, Peter H.,
2011. Aspekte einer Sprache der Liebe. Formen des Dialogischen im Minnesang, éd. Marina MÜNKLER, Berne–Berlin–Bruxelles–Francfort–New York–Oxford–Vienne, Lang, 2011 ; 1 vol. in-8o, 339 p. (Publikationen zur Zeitschrift für Germanistik, 21). ISBN : 978-3-03911-783-3. Prix : € 54,80. Le Moyen Age, 2011/2 Tome CXVII, p.XXXIX-XXXIX. DOI : 10.3917/rma.172.0369zm. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2011-2-page-XXXIX?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.172.0369zm


1 Les treize articles rassemblés dans ce volume par M. Münkler, professeur à l’Université technique de Dresde, portent sur le poème dialogué dans la littérature allemande ancienne. Réparties en trois rubriques d’importance inégale, les contributions sont précédées d’une brève introduction théorique (p.9–15) et suivies d’une bibliographie sélective reflétant la minceur de la recherche relative au sujet abordé (p. 321–326). Le volume se clôt par une présentation des treize contributeurs (p. 327–329) et un index des titres et des personnes (p. 331–339).

2 Dans son introduction, l’É. explique pourquoi elle a décidé de s’intéresser au poème dialogué, un genre parfois négligé par les spécialistes du Minnesang. Elle part du constat que les poètes médiévaux allemands privilégient la situation monologuée. En ceci, ils ne se distinguent guère des troubadours français, car le poème médiéval met typiquement en scène un chevalier qui courtise une dame hautaine et inaccessible. Le soupirant adresse une déclaration d’amour à l’élue de son cœur sans recevoir en retour une réponse verbale. D’entrée de jeu, le chevalier est conscient de la vanité de sa quête amoureuse. Le refus de la dame courtisée est ainsi inhérent au Minnesang et s’exprime le plus souvent indirectement par la voix du chanteur éconduit. Sous la forme d’un monologue, il se plaint de l’attitude de la personne aimée et rapporte parfois les paroles de celle-ci, mais l’hostilité de la femme constitue en règle générale un obstacle rédhibitoire au développement du dialogue.

3 Il existe néanmoins un certain nombre de poèmes dialogués où la femme aimée se voit attribuer la parole à la première personne. Ces Frauenstrophen soulèvent quelques problèmes de fond. Faute de marqueurs univoques, elles sont d’abord délicates à identifier, de sorte que l’on est souvent amené à s’interroger sur le sexe de la personne qui s’exprime. De plus, nous ignorons sous quelles formes les poèmes dialogués furent présentés au public médiéval. Furent-ils chantés par un homme seul devant des auditeurs ? Ce chanteur, fut-il accompagné d’une chanteuse qui assumait le rôle de la femme aimée ? D’une façon plus générale, les poèmes dialogués, étaient-ils destinés à une petite représentation scénique ou étaient-ils au contraire lus en silence par une personne qui s’était isolée dans une chambre avec un manuscrit et une bougie ? L’É. rappelle que près d’un tiers des 138 illustrations du codex Manasse (début XIVe siècle) présente le poète dans une situation de dialogue avec une dame (p. 10). Sur sa couverture, l’éditrice reprend l’une de ces illustrations. On y voit une femme tenant sur ses genoux un manuscrit. Celui-ci lui a visiblement été offert par le poète assis à ses côtés sur un banc. Entre eux se dresse un arbre fleuri où est accroché un grand écriteau avec l’inscription AMOR.

4 Selon le sous-titre qui les coiffe, les quatre premières contributions portent sur la « poétique des poèmes dialogués » (p. 19–104). La dernière d’entre elles est signée par l’É. elle-même. Les différents A. se penchent sur un poème précis, mais leur analyse tend à se diluer quelque peu dans la discussion théorique, par exemple celle de G. Hübner sur les poèmes dialogués du moine dit de Salzbourg. Le corpus de ce Minnesänger n’est abordé qu’après neuf pages d’introduction savante qui aurait gagné à être abrégée. On relève que ce même article est assorti d’une interminable note de 34 lignes en petits caractères. Cette note contient à elle seule plus de texte qu’une page normale (p. 56). Globalement, les A. maintiennent toutefois leurs références érudites dans des proportions raisonnables. Toujours est-il que ce volume s’adresse de toute évidence à un public d’initiés. Le lecteur profane déplorera l’absence d’une traduction moderne des poèmes cités seulement en version originale. Faut-il rappeler que même les meilleurs spécialistes du moyen haut-allemand divergent dans leur interprétation de telle ou telle lectio difficilior ? La partie centrale du volume regroupe six articles sur les différents « types de poèmes dialogués » (p. 107–250). Celui de V. Mertens sur Walther von der Vogelweide s’illustre par sa pertinence d’analyse. Le volume se termine par trois articles sur la notion de Dialogizität (p. 253–316). On peine à saisir leur spécificité par rapport aux deux premières parties.

5 Les articles réunis par l’É. incitent à l’approfondissement d’un aspect non négligeable du Minnesang. En tout état de cause, ce volume aura donné une nouvelle impulsion à l’étude du poème dialogué.

6 Peter H. ANDERSEN-VINILANDICUS


Date de mise en ligne : 01/02/2012

https://doi.org/10.3917/rma.172.0369zm