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Compte rendu

Aspremont. Chanson de geste du XIIe siècle, éd. et trad. François SUARD, Paris, Champion, 2008 ; 1 vol. in-8o, 747 p. (Champion Classiques. Moyen Âge, 23). ISBN : 978-2-7453-1686-8. Prix : € 19,00.

Pages 117zzi à 198zzi

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  • Ott, M.
(2011). Aspremont. Chanson de geste du XIIe siècle, éd. et trad. François SUARD, Paris, Champion, 2008 ; 1 vol. in-8o, 747 p. (Champion Classiques. Moyen Âge, 23). ISBN : 978-2-7453-1686-8. Prix : € 19,00. Le Moyen Age, Tome CXVII(1), 117zzi-198zzi. https://doi.org/10.3917/rma.171.0117zzi.

  • Ott, Muriel.
« Aspremont. Chanson de geste du XIIe siècle, éd. et trad. François SUARD, Paris, Champion, 2008 ; 1 vol. in-8o, 747 p. (Champion Classiques. Moyen Âge, 23). ISBN : 978-2-7453-1686-8. Prix : € 19,00. ». Le Moyen Age, 2011/1 Tome CXVII, 2011. p.117zzi-198zzi. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2011-1-page-117zzi?lang=fr.

  • OTT, Muriel,
2011. Aspremont. Chanson de geste du XIIe siècle, éd. et trad. François SUARD, Paris, Champion, 2008 ; 1 vol. in-8o, 747 p. (Champion Classiques. Moyen Âge, 23). ISBN : 978-2-7453-1686-8. Prix : € 19,00. Le Moyen Age, 2011/1 Tome CXVII, p.117zzi-198zzi. DOI : 10.3917/rma.171.0117zzi. URL : https://shs.cairn.info/revue-le-moyen-age-2011-1-page-117zzi?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/rma.171.0117zzi


1 Publiée au début du XXe siècle par L. Brandin à partir du ms. W, la chanson d’Aspremont est désormais accessible à un vaste public grâce à la nouvelle édition, accompagnée d’une traduction, que propose F. Suard, qui précise dès l’avant-propos son choix éditorial : en raison de la complexité de la tradition manuscrite, le ms. retenu (C : PARIS, Bibliothèque nationale de France (= BnF), ms. fr. 25529) ne fournira pas une version proche de l’original mais une version « proche de la vulgate d’Aspremont au XIIIe s ». C’est ainsi que C est corrigé grâce à W (NOTTINGHAM, Muniments Room, ms. LM6), F (PARIS, BnF, ms. Naf. 10039), L3 (LONDRES, British Museum, ms. Add. 35289), les trois longues lacunes de C étant comblées par F ou W. Au total, cette version comporte près de 11 200 v. On trouvera encore en annexe un extrait de F, correspondant à un passage « massacré » dans C par un autre copiste.

2 Le texte est édité avec le plus grand soin (les corrections figurent en italique, les additions entre crochets droits, les suppressions entre parenthèses, après le texte sont recensées toutes les leçons rejetées, avec indication de l’origine des leçons empruntées), et accompagné de notes nombreuses et fort utiles, placées sous la traduction en regard ; au début de chaque laisse est indiqué le numéro de laisse correspondant dans W, ce qui facilite le va-et-vient avec l’éd. Brandin. L’édition est complétée par un glossaire très riche et un index des noms propres exhaustif. On saluera particulièrement la qualité de la traduction, à la fois délibérément moderne, ce qui lui assure une parfaite lisibilité, et fidèle dans le plus petit détail au texte médiéval : il s’agit là d’un travail exemplaire.

3 L’introduction se caractérise par sa brièveté et sa densité : en peu de place, elle fournit une remarquable synthèse des caractéristiques de la chanson et des questions qu’elle soulève. F.S. situe prudemment la composition de la chanson dans les années 1190, peut-être à la cour de Messine, à l’aube de la troisième croisade : il s’agit « d’un appel à l’unité des forces chrétiennes ». Il s’intéresse ensuite à la structure du récit, faussement simple, à la thématique, particulièrement riche (Aspremont est en effet à la fois une épopée de croisade, un récit d’enfances, une chanson de révolte), aux principaux personnages, puis étudie les sources possibles d’Aspremont, s’interrogeant longuement sur le problème posé par le personnage de Girart et voyant dans une version du Roland le modèle privilégié d’Aspremont ; les deux rubriques suivantes sont consacrées au style de la chanson (là encore, les remarques sont brèves mais cernent l’essentiel), et à sa postérité. La suite de l’introduction rappelle rapidement la complexité de la tradition manuscrite, justifie le choix du ms. C, expose les principes d’édition et de traduction ; sont ensuite abordés la versification et la langue du texte : F.S. suggère avec prudence un auteur normand et un copiste de l’est. Enfin, avant une bibliographie sélective, on trouve l’analyse de la chanson, qui met très nettement en évidence les grandes articulations du récit, les jeux de parallélisme et d’opposition, et qui en 12 p. parvient à donner une idée extrêmement précise du contenu du texte.

4 Cette édition se signale par son apparente simplicité et sa très grande richesse ; elle sera fort utile à tous ses lecteurs, de l’amateur ou de l’étudiant au spécialiste.

5 Muriel OTT


Date de mise en ligne : 01/01/2012

https://doi.org/10.3917/rma.171.0117zzi